Théodoret, Religiosa historia, XXVI, P. G., LXXXIl
LE RECRUTEMENT MONASTIQUS lOI
sortir d'un profond sommeil. Je vis l'inutilité de la sagesse des princes de ce monde ; au milieu des larmes abondantes que je répandis sur ma vie misérable, mon cœur désirait recevoir la science qui me conduirait à la possession de la piété. Je me préoccupai avant tout de corriger ma conduite, pervertie par un long séjour au milieu des méchants. La lecture de l'Evangile me fit voir combien il est utile à qui veut acquérir la perfection de vendre tous ses biens, d'en distribuer le prix aux pauvres, d'embrasser une existence où les sollicitudes de la vie ne peuvent plus distraire l'âme et ramener le cœur aux choses de la terre ; je me pris alors à désirer la société d'un frère qui eût voué ce genre de vie, afin de pouvoir traverser avec lui le fleuve étroit de l'existence. » Saint Basile raconte ensuite ses voyages et ses travaux pour s'assurer le grand bienfait de la perfection monastique i.
Si la' parole de Dieu poussait les âmes vers la solitude, les vertus extraordinaires que pratiquaient les saints moines exerçaient sur un grand nombre d'esprits une influence souvent irrésistible. Les cœurs généreux étaient séduits par leur détachement absolu, leur abstinence parfois surhumaine, leur inépuisable charité, leurs miracles et l'auréole au sein de laquelle les contemplait l'admiratiom populaire. C'est ainsi que les Antoine, les Pakhôme, les Macaire, les^ Isidore, les Hilarion, les Ephrem, les Basile, réunirent autour d'eux des multitudes de disciples qui peuplèrent les solitudes de l'Orient. -Cette fécondité spirituelle de la sainteté apparaît au début du IVe siècle. Le jeune Hilarion était à Alexandrie pour suivre les leçons des maîtres de cette école. Le nom d'Antoine, déjà célèbre par toute l'Egypte, fut prononce devant lui. Il conçut aussitôt le désir de l'aller voir. A peine l'eut-il vu, qu'il forma la résolution d'embrasser la vie religieuse. Après avoir passé deux mois à ses côtés et s'être inspiré de sa manière de vivre pour régler la sienne, il revint en Palestine, sa patrie, où son exemple servit puissamment à la propagation du monachisme^ (306).