S.JeanCbrys., /» M^«/&., h
TOPOGRAPHIE MONASTIQUE f-
habitants, le courage et l'orthodoxie de son Athanaseï", a manifesté hautement l'admiration que lui inspiraient ses « sacrés et divins rmonastères », où les hommes, séparés du monde, vivaient uniquement pour Dieu au sein de la solitude 2.
Ces hommes, émules des anges, disait un demi-siècle plus tard l'historien Théodoret, fécondent les sables arides du désert, qui produisent une moisson de vertus très belle et très agréable à Dieu 3. Saint Jérôme, que saisissait un pareil spectacle, en recherchait l'annonce prophétique sur les lèvres d'isaïe ^ ; c'était le fruit de cette bénédiction du Seigneur : Benedictus populus meus /^gypti^. Rufin n'hésitait pas davantage à appliquer à l'Egypte monastique ces paroles du même prophète : Lcetàbiiur déserta ei invia^. Les fils du désert, écrivait-il, sont, de fait, très nombreux. La population qui abandonne le monde égale celle qui reste au milieu des villes '^. C'est une inimense multitude que personne ne saurait compter. 11 y en a de tout âge, dans le désert comme dans les pays habités. Jamais empereur n'a réuni armée pareille. On ne trouve, en Egypte et en Théhaïde, aucune ville qui n'ait autour d'elle une ceinture de monastères s. C'est Pallade, un témoin oculaire, qui tient ce langage.
D'autres contemporains, qui ont parcouru alors la vallée du Nil, s'expriment en termes analogues. On y rencontré les moines, dit Rufin, dans les faubourgs des villes et dans les campagnes. Toutefois, c'est le désert qui renferme les plus nombreux et les plus célèbres 9. Leurs monastères, s'échelonnent sur les deux rivesdu fleuve, au dire du Gaulois Postumianus, qui put les visiter tout â son aise. Il trouva des centaines de moines dans le même lieu et parfois deux ou trois mille 10. L'étroite vallée du Nil ne leur suffisait pas. Ils s'enfonçaient dans le désert, dont certaines parties finirent, avec le temps, par être complètement envahies ^i.