‹ Les moines égyptiensChapitre 29 sur 34 · PsUUlili' (i."t V. 1 t'I · texte numérisé non relu

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car je suis plus fort (juc loi. .l'ai combattu plusieurs dévots pcrsonua^os et je les ai vaincus, .le suis le plus fort parce que j'ai été créé le premier. » r.t»s invectives n'étaient pas failes pour désarmer Sclinoudi : « Ferme ta bouche, s'écria-t-il, impur damné : j'ai reçu de mon Seigneur Jésus-Christ l'ordre de te disputer avec violence et de t'exiler éternellement loin de cette ville. » La foule, qui eutcMidait cette conversation de Schnoudi avec le diable caché dans la statue et qui ne voyait personne, était de plus en plus déconcertée. Quelquesuns s'écrièrent alors: « Nous t'en prions, ô notre père, montre-loi, bénis-nous ainsi que notre ville et désormais nous ferons tout ce que tu nous ordonneras. » Aussitôt Schnoudi se montra et apparut debout au milieu de la foule. « Viens à notre aide, s'écrièrent les assistants, ô saint béni, car nous avons erré comme des brebis sans pasteur, et si tu n'étais venu vers nous, nous eussions été dévorés vivants. » De la main, Schnoudi leur lit signe de se taire et les pria de faire hâte. On amena alors un menuisier avec un vilbrequin de fer : « Je veux, lui dit Schnoudi, ([ue tu me perces le talon de cette statue. » Le menuisier lit ce qu'on lui ordonnait. Puis Schnoudi frappa l'idole de son bâton, disant : « Au nom de celui (|ui a été crucilié, je t'ordonne de sortir et de t'en aller. » Mais le diable ne voulut point s'en aller : (( Je ne sortirai pas de ma demeure, » dit-il. Pour la seconde fois Schnoudi frappa la statue (Ml disant : ^ Certes, au nom du Seigneur

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Jésus 1p Messie, les montagnes tremblent I Qui es-tu toi pour résister quand tu entends son nom ? » Aussitôt le diable se dissipa comme une fumée et s'écria: <( Je sors de cette statue, ô moine Schnoudi, à cause des tourments horribles que je viens d'endurer à ton occasion. » Puis il prit la forme d'un nègre d'Abyssinie, d'une haute taille et d'une horrible figure. Schnoudi lui dit : (( Montre-toi, afin que tous les habitants de cette ville voient ta faiblesse et ta confusion. » Le diable lui dit: « Jure-moi par le Dieu vivant que tu ne me feras pas périr avant mon temps, afin que je puisse retourner chez mon père Satan ; alors je me montrerai et je te parlerai. » Schnoudi le fit entourer afin qu'il ne prit pas la fuite. Aussitôt le diable se montra, et la foule fut prise d'une grande frayeur. « Pourquoi as-tu osé entrer dans cette ville et faire cette grande fourberie ? » demanda Schnoudi. — ((Lorsque les habitants de cette ville, répondit le nègre, eurent aimé le bien, bâti des églises, après qu'ils furent allés vers ton monastère, que tu les eus prêches, exhortés à aimer, à fréquenter l'église et à faire l'aumône, ils cessèrent de faire le mal pour faire le bien et n'exécutèrent plus les ordres de mon père ; alors il me donna l'ordre d'agir ainsi pour séduire les hommes, les faire renoncer à tes enseignements, leur faire accepter toutes mes volontés et tous mes désirs. » — « Où sont tes compagnons, demanda Schnovuli, que je les exile, afin qu ils ne reviennent plus ici désormais pour séduire les hommes. » — « Je te

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le jure par la puissance du Crucifié, répondit le Satan, ils se sont tous retirés dès que tu es entré dans la ville; j'y suis resté seul pour te combattre, et voilà que tu remportes sur moi par la puissance que t'accorde Dieu, le maître de tous. » Alors Schnoudi s'écria : « 0 méchant qui m'as combattu, par la puissance de mon Maître le Messie, de son Père honnête et du Saint-Esprit, ne séduis plus les hommes. » Aussitôt le diable devint comme une fumée : à la vue de toute la foule, il s'éleva dans les airs et se dissipa comme une vapeur. Schnoudi entra dans l'église : la foule le suivit. Il lui fit une belle exhortation et lui défendit de prêter désormais l'oreille à Satan. Puis il rentra à son monastère, glorifiant Dieu et ses saints. Gomme si tous les prodiges de cette histoire n'étaient pas encore assez, en homme humble, il confia à Visa que l'archange Gabriel lui avait fait traverser le fleuve sans barque, rien qu'en le tenant par la main droite.

Tel est le récit fantastique de la plus importante destruction dont Schnoudi se rendit coupable. Tel qu'il nous est parvenu on peut y reconnaître les supercheries dont se servit le moine d'Athribis pour perpétrer son œuvre : il lui fallut se déguiser, faire agir des comparses, se prêter aux illusions de la foule, tous moyens indignes d'un homme, indignes surtout de Dieu. Toutefois si les choses s'étaient bornées à ses supercheries le crime ne serait pas grand. On ne se douterait pas après un tel récit que la ville d'Akhmim fut le théâtre des

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scènes les plus violentes qu'il y eut un massacre accompagné d'incendies, que le pillage suivit la destruction. C'est cependant ce qui eut lieu : le temple ruiné d'Akhmim est encore là pour l'attester et Schnoudi lui-même va nous fournir un témoignage inappréciable. « Qui de nous, dit-il dans un de ses sermons, n'a connu dans Akhmim cet homme ennemi et ses richesses : en sa présence Jésus les a dévastées et il l'a perdu lui-même après elles. Je parle de celui dont le nom serait une souillure, si je le prononçais ici. Je suis vraiment surpris de la colère qui est tombée sur ceux qui s'étaient faits les participants de son iniquité. On n'a plus entendu parler de lui et des autres, leurs ossements après leur massacre ont été jetés au vent. On les a brûlés vifs à cause des insolentes paroles qu'ils avaient prononcées au sujet de leur maître pour lequel il n^avait pas suffi de maudire les serviteurs du Christ, mais qui avait encore blasphémé le Christ, le maître des serviteurs. Mais il est enfin tombé dans ses mains, lui, ses serviteurs, et ses semblables. » ^

Il s'agit ici de Gésios, de cet ennemi par excellence qui avait blasphémé Jésus et nié sa divinité. On peut voir la vengeance qu'en tira Schnoudi. On peut aussi s'imaginer facilement quelle lutte dut avoir lieu dans la ville, avant que Schnoudi et ses moines aient eu le pouvoir de se porter à de telles extrémités. Le récit de Visa est bien pâle auprès

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