Zoëga. Cal. Cod. Cop. p
2t)8 LES MOINES ÉGYPTIENS
ivglos otait aussi ^rand qno lo crimo lo plus alroco; il n'admettait pas davantairc do dogiv dans la répression et nous lontendrons bientôt lui-même avouer qu'il tua un moine pour avoir dérobé une baguette de palmier. Si. dans ses actions, il s'emportait à une telle violence, on peut juger de ce (juc devaient être ses paroles quand il parlait aux frères dans un moment de colère, ou quand, après avoir appris quelque désordre, il écrivait une lettre à quelque communauté d'hommes ou de femmes. S'il fallait prendre ses paroles au pied de la lettre, nous devrions conclure que sa congrégation était peuplée des plus grands criminels de la terre. « D'où viennent, disait-il, ces œuvres de ténèbres, de noirceur, d'épines et de ronces où nous nous roulons, où nous nous laissons prendre dans notre intidélité et notre négligence, nous qui savons nous rendre doux ce qui est amer? je veux dire les souillures, les pollutions, les fornications de toute sorte, tout ce qui est très éloigné des règles d'un mariage honorable, tout ce qui est étranger à la pureté de la couche, les envies, les haines, les calomnies, l'avarice, les corruptions dans les jugements et tous les autres crimes dont nous remplissons la maison de Dieu, tout ce qui est pour nous un piège ou un filet, une pierre, une fosse où nous nous prenons, où nous heurtons, où nous tombons.... Quand même tu n'as pas su garder ta virginité, comme tu Tas promis, ce n'est pas une raison d'être efféminé, de coucher avec des hommes, de connaître une foule de
HISTOIRE DE SCHNOUDl 269
fommes, parce que tu n'en a pas une à toi. De uK^^me la femme qui dit : Moi je suis vierge, (juoiqu'elle ne le soit pas, elle ne doit pas connaître une foule de maris, parce qu'elle n'en a a pas un à elle. » Ces péchés des sens auraient été nombreux, à l'en croire : les suites en auraient été atroces, car les religieuses surprises par la conception ne reculaient devant aucun moyen pour en cacher les preuves, et ne pas en subir les conséquences. Si, malgré tout, l'enfant venait au monde, elles tuaient la malheureuse petite créature, Tenfouissaient dans la terre, la cachaient dans (juelque trou de la montagne ou même la jetaient aux chiens et aux cochons. De pareilles crimes mettaient avec raison Schnoudi hors de lui-même :il en faisait retomber la responsabilité exclusive sur les femmes, véritables suppôts de Satan créés et mis au monde pour la perdition des hommes : « Si tu ne l'avais pas regardé, s'écriaitil, si tu n'avais pas été au-devant de lui comme une prostituée, si tu ne lui avais pas tendu des embûches dans tous les coins, dans tous les carrefours, autour de la maison, cela ne serait pas arrivé, malheureuse femme ! » Ah ! que le temps était à regretter où pour un simple regard jeté en arrière la femme de Lot était changée en une colonne de sel. ^
Il ne s'en cachait pas : toutes les fois qu'il rencontrerait un criminel, il le chasserait sans