‹ Les moines de l'ancienne France (période gallo-romaine et mérovingienne [microform]Chapitre 15 sur 78 · LE GOUVERNEMENT DES MONASTÈRES. ICQ · texte numérisé non relu

LE GOUVERNEMENT DES MONASTÈRES. ICQ

que tous les frères exercent un métier ; on doit en apprendre un à ceux qui n'en connaissent pas \

A Saint- Jean d'Arles, et ailleurs sans doute, le premier travail consiste à se rendre à soi-même les services indispensables. Aussi une sœur n'est-elle jamais autorisée à avoir pour la servir une servante ou une autre religieuse. Si l'âge ou la dignité l'exigent, on met une jeune sœur à la disposition de celle qui en a besoin ^.

La prière et le travail absorbent la journée monastique. Et le travail se partage entre l'étude et les occupations manuelles. Les règles font à chacune la part convenable. Saint Césaire et saint Aurélien consacrent à l'étude (lectio) les deux premières heures de la journée ; les hommes ont une heure de plus. C'est la mesure adoptée par saint Ferréol ^. Le travail des mains occupe le reste du temps. On suit à Tarnat un double horaire pour la distribution du travail, celui de l'hiver et celui de l'été. En toute saison, les religieux ont une méditation quotidienne de deux heures. Durant les chaleurs de l'été, le travail manuel occupe toute la matinée de prime à midi, et il reprend sur le soir entre none et vêpres. Le milieu du jour est réservé au repos ou à la lecture. Saint Ferréol demande, lui aussi, le travail matinal pendant les moissons, si la besogne est

1 s. AuRELiANi Régula, 23, ibid., II, 104. et 19. ibid., III, 65.

^ S. C^SARii Régula ad virgules, 4, Holstenius, III, 22.

^ S. CïisAEii Régula ad monachos, 14, ibid., II. 91, Régula ad virgines, 18 ibid.^ III, 24. S. AuRELiANi, Régula, 28, ibid., II, 91 S. Ferreoli Régula, 27, ibid., II. i3i3.

urgente \ On lit en hiver jusqu'à tierce. Les religieux spécialement employés aux gros travaux agricoles ne doivent jamais négliger ces bonnes heures de lecture *.

Les occupations inhérentes à chaque office, le jardinage, la culture des champs, le soin des troupeaux, les charrois, la pèche, le tissage des filets, la confection des vêtements et des chaussures, les divers métiers, fournissent autant de moyens d'exercer l'activité monastique. L'obéissance proportionne la tâche aux forces physiques et morales de l'ouvrier. La règle de Tarnat recommande expressément au senior la discrétion, pour ne pas écraser les frères sous le poids de la fatigue ^.

Les moniales exécutent certains travaux dans un ouvroir commun. Elles observent alors un silence rigoureux, afin de pouvoir suivre la lecture faite par une sœur. La méditation de la parole divine et la récitation des psaumes ou d'autres prières vocales occupent saintement les âmes, dès que la voix de la lectrice cesse de se faire entendre ^. L'union de la prière et du travail manuel est en honneur dans les monastères d'hommes. Écoutons l'auteur de la règle de Tarnat : « Que le laboureur, en conduisant son araire, chante V alléluia ; que le moissonneur en sueur se stimule au chant des psaumes ; que le vigneron, en taillant les tendres rameaux, dise quelque

^ s. Ferreoli Régula, 27, Holstenius, II, i33. •Régula Taynatensis, 9, ibid., II, 184.

3 Ibid.

* S. Cesarii Régula ad virgines, 18, Holstenius, III, 24, S. Aureliani Régula, 24, ibid., II. 104, et 20, ibid., III, 66.

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