‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 63 sur 520 · Ibid., VIII · texte numérisé non relu

Ibid., VIII

6o . LES MOINES d'ORIENT

l'invitation de Pakhôme. De nombreuses vierges suivirent son exemple 1.

Mais aucun de ces monastères de femmes n'égale en intérêt celui que gouvernait sainte Macrine dans son domaine familial d'Annesi, sur les bords de l'Iris. Sa pieuse mère, Emmélie, ses servantes, des femmes appartenant aux meilleures familles du Pont et de la Cappadoce, se rangèrent bientôt sous ses ordres. Elle prit soin de son plus jeune frère, Pierre, le futur évêque de Sébaste, qui partagea sa solitude. Un autre- de ses frères, évêque lui aussi, vint souvent retremper son cœur auprès d'elle par des entretiens qui faisaient toujours sur lui une impression profonde. Du fond de son monastère, Macrine exhortait Basile, le plus illustre de ses frères, à venir fixer sa tente sur les bords silencieux de l'Iris. Quelle ne fut point sa joie de le voir répondre à son appel et se bâtir un monastère en face du sien ? Annesi devint le véritable berceau du monachisme dans le Pont et la Cappadoce. Dieu se servit d'une moniale pour accomplir cette œuvre ^

Les moniales cappadociennes eurent parfois leurs maisons assez rapprochées des monastères d'hommes. Ce voisinage, qui pouvait être fort utile aux uns et aux autres, eût entraîné des abus lamentables, si les législateurs monastiques n'eussent pris à ce sujet des précautions minutieuses. Mais saint Basile, dans ses Règles, a tout prévu. 11 défend, expiessément aux moines de parler seul à seul avec les religieuses \ Il n'autorise pas le premier venu à entretenir de ces relations. Les moines sont, en effet, tenus de veiller sur leur bonne renommée, et, par conséquent, d'éviter tout ce qui serait de nature à éveiller le moindre soupçon. Les circonstances de temps, de lieux, de personnes doivent être prises en considération. Les entretiens permis, qu'ils roulent sur des choses temporelles ou spirituelles, sont toujours tempérés par la gravité et le respect mutuel. Il faut que toujours, deux frères et deux sœurs y prennent part. Leur nombre ne peut jamais dépasser trois *.

Quelques moines étaient chargés de veiller sur les intérêts temporels des monastères de femmes. On confiait cette tâche délicate à des hommes que leur âge avancé, la maturité de leur caractère et

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