‹ Les moines égyptiensChapitre 3 sur 34 · PRÉFACE XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XIII

livre comme le font aujourd'hui les Arabes qui lisent des vers à haute voix ou récitent le Coran. Souvent quelqu'un agitait les cymbales ou des crotales, comme je l'ai vu faire dans un monastère. Cette manière de lire ressemble bien plutôt à un chant qu'à la lecture telle que nous la comprenons ; mais ce chant lui-même ne ressemble que de fort loin à notre chant européen : c'est une mélopée uniforme, nasillarde et sans secousse, ne donnant lieu à aucun de ces sauts subits de la voix qui ne manquent jamais d'exciter l'hilarité des Arabes ou des Coptes, lorsqu'ils sont à même de les entendre, et qu'ils regardent comme une parfaite barbarie.

Si la manière dont on lisait les œuvres coptes nous permet d'entrevoir le but cherché en nous montrant à quel genre littéraire elles peuvent se rapporter, la manière dont on les composait ne contredit point cette première vérité. L'écrivain copte ne se soucia jamais de la critique, il racontait ce qu'il avait vu, ce qu'on lui avait raconté, employant les ornements du style comme il le pouvait, modifiant à sa guise, croyant parfois qu'une autre phrase, ou même un autre tour de phrase, rendait mieux sa pensée et les ajoutant l'une à l'autre sans souci de ce qui précédait. De là vient qu'il est presque impossible de rencontrer deux manuscrits semblables, quand même le second a été copié sur le premier. De même lorsqu'un nouvel auteur composait quelque ouvrage, il en faisait entrer quelquefois de vive force un

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