‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 53 sur 520 · S, Nil, De voluntaria pauperiate, P. G., LXXIX · texte numérisé non relu

S, Nil, De voluntaria pauperiate, P. G., LXXIX

nie*. Ce fut alors que ces moines reçurent le nom à'acémètes, qui signifie hommes vivant sans dormir. Le chant ininterrompu de TofiFice divin était le point fondamental de leur observance. Pour cela ils étaient distribués en groupes qui se succédaient le jour et la nuit dans l'oratoire pour l'accomplissement de cette tâche.

L'œuvre d'Alexandre fut très prospère sous son deuxième successeur, l'abbé Marcel, qui vivait en communion étroite avec les plus saints personnages de l'empire. Les moines devinrent nombreux, de nouveaux monastères furent établis, particulièrement à Constantinople \

Les moines, surnommés pasteurs, sont originaires de Mésopotamie. Ils eurent pour modèle, sinon poijr fondateur, saint Jacques, plus tard évêque de Nisibe, qui passait sa vie sur le sommet des montagnes. Pendant l'été, et l'automne, les arbres des forêts lui fournissaient un abri. Une caverne lui servait de refuge durant l'hiver. Les. herbes que la terre produit spontanément étaient sa seule nourriture ". Après lui, Batthaeos, Eusèbe, Abdaleos, Zenon, Héliodore et plusieurs autres continuèrent cette même vie errante, allant d'une montagne à l'autre, occupés uniquement à chanter les louanges du Créateur ; ils s'arrêtaient au lieu où la nuit les venait surprendre. Sans se préoccuper de cuisine, ils coupaient avec leur faucille les herbes sauvages, qui leur servaient d'aliment^.

Saint Ephrem célèbre avec enthousiasme la sainteté de ces hommes extraordinaires. « Si un bandit vient à les apercevoir, dit-il, il se prosterne aussitôt pour adorer la croix, qui est leur parure. Les fauves, qui les rencontrent, reculent comme devant un spectacle surhumain. Leur vue jette le diable dans l'épouvante ; il fuit en hurlant. Que de fois il les a poursuivis de ses attaques, sans pouvoir jamais leur nuire! La faim ne les tourmente pas ; car ils sont rassasiés du Christ, pain de la vie céleste. La soif ne les consume pas de ses ardeurs; car ils possèdent dans leur bouche et sur leur langue le Christ, source d'eau vive. Les montagnes et les collines leur servent de clôture; ils

1. Tillemont, XII, 490-499. Marin, art. ÂoémUes. Dict. de théologie cath. de Vacant, t. I, 304-308.

2. Tillemont, XVI, 51-58. Le monastère le plus célèbre de l'institut des acémètes fut celui de Stoudion.

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