Id., Regulœ fusitis tradatce int.f
LES MONIALES 6l
la gravité de leurs mœurs mettaient à l'abri de tout soupçon i. Le supérieur lui-même avait besoin d'une vigilance extrême. 11 ne devait jamais avoir le moindre entretien spirituel avec une religieuse en l'absence de la supérieure. Des conversations trop fréquentes, même avec cette dernière, eussent été déplacées ; il fallait donc les réduire le plus possible, surtout du moment où quelques frères en prenaient ombrage". Saint Basile recommande une grande prudence à l'ancien chargé de leur gouvernement spirituel. 11 ne devait pas se laisser entraîner par un zèle indiscret, qui le pousserait trop loin et le porterait à prendre la place de la supérieure dans les relations immédiates avec les sœurs. Toute communication directe avec elles lui était interdite. S'il passait par-dessus la tête de la supérieure, celle-ci avait le droit de porter plainte contre lui. Saint Basile va même jusqu'à demander qu'elle soit présente lorsque l'une de ses filles avoue ses fautes aux prêtres ".
Saint Pàkhôme ne se montrait pas moins réservé. Les deux monastères de Tabenne étaient séparés par le fleuve. Un prêtre et un diacre allaient tous les dimanches célébrer les saints mystères dans l'église des moniales. Un ancien de grande vertu, au maintien grave et modeste, leur faisait de temps à autre des instructions. Poiir aller voir une religieuse leur parente, les moines demandaient à l'abbé une permission spéciale. Un confrère âgé et versé dans la connaissance des choses spirituelles les accompagnait. Arrivés au monastère, ils voyaient d'abord la supérieure, qui faisait ensuite venir la moniale, avec les dignitaires de la maison. Les moines, dans ces visites, ne devaient accepter aucune nourriture. Tout échange de présents leur était interdit. Les frères faisaient les gros travaux dans le monastère des femmes. Un ancien conduisait les ouvriers, qui revenaient toujours à Tabenne prendre leur repas. Les sœurs, de leur côté, préparaient les vêtements des moines avec le lin et la laine que leur envoyait le grand économe*.
Grâce à toutes ces précautions, moines et moniales s'édifiaient les uns les autres et se rendaient de continuels services, sans danger pour leurs âmes, et sans s'exposer aux railleries de la foule.