la. ibid p
rémission : « Si une autre fois, disait-il encore, quelqu'un ose faire de pareilles œuvres d'abomination au sein de la congrégation du Seigneur, au milieu des frères saints qui se gardent de toute souillure et œuvre mauvaise, il n'en sera pas pour vous cette fois comme vous avez vu qu'il en a été souvent en ton sein, ô communauté, alors qu'il y eut des troubles, que les vêtements furent relevés et les actions violentes : non, il n'en sera plus ainsi tant que vivra celui qui vous parle avec vérité ; mais quand on lui apprendra que quelqu'un a fait en toi des œuvres pestilentielles, il le rendra étranger sans trouble et sans cris. » Il ne faut pas s'y tromper et voir dans ces paroles la résipiscence d'un esprit vieilli et d'un cœur que l'affliction a amolli : non, dans la pensée de Schnoudi, chasser les frères pécheurs de sa congrégation, c'est les vouera la perte éternelle, c'est une punition bien plus terrible que tuer le corps pour sauver l'àme. Dans la môme lettre, il dit sans honte qu'il rendra colère pour colère, malédiction pour malédiction^ jugement pour jugement, sang pour sang. S'il se montre doux et bon pour les fervents, il doit être sans pitié pour les coupables qui se vautrent dans leurs péchés comme des cochons dans la fange, contre ces serpents qui empoisonnent la communauté. Ces paroles étaient grossièrement injurieuses ; mais le Seigneur lui en avait lui-même donné l'exemple, car il n'avait pas craint d'invectiver contre les scribes et les
HISTOIRE DE SCHiNOLDI 271
pharisiens, de les appeler vipères et race de vipères. ^
S'il agissait avec violence, si ses paroles étaient pleines d'injures et d'invectives, il avait de bonnes raisons pour agir ainsi : il ne cherchait que le bien de ses enfants. Il savait bien qu'il était à charge, on le lui montrait assez, mais on pouvait se tranquilliser, il ne tarderait pas à quitter le monde. Que pouvait-il faire seul contre tous ? sans doute il n'était pas possible que tous comparussent au tribunal de Dieu avant lui : il s'en irait donc le premier. Il l'avouait ; souvent il avait dit : « Si vous êtes bons pour moi,, je le serai pour vous ; si vous êtes méchants pour moi, je serai aussi méchant pour vous. » Aussi ses ennemis l'accusaient de devenir de jour en jour plus insupportable. Que de fois il avait dit à Dieu, prosterné sur le pavé du sanctuaire : « 0 Dieu, Seigneur universel, Jésus, je t'en prie de toute ma puissance et dans ma tristesse, si c'est ta volonté de me prendre à toi et de m'enlever de cette communauté, ne permets pas que je meure maintenant, ne me rends pas de suite étranger à ce lieu, avant que je ne t'aie vu, ô Dieu, châtier ces orgueilleux qui mangent la chair du lion, de Satan, qui boivent de son sang, c'est-à-dire ceux qui sont coupables de toutes les méchancetés, des risées, des envies, de la haine, de la désobéissance, de l'indocilité, des vols, de la pollution, des mensonges, d'orgueil et de jactance