Zooga Cat. Cod. Co/i/. p. Wl-4îi
HISTOIRE DE SCILNOLDI .'iOT
idolâtres : « Si vous dites d'un veau ou d'une vache, dit-il, ou de quelque autre animal que ce sont des dieux, je vous répondrai que vous êtes maudits car le Seigneur de gloire, le père de iXotre Seigneur Jésus le Christ, les a créés poui' porter le joug, pour traîner de lourds fardeaux, [)our qu'ils vous donnent leur lait à boire ou qu'ils vous livrent leurs toisons. Si vous dites des animaux sauvages que ce sont des dieux, vous êtes maudits davantage encore, car c'est le Seigneur Dieu qui leur a commandé d'exister. Si le chien ou le chat est votre Dieu, vous êtes de plus en plus soumis à la malédiction, car c'est le Seigneur Dieu qui a dit : Je suis celui qui suis et il n'y a pas d'autre Dieu que moi ; en les créant il leur a donné à chacun leur emploi, il a fait l'un pour veiller sur nos maisons et l'autre pour détruire les souris. » Et s'animant davantage : « Qu'ils se lèvent donc, vos dieux^ pour vous sauver de la colère du Seigneur qui va s'abattre sur vous ! Allons, où sont les crocodiles et tous les habitants des abîmes que vous adoriez? Où est le soleil, la lune et les étoiles que Dieu a créés pour éclairer la terre et que vous adorez comme des divinités en vous trompant vousmêmes ? Qu'ils viennent donc maintenant vous délivrer de la malédiction des opprobres et de toutes les calamités que Dieu a fait fondre sur vous ! Où est ce Satan et tous les autres diables qui l'accompagnent, lui qui a assez obscurci votre cœur pour vous faire l'adorer sous les nombreux
'>t>^ LES MOLNES ÉGYPTIENS
protextes de toutes vos idoles ? Qu'il vienne, ou plutôt levez-vous vous-mêmes pour échapper à la colère de Dieu qui d'un seul coup vous a atteints, vous et lui, jus([ue dans l'abîme. Où est Kronos (jui est Torigino du temps, lui qui a tendu un piège à ses parents pendant qu'ils étaient ensemble et, de sa faux, a coupé la virilité de son père, comme cela est écrit dans vos livres ; lui qui dévorait les enfants qu'il engendrait selon vos discours fabuleux ? Qu'il vienne soulager vos malheurs ! N'est-il pas aussi lun de vos dieux, ainsi que sa compagne que la colère de Dieu saura bien anéantir avec lui? Vous l'égalez à un Dieu, alors qu'il n'était qu'un homme infâme ! Vous vous en êtes fait un Dieu pour qu'il vous enseigne les iniquités qu'il a commises, à la manière de ces hellénisants qui lui offrent des hommes en sacrifice. Ils avaient aussi Rhéa que vous appelez la mère de tous ceux que vous adorez et ils se livrent à l'infamie afin que votre mère soit contente de vous ! Où est Zeus et son fils Ares qui prend la formed'un sanglier pour manifester son impureté ? Et Héphaistos qui n'est autre que Ptah, et Apollon cet impur joueur de cithare qui forniqua avec une multitude de femmes et qui souilla les petits enfants, où sont-ils ? »
Schnoudi enveloppait dans sa colère non-seulement les païens d'Akhmim et de son nome, mais encore les Juifs, ceux qu'il traitait d'hérétiques et ceux qui, s'étant jadis convertis, étaient retournés à leur religion première. Cette dernière classe de
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ses ennemis lui était particulièrement odieuse ; cependant il faisait retomber le crime de ces apostasies plus sur les riches païens de Panopolis que sur les malheureux qui avaient dû renier leur seconde foi pour trouver des moyens de subsistance. Tn homme avait eu le talent de s'attirer une hain<^ spéciale de Schnoudi : il se nommait Gésios. ^ Sans doute il était riche parmi les riches, lettré parmi les lettrés et jouissait d'une grande influence sur ses concitoyens. Sa maison était pleine de ces statues d'or, d'argent, de bronze, de pierre ou de bois que Schnoudi exécrait. Il dut être l'un des principaux agents de ces apostasies qui torturaient le cœur intolérant du moine d'Athribis. C'est à son sujet que Schnoudi formait le souhait chrétien de le voir plongé dans les profondeurs de l'enfer, la langue attachée aux doigts des pieds. Gésios mourut avant Schnoudi et le moine rancunier se hâta d'apprendre à ses enfants que le Seigneur l'avait fait descendre en enfer et qu'il y avait vu Gésios en proie au supplice qu'il lui avait souhaité ! Ce fut sans doute une consolation pour Schnoudi : mais avant cette fin de leur querelle, les deux adversaires devaient se livrer plus d'un assaut. Ce qui exaspérait le plus Schnoudi, c'était de voir l'influence de Gésios contrebalancer la sienne : la foule qui entourait le riche païen était parfois plus nombreuse que celle qui se pressait