Théodoret, Histor. relig., xxiii, P. G., XXXll
la même observance i, Publics S Siméon l'Ancien3 et plusieurs autres. Théodose d'Antioche^ et Zebina^ virent leur propre genre de vie perpétué par une règle traditionnelle qu'observaient les monastères établis par eux ou sous leur influence. Mais il est impossible de dire quels furent le caractère et la portée de leur œuvre législative.
Nous sommes plus heureux dans l'Asie Mineure. C'est là, en effet, que vécut et agit le plus grand des législateurs monastiques de l'Orient, saint Basile. Avant de consacrer son intelligence et son activité au développement de la vie religieuse dans sa patrie, il voulut se rendre compte par lui-même de ce qu'était le monachisme. Dans ce but, il entreprit à travers l'Orient un pieux pèlerinage qui lui permit d'étudier sur place les meilleures traditions et de puiser aux sources les plus pures. « J'ai trouvé beaucoup de moines dans Alexandrie écrit-il à Eusthate de Sébaste, devenu son adversaire ; j'en ai rencontré dans le reste de l'Egypte, en Palestine, en Célésyrie et en Mésopotamie. J'ai admiré leur parcimonie dans la nourriture, leur patience au travail ; j'ai été saisi d'étonnement en les voyant persévérer dans la prière, sans se laisser vaincre par le sommeil ni fléchir par les nécessités de la nature. Je les ai vus, fidèles à une noble maxime, supporter avec un courage indomptable la faim et la soif, le froid et la nudité, ne faire aucune attention à leur corps et vivre comme dans une chair étrangère. Je voulais, dans la mesure de mes forces, imiter leur genre de vie 6. »
A son retour en Cappadoce, il trouva plusieurs de ses compatriotes qui s'efforçaient de marcher sur leurs traces. Malheureusement, les erreurs doctrinales dans lesquelles ils étaient engagés rendaient vaines toutes leurs pratiques''^. Ne voulant ni se mêlera leurs réunions ni se contenter de leurs observances, Basile se retira dans la solitude, sur les rives de l'Iris, non loin du monastère de femmes gouverné par sa pieuse sœur Macrine (v. 356). H y rédigea tout un corps d'enseignements monastiques qui servirent de règle à ses disciples. Son compagnon d'études et son ami, Grégoire