‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 65 sur 520 · Tillemont, Vlll · texte numérisé non relu

Tillemont, Vlll

toujours portée à prendre en mauvaise part les relations, même les plus légitimes, entre personnes de sexe différent.

Les religieux qui vivaient en dehors d'une communauté avaient, plus encore que les cénobites, besoin de s'entourer de mille précautions. « Pour s'occuper des moniales, écrivait saint Nil au moine Héliodore, il faut avoir dompté, au préalable, toutes ses passions par de rudes travaux et par une longue patience ^ » Mais cette sagesse ne plaisait pas à tous les esprits. Ceux qui la trouvaient gênante et refusaient de suivre ce conseil s'exposaient à d'humiliants déboires. Saint Basile en eut sous les yeux un exemple frappant.

Un moine, nommé Glycérios, qui remplissait les fonctions de diacre, se crut appelé à devenir le chef d'une communauté religieuse. Quelques vierges, cédant à un entraînement de jeunesse, vinrent spontanément se grouper autour de lui; d'autres cédèrent à la contrainte. Glycérios finit par se prendre au sérieux. Il se donnait les airs d'un fondateur et d'un patriarche. Ses prétentions ridicules devinrent bientôt une occasion de troubles. Le prêtre sous l'obéissance duquel il devait vivre lui fit d'inutiles observations. Le choréveque de saint Basile ne fut pas plus heureux. Pour s'épargner un contrôle et des plaintes qui le gênaient, le prétendu patriarche prit la fuite durant la nuit avec ces filles. Cette histoire provoquait les rires des païens, qui ne manquaient pas d'en rejeter la honte sur l'institut monastique lui-même ^

Ceux qui avaient l'âge, la vertu et l'expérience requis pour ces délicates fonctions, rendaient aux vierges d'inappréciables services, tout en édifiant les fidèles. Ils furent nombreux pendant cette période. Citons entre autres le moine Elias, dont Pallade loue la charite envers les moniales. Il se construisit à Athribis, en Egypte, un monastère où il put en réunir trois cents. Il leur fournissait jusqu'aux outils qui leur étaient nécessaires pour travailler leur jardin. Sa tâche n'était pas toujours facile. 11 y avait souvent des querelles parmi les membres de la communauté. Le soin de rétablir la paix incombait à Elias. C'était encore lui qui corrigeait les coupables. Après deux années ainsi passées dans le monastère, il éprouva, malgré son âge et sa prudence, une violente tentation.. Dieu lui fit la grâce de la surmonter. Le Saint homme comprit la

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