‹ Les moines égyptiensChapitre 24 sur 34 · Id. ibid. p · texte numérisé non relu

Id. ibid. p

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rendre à l'église pour la prière, on plaça sur son chemin une grosse pierre qui devait le faire tomber et le blesser. Ce dernier coup fut dur pour Schnoudi : pendant sept semaines il ne reparut plus aux exercices de la communauté. Etait-ce donc là ce qu'il avait cherché ? Sa vie était bien amére après avoir connu un moment de gloire. Son âme s'emplit d'amertume et un jour il laissa déborder cet amertume dans la page la plus éloquente sortie de son calame.

Après avoir reproché à sa communauté, qu'il prenait directement à partie, tous les manquements à la règle monastique se commettant en son sein, il s'écria : <( Pour témoigner de la vérité de ce que j'ai dit, voici que des années entières crient aux oreilles de ceux qui écoutent que la partie ténébreuse en communion avec les ténèbres est malédiction, et que la montagne maudite par le Seigneur est brûlée, noire, désolée ainsi que tous ses rochers ; au contraire la partie lumineuse et en communion avec la lumière est bénédiction, et la montagne bénie par Dieu est bénie, lumineuse, resplendissante avec tous ses rochers. Quels sont donc ceux qui parlent ainsi ? quel est celui qui entend ? Quelle est la montagne tenue en mépris ? quelle est la montagne élevée en honneur ? Quelles sont ces ténèbres en communion avec les ténèbres, cette lumière en communion avec la lumière, ou encore ces ténèbres qui ne laissent pas la lumière se répandre dans le lieu qu'elles remplissent ? Si cette recherche me fait

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soutlrir ou le fait soulTiir, loi, tu ne le sauras pas. En effet il est quelquefois bon de chercher pour trouver, selon l'Ecriture ; mais quelquefois aussi il est meilleur de ne pas chercher que de chercher, car, comme le dit l'Ecclésiate, si l'homme souffre de sa recherche, il ne trouvera pas. A quelle heure, à quel jour, en ton sein ou en n'importe quel autre lieu, a-t-on tourmenté des hommes atin qu'ils prissent de la nourriture, de la boisson et ne mourussent pas ? C'est à peine si quelquefois l'homme se contente de ce qui lui est nécessaire, car le commandement est là qui lui fait la guerre : « Ne te laisse pas tromper dans la satiété de ton cœur. » C'est pourquoi si Dieu me laisse faire, je cesserai d'être un capitaine, un soldat, de forcer par la honte les hommes à aimer ce Dieu par nécessité et malgré eux. Quel est celui qui a jamais aimé Dieu et n'a pas gardé ses préceptes et ses paroles ? Celui qui m'aime, a-t-il dit, gardera mes commandements. Donc quiconque dira : j'aime Dieu, doit lui obéir, ou c'est un voleur, un relaps qui attaque la vérité par toute œuvre de trangression. Que celui qui a ou aura soif de Dieu le cherche. Le prophète dit en effet : « Mon âme a soif du Dieu vivant : j'irai et je verrai la manifestation de son visage. » Que celui qui a faim et soif de la justice, mange et boive pour ne pas mourir : il sera ensuite rassasié pour l'éternité. De tous ceux que l'on t'a confiés, jeunes garçons ou jeunes filles, hommes ou femmes, quels qu'ils soient. Dieu demandera compte aux pères

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qui sont en Iod sein, surtout à celui qu'en tout temps on appelle et appellera ton père. J'ai douleur et je m'écrie avec toi, parce que l'image ou la forme du serpent s'est montrée en toute sa longueur et largeur imprimée sur les bras et les épaules de tous ceux qui ont été marqués du signe du serpent. S'il n'a pas été accordé à ceux-ci de le poursuivre pendant le jour, de le prendre et de le tuer, à combien plus forte raison les autres en seront-ils le jouet pendant la nuit, lorsque tu ne te soucieras pas sérieusement de le poursuivre et de le prendre ? Maintenant donc que le serpent .sort de son trou ou de sa fosse près de la maçonnerie, dans le côté intérieur de la muraille, sans que personne le voie, il saute sur leurs bras, il s'enroule tout autour et y demeure attaché. En même temps il sortira aussi de son trou du côté extérieur de la maçonnerie, un grand nombre le verront ramper vers quelques-uns, les entourer comme une ceinture, car il les ceint de son habileté pleine de malice. La tête de ce serpent détruira les forces de leurs poitrines, de sa queue il .brisera les nerfs et les artères de leurs cuisses jusqu'à la plante des pieds. Non-seulement ils en seront affaiblis, non-seulement il leur enlèvera •toute force, mais un grand nombre mourront. Car, pour eux ou parmi eux, il ne se fera pas doux, et ils ne pourront l'enlever lorsqu'une fois il sera enroulé autour de leur corps, depuis la poitrine jusqu'aux pieds. Peut-être me feras-tu honneur et me donneras-tu de grandes louanges,

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de ce que souvent j'ai forcé par la terreur quelques-uns des tiens à aimer de vive force Dieu et ses commandements, à haïr toute impureté, toute désobéissance, toute œuvre mauvaise. Je me suis fait étranger à la mansuétude et à la longanimité; je me suis fait étranger au deuil, h Ja colère et à la crainte. Mais sans doute Dieu n'oubliera pas ce qu'au milieu de toi a fait cet homme, ' car, comme il est écrit, il voit ses troubles et les leurs. Qui donc a pu le forcer à faire de pareilles choses pour toi, sinon l'amour qu'il te portait et lamour que tu lui portais aussi ? C'est Dieu qui Ta poussé à faire tout cela en toi, qui lui a donné Tordre d'employer la terreur, la colère, les menaces, de frapper les hommes indociles, de se hâter de les punir : c'est lui aussi qui le poussera à cesser d'agir ainsi et lui donnera Tordre de demander au Très-Haut de lui accorder un peu de patience et de mansuétude, grâce aux prières de ceux qui te composent, hommes ou femmes, qui ont à cœur la paix et le salut de leur pauvre et humble frère. Donc, comme tu Tas vu jadis au milieu de toi tout troublé, furieux, tremblant de colère, tu ne le verras plus en semblable étatdésormais, car il veut cesser ces actions dures comme Tenter ; sans aucun doute c'est Dieu qui lui a conseillé de te faire cette guerre, c'est lui aussi qui lui conseille maintenant de cesser ces œuvres di-

r...î.iPTf • i'^ faitremarquerZoëga, Schnoudidans ce morceau pane de lui tantôt a la première personne du singulier tantôt a Ja troisième, tantôt à la première personne du pluriel

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gnos d'un général d'armée et lui fait souhaiter de i se reposer, de s'éloigner de toi par dégoût de telles actions. Je vous le dis, mes frères, tous ces troubles, toutes ces œuvres que Dieu nous a faites, tout cela m'a été plus doux et plus agréable que le , miel, et nous les avons faites parce que c'était le temps marqué par la volonté de Dieu. Mais Dieu ne lui a pas ordonné de se conduire toute sa vie à ton égard comme un général. Chaque chose à son temps. Il y a temps pour se mettre en colère, carsej Ion l'Ecriture, la colère vaut mieux que le rire ; il y a ! temps pour être indulgent, parce que la patience est une bonne chose, comme le dit aussi l'Ecriture. Si quelqu'un fait société avec d'autres gens qui s'efforcent de faire tomber un rocher d'en haut sur eux, le rocher tombera sur lui comme sur eux, s'il ne s'éloigne pas. Ainsi ceux qui en toi font ou '' feront des œuvres trompeuses en toute sorte de transgression, attirant sur eux le chagrin à l'heure du juste jugement de Dieu, s'il ne s'éloigne pas d'eux, il arrivera qu'après les avoir flagellés au temps où la mort était déjà proche d'eux, ils mourront, et lui, il aura du chagrin avec quelques autres pendant tous les jours de sa vie. C'est ce qui a eu lieu quand Schnoudi a tué ces hommes dont le terme de la vie était déjà arrivé, pour lesquels Dieu avait fixé le jour où il allait les visiter. N'est-il pas écrit dans une lettre, ou ne te rappelles-tu plus avec quelle grande douleur, quelle honte, assis au milieu de toi lorsque tout le monde était réuni, il s'est écrié: « 0 Dieu, ô Dieu,

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(3 mon pore, o ma more qui m'avez fait naître au monde, qu'ai-je donc de commun avec de pareilles actions? Suis-je un soldat? Suis-je un général? Moi qui ne suis qu'un serviteur, qu'un berger. » Les larmes nombreuses que tu as répandues par compassion n'attestent-elles pas ces paroles et beaucoup d'autres qu'il a versées dans son amertume ? (Certes c'est un pur hasard qu'en semblables occasions le jour de la mort soit arrivé pour un homme. i\ 'as-tu pas vu ton frère ou ton enfant qui, interrogé par nous lorsque nous étions tous réunis, nous a menti contre la vérité au sujet de ce bâton ("plut à Dieu que ce feu l'eut dévoré) qu'il avait volé et dont il a dit : « On m'en a fait cadeau ? » N'est-il pas arrivé que Dieu ne m'a pas donné en ce jour la patience de le conserver pour faire pénitence ? et il mourut tout à coup sans que nous sachions comment cela s'est fait. Non pas que Dieu Tait tué parce qu'il avait, en mentant et en péchant, fait plus de mal que n'importe lequel d'entre nous; mais les jours de son existence étaient complets. Si Dieu l'a tué, pourquoi ne nous a-t-il pas tués, nous qui avons péché plus que lui ? Est-ce que par hasard le jugement de Dieu n'atteindra pas chacun de nous au jour de la colère, si nous ne nous hâtons de nous retirer de nos impiétés avant de mourir comme cet homme notre frère, ou comme quelques autres que nous avons vus mourir toutà-coup ? Est-ce que celui qui te parle n'en a pas torturé quelques-uns au point de les faire se

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roulor à lorre, commo s'ils allaient mourir, et cependant rien ne leur est arrivé ? Et cependant lorsqu'il a frappé celui qui avait menti, lorsqu'il l'a frappé d'un seul coup de bâton, j'en sais beaucoup parmi vous qui l'ont accusé de l'avoir tué violemment avant le terme marqué pour son existence ! C'est pourquoi non-seulement je cesse-

i rai de faire des œuvres dignes d'un soldat, mais même je ne permettrai à personne en toi, ni à d'autres en d'autres lieux, de frapper qui que ce soit en mon nom, pas même au sujet de ce que contiennent les livres qui nous servent de règle. A Dieu ne plaise que si quelqu'un fait en

i toi des actions bien dures sous l'impulsion et l'ordre de Dieu, un autre ou plusieurs autres essaient de faire la môme chose sans impulsion ni ordre de la part de Dieu. Dieu en effet a marqué

I pour chacun la voie à suivre, selon ce qui est utile en chaque temps, comme a dit l'apôtre : « A chacun selon la mesure de foi que Dieu lui a donnée. » Dieu est témoin à celui qui te parle qu'il n'a jamais rien fait de semblable sans en avoir reçu l'ordre. Que Dieu soit témoin aussi à celui qui fera semblable chose en tout temps ; mais que celui-là prenne bien soin de ne pas transgresser ce qui nous a été ordonné. Que la prudence te garde, selon qu'il est écrit. Si Dieu t'ordonne de faire quelqu'une de ces actions si dures, ne tarde pas de peur qu'il ne te cite à son tribunal. S'il ne te l'ordonne pas, n'aie pas l'audace de les faire et ne t'attire pas de chagrin ; car

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si CCS choses-là se font sans ordre de Dieu, on n'en tire d'autre profit que des luttes, des rixes,

des troubles vains et inutiles

Et voilà bien quelle était sa position, obligé de rendre la vue et la raison à cette mère qui l'avait enfanté à la vie monacale, forcé de courir après des frères qui ne voulaient pas entendre sa voix, qui commettaient tous les crimes, volaient, pillaient, se faisaient malades pour manger davantage, amassaient de l'argent avec une insatiable cupidité. Dieu dans sa colère saurait bien les prendre, comme les enfants prennent des oiseaux et des chèvres dans leurs filets. Et cependant ils avaient devant eux, pour leur servir d'exemple, le sort fait par les Blemmyes aux communautés voisines : elles avaient été pillées, ravagées, rançonnées, réduites en esclavage. Malgré ce terrible exemple, ils ne cessaient pas leurs péchés. Sans doute quelques-uns diraient encore que ses paroles ne valaient pas la peine qu'on les écoutât. Eh bien, qu'ils se fissent étrangers à ses paroles. il le voulait bien ; mais lui aussi, il renonçait à toute responsabilité à leur égard au tribunal de Dieu. D'ailleurs il y avait des jours et des mois qu'il ne leur avait pas parlé, qu'il n'avait parlé à personne. A quoi bon dire qu'on l'aimait, si l'on ne voulait pas obéir à ses ordres, observer sa règle. Aussi il conviait tous ses fidèles à se séparer des pécheurs, à ne pas prêter l'oreille à ceux qui disaient : Laisse faire, laisse-les grandir, comme le maître du champ l'avait dit de l'ivraie.

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Cette parole n'était pas laite pour eux. pour une communauté de moines, mais pour le monde. On disait encore qu'au festin des noces l'homme qui n'avait pas revêtu la robe nuptiale ne fut chassé qu'à l'arrivée du Maître : que par conséquent on ne devait pas chasser les frères coupables avant l'arrivée du Seigneur Jésus. Mais que signilient ces paroles ! Ses enfants allaient-ils ajouter foi à n'jmporte quelles paroles qui frappaient leurs oreilles ? Salomon Tavait dit depuis longtemps : Il n'y a que les imbéciles qui ajoutent foi à toute parole, convenable ou non ; le sage se garde bien de ce qui ne convient pas et de ce qu'il n'est pas séant de dire. Mais un grand nombre ne l'écoutaient pas, des jeunes garçons ou des jeunes filles, même des hommes et des femmes d'âge mûr. Malgré tout, il devait leur dire ce qu'il pensait de ces ignorants qui coupaient l'organe de leur virilité pour conserver leur pureté : on devait les mettre tout sanglants encore sur un matelas et les porter sur le chemin pour servir d'exemple à ceux qui passaient : pour l'amour de Dieu, on pouvait les mener mourir chez leurs parents, s'ils en avaient, ou dans un village habité s'ils n'avaient pas de parents ; mais à aucun prix on ne devait les laisser dans la communauté. « As-tu donc oublié, s'écriait-il, les profanations, les pollutions, les vols que l'on a commis sur les vases sacrés de l'autel, et tous les autres péchés qui ont été faits en toi? Mais toi, vieille femme lorsque tu nous as écrit : « Je vous ai montré mon

cœur tout outier, » sans doute tu nous as montré ton cœur, comme jamais homme ne Ta tait à son semblable ? h]st-ce (jue nous t'aimons en haïssant la plus jeune ? Aimons-nous la plus jeune et te haïssons-nous ? ou encore avons-nous quelque amour de préférence pour Tune et de la haine pour quelque autre ? Si nous aimions Tune et haïssions l'autre . ne serait-ce pas faire le mal que nous détestons ? Et pourquoi as-tu tergiversé, astu refusé et accepté de venir ici avec elle puisque devant Dieu, devant le vieillard, devant ceux qui étaient venus avec lui et tous les frères qui sont près de vous, elle aous avait dit : « Nous irons ensemble ? » C'est en vérité une belle justification que de dire : « Je ne peux unir mon cœur au sien ! » Je le sais en vérité, pour(juoi ton cœur ne peut pas s'unir au sien : tes paroles ne lui sont pas utiles, et les siennes n'ont aucune utilité pour toi. De même si tes paroles nous sont utiles, comment ])ourrait-il se faire que les nôtres te fussent inutiles ?. N'est-ce pas la vérité ce (jue le vieillard a dit dans sa colère, qu'à chaque instant tu prétais l'oreille aux conseils du diable ? je te l'ai demandé plusieurs fois : Dis-nous pourquoi tu es irritée contre elle : mais tu n'as rien dit. Tu n'as pas pu supporter la parole que nous t'avions envoyée sous l'inspiration de Dieu : f^prouve une fois encore ta tille et si tu la trouves désobéissante, écris-le nous. Tu as été plus désobéissante qu'elle. Tu n'as pas pu attendre trois ou quatre jours avant de nous envover tes «laives contre elle et

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VOS conversations entre vons. Pourras-tu donc attendre le jugement de Dieu, toi ([ui chasses ainsi notre sœur à tort et à travers ? Le diable a corrompu le cœur de chacune de vous au sujet Tune de l'autre : penses-tu ([ue Dieu ne te demandera pas en quoi elle t'a l'ait tort ? Pardonne donc à ta sœur : réconciliez-vous. » Ah ! ces femmes que de mal elles lui avaient causé avec leurs continuelles disputes, leurs basses envies, leurs mesquines jalousies ! 11 leiu' avait prodigué les conseils et les paroles et n'avait rien obtenu. Hommes et femmes lui causaient à l'envie les chagrins les plus cuisants par leurs débordements et leurs désobéissances. A cette pensée son àme se fondait de douleur, et des paroles d'affliction et de détresse * s'épanchaient de sa bouche.

(^ Peut-être n'ai-je pas pris soin, peu-être n'as-tu pas pris soin toi-même, ô communauté, de révérer suftisamment les paroles du prophète : « Le Seigneur Dieu est sujet au courroux, dans sa colère il se venge sur ses adversaires et perd ses ennemis. » Dieu n'a pas de pire ennemi que ceux qui commettent des fraudes. Celui ou ceux que veut dire celui qui te parle, sont au milieu de toi, tu les vois et tu ne les connais pas. Ils sont tout près et sans doute aussi d'autres sont absents. Ils sont au milieu de toi, tu vois leur ligure, ils voient ton visage, tu lèves la tête pour les voir, ils baissent la leur pour ne pas te voir. Cherche donc quel il

1. C'est le titre même du morceau qui suit dans les parchemins coptes du musée de Naples.

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est, quels ils sont, et tu les connaîtras. Celui qui le parle n'est pas assez insensé quand il voit une chose cachée pour la faire connaître et dire ce que c'est, comme cette femme sotte et niaise que Dieu a chassée de nous et qui disait : Viens et fais connaître les œuvres des voleurs ; et de même depuis le commencement un grand nombre d'entre nous on dit de semblables sottises. ^ Je regarde ceux qui prononcent de telles paroles comme insensés en présence de la vérité. Si quelquefois j'ai pensé des choses cachées, suis-je stupidement allé dire à quelqu'un : Je connais les choses cachées ? 0 pauvres gens qui ne se jugent pas euxmêmes pour le jour du grand jugement I Aussi, il n y a rien de surprenant que tu connaisses les noms nouveaux que l'on donne à celui qui te parle quand on l'appelle lâche, colère, querelleur ! Ne sais-tu donc pas qu'il y a des noms encore plus forts qu'on peut lui donner ? Je vais te les apprendre. Appelle-le douleur, chagrin, gémissement, honte et tristesse. Mais sache-le bien aussi et médite-le : le miel ou ce qui est plus doux que le miel, on le rassemble, on le garde dans le même endroit jusqu'à ce qu'on le partage entre plusieurs qui le mettront aussi en des vases convenables ; le fiel ou ce qui est plus amer que le fiel restera près du miel séparé de lui. jusqu'à ce qu'on

1. SchDoudi fait ici allusion aux mises en demeure que lui propo?aient les frères lorsqu'il leur disait : Je connais toutes vos œuvres cachées. La fenunf on (juostion ot les moines ses enueiiiis lui r<''pMndaieiit : Kh lii<'u, iii'unin' N-s coiqt.iltlf.-j.

l'enlève peu à peu, qu'on le donne à d'autres qui le jetteront au loin. Ainsi parle celui dont tu cherches quel il est : je dirai, moi, ou dis toi-même une chose pour une autre : je placerai moi, ou place toi-même la tête pour les pieds : je placerai moi, ou place toi-même un œil ou les yeux pour une oreille ou pour les oreilles, le nez et les narines pour la main ou pour les mains. Entrouve l'orbe de la terre pour regarder dans l'abîme, ô communauté. Elève tes yeux au ciel pour voir si nous pouvons, toi et moi, en connaître la largeur, a longueur, la hauteur et la profondeur. * Je me placerai et me tiendrai dans le lieu oii celui que tu ignores a branlé sa tête sur toi par colère et par zèle, il y a bien des jours, bien des années. Le jugement sera remplacé sur l'autel ou à l'endroit où il a maudit depuis le commencement jusqu'à ce jour, à cause des œuvres mauvaises qu'ont perpétrées les hommes et les femmes. Ne te semble-t-il pas étonnant celui qui te dit : Je jugerai celui qui nous jugera, toi et moi ? 0 Dieu, ô bon Seigneur Jésus-Christ, juge mon cœur,/>;èse l'àme de celui ou de ceux qui sont pleins iie tristesse au sujet des iniquités qu'on a commises ou que l'on commet encore dans tes communautés. Celui qui prend une garantie pour un serviteur imbécile

1. Une faut pas croire d'après ce passage que Schnoudi admettait quatre dimensions : il était trop intelligent. La hauteur de son ciel allait depuis la terre jusqu'à la première couche atmosphérique qui semble nous apparaître bleue ; la profondeur depuis cette couche première jusqu'à la plus éloignée des planètes.

méprise la loi, comme le dit rEcrilure : celui qui prèle serment pour des hommes ou pour un homme insensé implique le salut de son àme dans le mépris qu'on fera du serment par lequel il aura conlirmé un témoignage. Cet homme ou ces hommes qui ont péché m'ont fait pécher aussi. 0 Dieu, j'ai transgressé le serment que j'avais fait en ta présence ! Cet homme ou ces hommes sont morts, ils nous ont tués, moi et vous. Cet homme ou ces hommes sont devenus tes ennemis et les ennemis de celui qui a été mis à la tête de ton monastère ou de tes couvents, ils m'ont rendu aussi ton ennemi, ô Dieu, et Tennemi de celui qui s'est arrêté pour séparer les ténèbres de la lumière. Comment puis-je lever mes yeux vers toi dans mes humbles et pauvres prières ? 0 Dieu, j'ai transgressé le serment que je t'ai fait. Je l'avouerai, je connais mon péché, ta colère s'est appesantie sur moi, tes menaces m'ont entouré, tes terreurs m'ont bouleversé, selon la parole de l'Ecriture. Je me suis endormi dans ma honte et le blâme que j'avais mérité s'est étendu sur moi ; non-seulement parce r[ue j'ai été pécheur en toutes choses, mais parce (jue j'ai transgressé le serment que j'ai fait en ta présence, à cause de ces hommes qui, depuis le commencement jusqu'à ce jour, n'ont pu se rassasier de pécher contre leurs âmes. Ni serment, ni crainte, ni larmes, ni honte, ni colère, ni malédiction, aucune parole, aucune action faite par ton ordre, ô Dieu, n'a pu prévaloir contre ces hommes et les empocher do pocher contre leurs

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anios. Ne m'impute pas la responsabilité de ce serment, comme on demande compte du sang qui a été versé lorsqu'on a tué quelqu'un. Je sais que mon serment est sur ma tête déjà depuis de longs mois, comme tous les autres péchés que j'ai commis. Je suis plein de honte et d'affliction, ô Dieu, regarde mon àme et sauve-la de la malédiction (jue méritent la violation de mon serment et tous mes autres péchés : c'est cet homme, ce sont ces hommes qui m'ont rendu ténébreux. Ne détourne pas de moi ton visage, ne l'éloigné pas avee colère de ma pauvreté. Lave-moi de la malédiction de mon serment, rends-moi pur de mon crime, ô Jésus médiateur de ma conscience. Je ne rends pas témoignage sur de l'argent, sur des richesses ou autre chose vaine, mais je veux que celui ou ceux que j'appelle mon frère ou mes frères fassent pénitence, ô Dieu, et se réconcilient avec toi. Et au lieu de me traiter en frère et en compagnon, ils m'ont rejeté comme un étranger, ils n'ont pas eu pitié de moi dans mon grand malheur. N'est-ce pas à cause de mes péchés que tu m'as flagellé ? Et qui sait si je serai sauvé! ou pourquoi ne craindrais-je pas que tu ne renouvelles sur ma petitesse les coups, les tourments et la maladie, que tu ne me flagelles encore en plus des châtiments que tu as envoyés à mon péché! Tu sais, ô mon Dieu, ce qui m'a retenu de faire à ces hommes comme ils m'avaient fait. Quelle crainte sinon la tienne pourrait m'empêcher de faire tomber sur eux la justice ? car ce n'est pas contre lui, Sei-

gncur, qu'ils ont péché cette fois-ci, c'est contre toi. Car tous les membres de tes communautés me sont témoins que la justice est tombée sur moi seul, lorsqu'ils transgressaient le serment que j'avais fait. C'est pourquoi je prends sur moi leurs péchés, comme celui qui avait péché contre son frère septante fois sept fois. Qu'il est grand le péché qu'ils ont commis ! Car mes frères m'ont tué d'un seul coup, oui, ils ont eu assez d'un seul coup, pour faire que tu ajoutes à ma douleur les angoisses et les maux du cœur et du corps. J'ai même craint pour ma tête qu'elle ne fût prise par ce mal ou par ce qui avait toute Tapparence d'une maladie. Qu'il te plaise donc, Seigneur, que veuille ta miséricorde, ô Dieu patient, nous pardonner, à moi et aux autres, et non seulement pour cette fois, mais pardonne-nous tous les péchés que nous avons commis depuis le commencement jusqu'à ce jour. » ^

Ce long morceau fera mieux comprendre que toutes les réflexions tardives, l'œuvre et le caractère de Schnoudi. On l'y trouve tout entier avec ses violences et ses douceurs, ses haines et ses affections. Sa phrase hachée, tourmentée dont la traduction ne peut donner la ressemblance, est bien l'image de son cœur. Il avait raison, sa vie avait été bien dure ! Mais n'était-il pas lui-même, la première cause de tous les malheurs qui fondaient sur lui. Son orgueil immense était puni

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