Ibid
5. S. Grég. Naz., Oraiio 4^ in laudem BasiUi, P. G., XXXVI, 542.
rieures une force unifiante qui les rattachera toutes aux inébranlables fondements de la vie religieuse et les fera conduire le moine au sommet de la vie spirituelle. Ce procédé, empreint d'une grande discrétion, est pour beaucoup dans la sagesse qui caractérise la règle basilienne.
Le saint docteur s'effiice complètement pour mettre son disciple à l'école des divines Ecritures. Il répond à la plupart des questions par un texte sacré qu'il complète soit au moyen d'une glose personnelle, soit en le rapprochant de passages analogues. La Bible reste toujours ainsi le fondement de la législation monastique, la règle véritable. Quand saint Basile paraît émettre sa propre pensée, il a toujours soin de. la confirmer par un trait ou par une sentence empruntée aux Livres inspirés. Son esprit de foi le porte à agir ainsi, même quand il lui faut régler des détails tout extérieurs et sans importance. Le chapitre relatif à la ceinture en fournit un exemple frappant. La ceinture de saint Jean-Baptiste et du prophète Elie, celle de saint Pierre et plusieurs autres passages bibliques sont allégués pour justifier l'emploi de cette partie du vestiaire monacal. Très souvent les questions roulent sur les vertus que le moine doit pratiquer et sur les vices qu'il lui faut combattre. Le disciple se borne parfois à demander au maître la définition d'un terme qu'il a trouvé dans l'Ecriture, ou d'un passage tout entier? Les réponses de saint Basile sont remarquables de sobriété et de clarté. Il commente de la sorte un bon nombre de textes sacrés sur lesquels s'appuie la théologie ascétique et mystique. Grâce à ce procédé, il met l'âme directement à l'école de l'Esprit de Dieu.
La règle basilienne frappe surtout par sa discrétion et sa sagesse. Elle laisse aux supérieurs, comme il vient d'être dit, le soin de déterminer les mille détails de la vie locale, individuelle et journalière, négligés à dessein. Ce sont eux qui distribuent à chacun ce qui lui est nécessaire. Pour le régime, comme en toutes choses, ils ont à tenir compte des besoins qui résultent du tempérament, de la santé, du travail des religieux, sans s'écarter toutefois des règles de la pauvreté et de la tempérance. Ils déterminent la pénitence que mérite chaque infniction. C'est à peu près la même chose sur toute la ligne. Aussi la règle suppose-t-elle chez l'hégoumène autant de fermeté que de prudence.