‹ Les moines de l'ancienne France (période gallo-romaine et mérovingienne [microform]Chapitre 39 sur 78 · LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

LE TRAVAIL

et à l'étude ? Rien ne permet de le dire en connaissance de cause. Les Pères du concile de Tours, après avoir instamment recommandé la lecture aux moines comme leur étant fort utile, constatent qu'ils ne la négligeaient point '. Ceux qui furent élevés au sacerdoce ou à l'épiscopat devaient plus que les autres mériter cette louange. Des saints illustres, saint Yrieix et sainte Radegonde par exemple, se signalèrent par le zèle qu'ils mettaient à s'instruire^.

Y eut-il des écoles dans l'intérieur des monastères ? On peut le croire, car cette institution est dans la force des choses. Il fallait à la plupart des religieux une instruction qu'ils n'avaient pu acquérir dans le monde. Le moine, comme le clerc, devait connaître au moins les psaumes et pouvoir lire les Ecritures. Saint Patrocle enseignait aux enfants de Néris l'art de lire et d'écrire. Grégoire de Tours l'affirme ^. Mais peut-on généraliser ce fait et dire qu'il y eut auprès de chaque monastère une école publique ? Le silence des contemporains ne permet de faire aucune réponse, et les simples conjectures risquent de précipiter l'historien dans l'incertain d'abord, puis dans l'erreur. Mieux vaut s'accommoder d'une ignorance inévitable.

^ Dum duo vel très vicissim et legunt et excubant, alii consolentur, ut non solum sit custodia corporum, sed et surgat pro lectione assidua profectus animarum. Concilium Turonense, can. i5, p. 126.

'^ Historia Francorum, X, 20, p. 440. Baudonivie, viii, ix, xxi, p. 3n-3i4.

^ Liber vita Fatrum, ix, 703.

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