‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 66 sur 520 · S. Basile, ep. 169. P. G., XXXII · texte numérisé non relu

S. Basile, ep. 169. P. G., XXXII

leçon ; il quitta sans tarder le monastère pour habiter une cellule voisine, d'où il put aisément continuer de remplir ses fonctions. Dorothée, qui prit soin de ces religieuses après sa mort, habita un appartement de l'étage supérieur de la maison. Il supprima tout moyen de communication avec les moniales. Une fenêtre lui permettait de les surveiller et de les entretenir quand il était besoin. Il vivait donc:au milieu d'elles comme un véritable recluse On connaît l'histoire du reclus Abraham et de sa nièce, rapportée par saint Ephrem. Celle-ci n'avait pas sept ans à la mort de son père. Son oncle l'adopta et la mit dans une cellule adossée à la sienne. Ils communiquaient ensemble moyennant une fenêtre percée dans la cloison. Ce n'est pas le lieu de rappeler le malheur de cette pauvre fille, la tristesse profonde du saint vieillard et la preuve admirable qu'il donna de son dévouement à une âme\

La sainteté d'Abraham et les liens étroits qui l'unissaient à cette enfant légitiment sa conduite, mais on ne saurait la donner pour exemple. Il faut en dire autant de celle du moine Elias, car, suivant la judicieuse remarque de saint Grégoire de Nysse, « les hommes et les femmes sont appelés à un genre de vie également saint et grave. Mais la vie monastique demande une honorabilité et une chasteté parfaite, ce qui ne peut exister sans la séparation. Les moniales se tiennent ainsi à l'écart des moines, et les moines vivent séparés des moniales, pour la sauvegarde de leur honneur et de leur virginité ^ ».

Tous ne comprenaient pas de cette manière l'honorabilité monastique et les délicatesses extérieures qu'impose la profession virginale. Pourquoi, se demandèrent plusieurs Orientaux, ne suivrions-nous pas les exercices de la vie rnonastique sous le même toit, que les femmes ; ou tout au moins dans des maisons juxtaposées ? Et ils fondèrent ce qu'on a depuis appelé des « monastères doubles ». C'est donc une institution d'origine orientale. Leucadios gouvernait l'une de ces maisons à Sannabadaa. Saint Grégoire de Nazianze, qui l'avait connu, écrivit à ses religieux et à ses religieuses pour les consoler de sa mort^^ Il y en avait une semblable à Séleucie^. Le moine Sisinnios, après un séjour en

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