S. Athanase, ViiaS. Anionii, 16. P. G., XXVI
tique. Aussi tenait-il sans cesse les yeux de son âme fixés sur cette admirable figure, afin d'y contempler, comme dans un miroir, ce que devait être sa propre existence'. Plus tard il recommandait aux moines, que sa sagesse et sa bonté attiraient en foule autour de sa cellule, de repasser continuellement dans leur esprit les préceptes de l'Écriture et de conserver la mémoire des actions accomplies par les saints 2.
D'après saint Basile, qui est le maître le plus autorisé de la vie monastique , le religieux doit prendre pour règle de toutes ses actions le témoignage des Saints Livrés, et non le jugement de son esprit personnel. C'est l'unique moyen d'agir constamment sous l'influence de l'esprit de Dieu 3. Il s'est lui-même conformé à ce principe toutes les fois qu'il a tracé aux moines une ligne de conduite. Ses Règles ne sont, suivant la remarque du judicieux Fleury, « qu'un abrégé de la morale évangélique, qu'il propose généralement à tous ^ ». On pourrait en dire autant de presque tous les législateurs monastiques de cette période.
• Pallade écrit que le solitaire Bisarion avait toujours sur lui un exemplaire des Evangiles. Il portait ainsi constamment le texte de la loi qu'il devait exécuter s ; il pouvait examiner plus à son aise les actions de sa vie et voir si elles étaient conformes à la parole du Seigneur. Le fondateur des acémètes, Alexandre, ne voulait pas non plus d'autre règle que l'Évangile. Son ambition était de le pratiquer au pied de la lettre. Quand il partait en voyage avec ses disciples, ce livre était la seule chose qu'il consentît à emporter 6.
Mais la Bible demandait à être lue avec beaucoup de circonspection, si l'on désirait en faire la règle unique du moine. Combien, en effet, il eût été facile de substituer sa propre pensée à celle du Sauveur, et de fausser, en les comprenant mal, en les exagérant ou en les restreignant, le sens de ses paroles! Et puis tout le monde pouvait-il imiter la vie austère d'un saint Jean-Baptiste ? Peu d'hommes sauraient, se contenter d'un habit de poils de chameau pour tout vêtement, et, pour toute nourriture, de quelques herbes ou feuilles sauvages.