ct. SS., Janiiar
En outre, l'expérience montre chaque jour une foule de points sur lesquels l'Écriture garde un silence profond. Le moine, dès lors, se voit dans l'impossibilité de connaître directement la volonté de Dieu, disait saint Basile'. Toutes les fois que les maximes et les exemples de la Bible sont insuffisants, remarquait Isidore de Péluse, il faut prendre pour règle de vie et type de sa perfection les ordres d'un supérieur^. Saint Jérôme s'exprimait plus nettement encore, lorsqu'il écrivit à la vierge Démétriade : « Après avoir demandé sa ligne de conduite aux Écritures, il est bon de la chercher auprès d'un homme et d'obéir à un chef, si l'on ne veut pas s'abandonner au pire des conducteurs, qui est le jugement propre^. »
Voilà pourquoi tout chrétien qui désirait embrasser la vie monastique commençait par se mettre sous la conduite d'un moine recommandable par son âge et rompu à tous les exercices de l'ascèse. Ses enseignements et ses exemples lui donnaient tout ce qu'il ne pouvait trouver dans les Livres saints. 11 lui était possible alors d'organiser pratiquement sa vie. 11 avait une règle.
Toutefois, parmi les anciens, à qui les jeunes recrues confiaient le soin de leur formation, plusieurs se laissaient conduire par leurs propres idées, sans se préoccuper de la tradition et des coutumes généralement admises. De là de nombreuses divergences, et avec elles tous les inconvénients de l'arbitraire.
Leurs disciples se conformaient en tout à leur manière d'agir et de penser : Cassien, qui avait observé de si près le monachisme oriental, fait à ce sujet des plaintes formelles. C'est un désordre qui régnait surtout hors de l'Egypte^.
Fallait-il cependant chercher de l'uniformité dans ces multitudes de groupes monastiques? Évidemment non. Les hommes ont des besoins trop variés; les climats, les lieux et tant d'autres circonstances exercent sur la vie humaine une influence telle que cette unité était et reste absolument irréalisable. Personne à cette époque n'y songeait. Nous avons constaté ailleurs les divergences que présentait le monachisme dans son ensemble. Il en offre encore, et de très profondes, si on le considère dans chacune des catégories établies précédemment.
La suite de ce travail montrera combien ermites, cénobites.
1. S. Basile, Regul. hrev. tracl. inter., I. P. G., XXXI, 1082.