‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 57 sur 520 · Cassien, /«s^îïz/i^., I. X, p · texte numérisé non relu

Cassien, /«s^îïz/i^., I. X, p

que tu cherches, écrivait saint Isidore da Péluse au moine vagabond Philippe, plutôt qu'un enseignement plus fort et plus élevé *. » Ils ne reculaient devant aucune platitude pour satisfaire leur gourmandise. On les voyait, comme de vulgaires parasites % assiéger les portes des riches. Le relâchement qui pénétra dans un trop grand nombre de solitudes monastiques ' avant le milieu du V« siècle favorisa beaucoup le développement de ce vagabondage, malgré les efforts de plusieurs saints moines. Saint Nil, en particulier, ne manqua jamais une occasion de réagir contre cet abus ^ Ces faux moines, qui inondaient les villes, petites et grandes, mendiant un bon repas, déshonoraient, pensait-il, aux yeux d'un grand nombre, la profession monastique, si respectée jusque-là. C'était déplorable 4.

Depuis longtemps déjà, les vrais religieux manifestaient bien haut la répulsion que leur inspiraient tous ces hypocrites. L'abbé Isaïe interdisait aux frères toute relation avec eux, pour les mettre à l'abri de leur influence contagieuse s. Les Constitutions monastiques recommandaient expressément de les fuir. « Ces misérables, disent-elles, cherchent à perdre les autres. Il faut même les traiter ignominieusement, dans l'espoir que, ne trouvant nulle part ce qu'ils cherchent, ils finiront par revenir à une vie meilleure 6. » On ne reculait pas toujours devant cette manière d'agir au V'' siècle. Mais cqs malheureux étaient inguérissables. On les injuriait, on les chassait honteusement des villes. Rien n'y faisaifî^. •

Chose curieuse ! on trouve parmi ces gyrovagues un homme digne d'une grande vénération, un vrai saint ; c'est le moine Serapion, dont Pallade raconte la vie extraordinaire. Il ne voulut se fixer dans aucune région. A l'exemple des Apôtres, qui parcoururent le monde, il se mit à voyager, en pratiquant une pauvreté

1. S. Isidore, 1. I, Epist. 41. P. G. LXXVIII, 207 ; cf. I. I, Epist. 173, col. 295; Epist. 314, col. ^6^.

2. S. Nil, De monaslica exercitalioiie, c. viii. P. G., LXXIX, col. 727.

3. S. Nil, 1. 1, Epist. 292, col. 190; Epist. 295, c. 190-191 ; 1. Il, Epist. 56, col. 223 ; Epist. 62, c. 227; 71, 72, 231 ; 116, 251 ; 136, 258 ; 1. III, Epist. 152,454. S. Isidore, 1. m, Ep. 173. P. G., LXXVIII, col. 295; Epist. 314,363 ; Ep. 41,

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