Id
7. S, Basile, Reg. brev. tract., int, 286, P. G., XXXI, 1285.
fin dernière. « Si nous vivons avec la pensée que notre vie peut finir avec le jour, nous n'offensons pas Dieu, nous nous affranchissons de tous les désirs terrestres ^ » Cette pensée revient sur les lèvres de l'abbé Isaïe*. Ce souvenir, dont Evagre fait une vérité essentielle de la doctrine monastique, donne du nerf à la volonté et au cœur la force de dominer ses passions et de rester toujours fidèle à son devoir ^ 11 marche avec le détachement de ce qui périt; il enfante un vif désir du bonheur éternel ; il n'y a rien de triste en lui; une joie véritable et profonde l'accompagne^. Aphraate, le sage Persan, avait de bonne heure célébré les fruits -salutaires de la' pensée de la mort». Saint Ephrem la présente • comme un remède très efficace contre la paresse et le découragement 6. La mort elle-même n'est à ses yeux qu'un sommeil, le terme d'un combat et l'heure de la récompense'''. Saint Jean Chrysostome veut qu'on salue en elle un repos et une liberté. Les moines ne la considéraient pas autrement. Le saint prêtre d'Antioche célébrait avec son éloquence le bel exemple qu'ils donnaient ainsi au monde s. Le trépas des grands solitaires était le digne couronnement d'une vie admirable. Saint Athanase a raconté la fin de saint Antoine 9, et saint Jérôme celle de saint Paul ermite lo. On pourrait en citer beaucoup d'autres non moins édifiantes.
Les hagiographes aiment à montrer les anges allant à la rencontre de l'âme des religieux. Ce cOrtège céleste illumine leur vie et leur mort d'une clarté consolante. Saint Antoine contempla un jour la réception faite par les esprits bienheureux à une âme qu'ils
I, S. Athanase, yUa S. Ântonii, 19, P. G., XXVI, 871. .
3. Isaie, Oratio, iv, P, G., 1105, 11 13, Reg., 12, 42, P. L., t. III, 429-432.
3. Evagre, Capita practica, ^^, P. G., XL, 1230, Liber praciicus, 29, ibid, 1243.
4. Marc Didac, De perfectione spirittiali, 54-55, P. G., LXV, 1184.