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les impies, certains avaient la science d'être injustes sans tourmenter personne, car ils savaient s'entourer de témoins, de délateurs et de libelles, ils aimaient la flatterie et les pauvres supportaient tout. Les juges lui faisaient l'etîet de gens qui mangent du miel, mais qui en mangent avec tant de gourmandise (jue Teffet de cette salutaire nourriture était tout autre. Ils avaient beau à avoir des maisons magniliques, à les orner de belles statues, tout cela n'était que vanité, tout cela ressemblait à un son qui n'ofTre aucun sens, à une lettre ou à une syllabe sans valeur tant qu'elle ne concoure pas à former un mot. Leurs actions étaient un autre signe de leur vanité : c'est ainsi que les enfants font des constructions de sable par pur amusement. Ils ressemblaient, ces juges, à des gens qui lancent des flèches contre les étoiles, qui courent après le vent ou veulent marcher sur leur ombre. Leurs désirs étaient comme autant d'aiguillons (jui perçaient leur àme. « Leur avarice est si préoccupée qu'ils ressentent moins de joie de ce qu'ils possèdent qu'ils n'ont de chagrin de ce qui leur manque. Leur partage, c'est la souffrance : nuit et jour, ils travaillent également, le jour ils sèment avec peine, et la nuit le sommeil fuit leurs yeux, car l'espérance du gain chasse le sommeil. » N'était-ce donc pas une vanité. Est-ce que l'on nourrit la vertu avec du pain ? est-ce que l'àme forte est faite de chair bien ferme, est-elle nourrie de bonnes viandes? La nourriture d'une àme qui progresse dans les bon-
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nés ŒHivres, c'est la dignité ; son pain, c'est la sagesse; ses mets, ce sont les œuvres de la justice.^ C.oniment ne pas admirer l'extraordinaire folie des riches, des magistrats, et de tous ceux qui étaient revêtus d'une charge quelconque ? Leurs cœurs étaient attachés à tous les ornements de leur dignité, à leurs anneaux, à leurs beaux habits, à chaque partie de leur costume. Hélas l'herbe des champ est belle au soleil, mais le jour vient où elle se flétrit ! Insensés, ils couvrent d'ornements des barques qui font naufrage ! Est-ce que la décoration suspendue au-dessus de ces barques les empêchera de faire naufrage, ou les conduira de telle manière qu'elles ne s'ensablent pas ? qu'elles ne se brisent pas sur des rochers ? L'orgueil submerge r homme comme les flots du fleuve : ce n'est pas un moyen d'éviter le péché que de flatter une orgueilleuse vanité. Quand une barque s'est ensablée ou engloutie, à quoi servent les vains ornements des riches? est-ce avec ces vaines, décorations qu'on les retirera de l'eau ou qu'on les désensablera ? Ce qu'il faut, ce sont des cordes solides, et non des colifichets. Quand une bête de somme tombe dans un fossé, la sauvera-t-on avec les colliers et les ornements qu'on lui a passés au cou, ou avec de solides cordages ? Encore si ces insensés n'avaient fait que des œuvres vaines, Schnoudi aurait pu se contenter de les vouer au ridicule ; mais ils osaient faire peser un joug insup-