S. Basile, Regtilce fushis tractatœ, M. 23. Ibid
LES RÈGLES MONASTiaUES 9I
La largeur qui caractérise l'œuvre de saint Basile n'enlève au monachisme rien de sa vigueur. Tout au contraire, en évitant de condenser toute la pratique de la vie religieuse dans un certain nombre de formules inflexibles, qui ne peuvent prévoir tous les cas et qu'il est toujours facile d'éluder, le prudent législateur s'approche doucement du moine, s'empare de lui et l'enlace si bien à travers toutes les vicissitudes de son existence et les changements de son caractère, qu'il finit par le mettre et le maintenir tout entier sous le joug divin. De fait, il est impossible de pousser plus loin que ne le fait suint Basile la pratique de la pauvreté religieuse, de l'obéissance, du renoncement, de la mort à soi-même, de tout cet ensemble de vertus qui fixent le moine à une croix véritable pour le reste de ses jours i.
À cause de cette discrétion, la règle basilienne s'applique aux femmes tout aussi bien qu'aux liômmes. Les règles grandes et courtes s'occupent des relations qui peuvent exister entre les uns et les autres. Quelques-unes des petites sont faites uniquement pour les religieuses.
Tous les monastères de la région l'adoptèrent sans tarder. Rufin la donnait comme la règle de la Cappadoce. Cet auteur en fit une traduction latine à la demande d'Urseus, abbé d'un monastère italien. Il a procédé avec la liberté qui lui était coutumière. Sans se préoccuper de rendre fidèlement le texte primifif, il a réduit les deux règles en une seule qu'il désigne : Regulce sancii Basilii Episcopi Cappadocice ad monachos^. Elle ne comprend que deux cents trois interrogations. C'est sous cette forme que saint Benoît et les moines occidentaux l'ont connue et qu'elle figure dans la collection de saint Benoît d'Aniane.
On a longtemps attribué à l'évêque de Césarée un ouvrage sur la discipline monastique qui doit être rangé parmi les règles. Les Constitutiones monasticœ ^ ne seraient pas indignes de cet illustre docteur, à cause tant de l'élévafion des pensées que des qualités littéraires qu'on y remarque. Mais elles diffèrent trop des règles courtes et grandes, soit dans la manière de procéder, soit dans la
1. Voici quelques exemples empruntés aux Régulât brevius tractataœ. « Quid est perperam agere? (int. 49^ Qtdd sonatRaca? (51) Qtdd est altercatio? Qtdd contentio ? (66) Qui sunt pauperes spiritu? {20^) Qtdd sibi vult illud : Psallite sapienter? (279) Quid sit illud : Date locum irœ? (244). »