Ibid
de Nazianze, qui partageait sa retraite, lui prêta le secours de ses propres lumières et de son expérience personnelle*.
La règle de saint Basile se compose de deux parties que l'on peut nommer les grandes règles ^ et les règles courtes 3. Les premières comprennent cinquante-cinq interrogations et autant de réponses. 11 y en a trois cent treize dans les secondes. Celles-ci sont beaucoup plu s courtes. C'est ce qui leur a valu le nom qu'elles portent. Saint Basile était évêque ou tout au moins prêtre lorsqu'il y mit la dernière main^. Elles sont manifestement l'œuvre du même auteur. C'est le même esprit qui les anime; elles se complètent les unes les autres. Leur forme catéchistique contribue beaucoup à leur clarté. Le disciple interroge le maître. Le texte de la question, en entrant dans le corps même de la règle, précise le sens de la réponse.
Saint Basile ne cherche pas à organiser le monastère et la vie monastique. Sa règle suppose cette œuvre accomplie. On trouve bien çà et là quelques textes indiquant avec assez de netteté certaines observances religieuses, par exemple la nature et le nombre des repas, la pauvreté, le vestiaire. Mais ils sont insuffisants pour reconstituer la vie monastique telle que la pratiquaient les moines de la Cappadoce. Si le nombre des heures canoniales est nettement indiqué, le saint législateur ne dit presque rien de leur composition. Ce n'est donc pas dans les règles longues ou brèves qu'il faut chercher des renseignements précis et complets sur les observances matérielles. 11 était cependant indispensable de les établir et de les promulguer. Car, sans elles, le monachisme eût été impossible. Saint Basile ne jugea pas à propos de les écrire, il se contenta d'une promulgation verbale s.
Ce complément indispensable de la loi écrite se transmettait de bouche en bouche. Il se composait de ces usages et de ces pratiques extérieures, qui sont sujets à varier si fréquemment sous l'influence des circonstances multiples de temps, de lieux et de personnes. Le législateur ne saurait les prévoir. Mieux vaut pour lui poser des principes sûrs et lumineux, qui guideront les supérieurs et les moines" dans la conduite qu'Us auront à tenir. C'est le meilleur moyen de déposer sous l'inévitable variété des observances exté-