Sulpitii Severi Dial., I, p
3. S. Ephrem, Epist. II adjoannem, op. gr., t. 11, 187-188. Cf. Tillemont, VIII, 292-294.
fonde, contrefaisaient la folie K L'abbé Or semble inviter l'un de ses disciples à pousser jusque-là le mépris du monde. « Eloignetoi par la fuite de la société des hommes, disait-il ; moque-toi du monde et de ceux qui suivent ses maximes, en te montrant fou sur plusieurs points ^ »
Il y eut à Tabenne une moniale que tout le monde prenait pour une folle. Ses compagnes ne lui ménageaient guère les mauvais traitements. Jamais cependant elle ne laissa échapper une parole d'impatience, donnant à tous les plus beaux exemples d'humilité et de charité. Aussi arriva-t-elle à une éminente sainteté ^
Ce n'est là qu'un fait isolé. Mais dans le siècle suivant on vit en Palestine plusieurs moines qui contrefaisaient la folie. C'était en règle générale des hommes avancés en âge et d'une vertu consommée. Ils donnaient à l'oraison un temps considérable et aimaient à soigner les infirmes et les pèlerins. L'austérité de leur vie leur conciliait l'estime générale. L'historien Evagre, qui les tenait en grande vénération, remarque qu'ils n'étaient pas nombreux ^.
Les genres de vie monastique que nous venons d'exposef étaient généralement professés par des hommes animés du désir sincère d'être agréables à Dieu. Ils ont fait l'édification des chré-^ tiens, et beaucoup parmi eux ont pratiqué des vertus héroïques; Mais là fécondité religieuse de l'Orient né put s'arrêter là. On vit, en effet, surgir dans ces régions d'autres espèces de moines qui menaient une existence beaucoup moins honorable. Les uns se bornaient à déshonorer par leur vie scandaleuse l'habit dont ils étaient revêtus. D'autres allaient plus loin ; leur vêtement et leurs pratiques religieuses couvraient comme d'un voile dès erreurs grossières, contre lesquelles l'Eglise fut obligée de sévir.
1. Zockler^ Ashese und Monchlum, 251-252 ; Kovalewsky, La folie pour le Christ, Moscou, 1895.