S.Jérôme, Epist. 108, ad Euslochiim. P. L., XXII
la carrière ascétique, il confia l'éducation de sa jeune sœur à des vierges de sa connaissance, qui vivaient en communauté i. La jeune fille grandit. Ce commerce assidu avec les épouses du Seigneur détacha peu à peu son cœur des choses du monde. Elle finit par suivre l'exemple* de son frère. Antoine eut dans la suite la consolation de la trouver à la tête d'un monastère de femmes ^ Les sœurs du moine Isidore gouvernaient dans le voisinage d'Alexandrie une communauté de soixante-dix religieuses \ Ammon, qui embrassa la vie monastique à Nitrie avec ses deux frères, Eusèbe et Euthyme, vit ses deux sœurs se renfermer dans un monastère situé à quelque distance de Ih^. On trouve un homme et une femme au berceau du célèbre monastère de Nitrie. Unis par les liens du mariage depuis dix-huit ans, ils avaient conservé leur virginité intacte. Le mari se nommait Amoun. Son épouse lui dit unjour : «J'ai une proposition à te faire ; si tu l'agrées, ce me sera une preuve que l'affection que tu me portes vient de Dieu. — Dis-moi ce que tu désires. — Tu es un homme pieux et plein de religion, et tu pratiques la justice ; de mon côté, je m'efforce de suivre ton exemple. Il me semble convenable que nous nous séparions l'un de l'autre, ce sera pour l'avantage d'un grand nombre... — Ce que tu me dis est raisonnable, ma sœur; si cela te plaît, tu habiteras ici; pour moi, j'irai me construire une maison ailleurs. » Amoun se retira sur la montagne de Nitrie, où il fut rejoint par un grand nombre de moines. Deux fois l'an il rendait visite à son épouse, qui menait une vie semblable à la sienne s.
Il y eut dans l'institut pakhomien trois monastères de femmes, établis, sauf le dernier, par saint Pakhôme lui-même. Voici comment se fit la première fondafion. Sa sœur vint un jour à Tabenne pour le visiter. Mais le saint abbé, qui n'admettait point les femmes en sa présence, lui refusa cette consolafion. Il lui fit annoncer parle porfier qu'il était encore vivant et que, si elle désirait embrasser la vie monasfique, les frères lui construiraient une cellule sur la rive opposée du fleuve. Marie, c'était son nom, répondit à