‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 78 sur 520 · P. G., XV · texte numérisé non relu

P. G., XV

moins à tracer un règlement pratique qu'à émettre des principes capables d'imprimer à l'esprit et au cœur une direction ferme. Le moine trouve dans ces formules concises la lumière dont il a besoin pour se conduire dans sa cellule, à table, en voyage, dans ses prières, dans ses relations avec les frères, avec les hôtes. Les conseils les plus sages lui sont donnés pour sa vie intérieure. L'humilité lui est présentée comme la base et le sommet de toute ascèse.

Cette règle s'adresse à des religieux vivant séparés dans leurs cellules, se réunissant à l'église et pouvant avoir des disciples. 11 est impossible toutefois, avec son seul secours, de constituer un monastère. Mais quel peut bien en être l'auteur ? Quoi qu'en disent les deux recensions, on ne saurait l'attribuer à saint Antoine, car ni saint Athanase, ni saint Jérôme, ni les écrivains de cette époque, qui parlent si volontiers de ses actions et de sa personne, ne font la moindre allusion à une règle composée par lui. Elle est plutôt l'œuvre d'un moine qui vécut à une époque postérieure. L'auteur a fait de larges emprunts à la Vie de saint Antoine et aux écrits qu'on lui attribue! C'en était assez pour l'autoriser à la faire circuler sous un nom aussi vénéré i.

Un peu "sur tous les points de l'Egypte, des moines illustres par leurs vertus se réclamèrent alors du nom de saint Antoine. Ce leur était un grand honneur de pouvoir se présenter comme ses disciples 2. Les deux Macaire, Isidore, Héraclide, Parnbo, que les religieux de Nitrie vénéraient comme leurs chefs et leurs pères, disaient avoir. reçu ses leçons 3. Macaire d'Alexandrie eut recours à des faits merveilleux dans le but de prouver qu'il était vraiment l'héritier de ses vertus et de son esprit^. Parmi ces hommes qui prétendaient vivre de ses enseignements et suivre ses exemples, il n'y en eut aucun de plus célèbre que saint Hilarion, originaire des environs de Gaza. 11 suivait des leçons à Alexandrie, lorsque la

1 . Brockie, Ohservatio critica in Régulant sancti Antonii, Codex Regularum, P. L., 1. III, 423. Dom Benedikt Contzen, Die Regel des heilegen Ânloniiis. On reconnaît dans cette règle une double rédaction : la première s'arrête à l'article 35 (version du Codex Regularum), qui se termine ainsi : Ctd gloria cum Paire suo et Spiriiu stio sanclo in scecuhmi. Amen. Les 13 derniers articles sont empruntés à la règled'Isaïe.

Bollandus a tenté de leconstituer l'observance monastique de saint Antoine avec le secours de sa Vie. Act.SS., Jan., p. 494-85- éd. Palmé, t. II.

2. Bollandus a dressé une liste des principaux, ibid., 475-478.

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