‹ Les moines égyptiensChapitre 7 sur 34 · XX 11 PREFACE · texte numérisé non relu

XX 11 PREFACE

riîistoiredes faits m'a été d'un merveilleux secours pour l'exposition des idées. Ces idées au milieu des- (|uelles se mouvait l'Egypte chrétienne pendant les quatrième et cinquième siècles se manifesteront d'elles-mêmes dans la suite de cet ouvrage. Pour en arriver là, j'ai dû faire un usage presque égal des récits dépouillés ou revêtus de leurs ornements prestigieux. Le lecteur pourra dès lors voir par lui-même ce qu'il faut penser des œuvres et des idées. J'ai eu en outre le plus grand soin de marquer soit par le tour de ma phrase, soit par une ironie modérée, soit par des réflexions, (jue je n'ajoutais aucune foi aux circonstances merveilleuses rapportées par les auteurs^ coptes. J'ai crû de même devoir expliquer parfois comment s'était formée la légende : en certains faits on le voit facilement, dans d'autres au contraire il est assez diflicile d'en expliquer la genèse et la croissance. Il est résulté, je crois, de cette manière d'agir que nous avons une connaissance approfondie de la vie de ces monastères de la Thébaïde dont on a tant parlé sans les connaître. Je crois même que dans aucun cas la vie intime d'une communauté cénobitique, d'un ordre et aussi de toute une contrée, n'a été connue avec un pareil luxe de détails. C'est sous ce rapport que mon livre pourra être de quelque utilité à la science, à l'histoire, à la philosophie et à la religion.

Je désirerais vivement aussi qu'il fût utile aux descendants de cette forte race égyptienne, qu'il leur fit voir en quoi leurs pères ont été grands et

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faibles, en quoi il les faut imiter et en quoi il faut se garder de suivre leurs exemples. Hélas ! les descendants de ces chrétiens qui ont élevé à leurs pères, à leurs frères, à leurs amis, le monument grandiose de la littérature copte, ont désappris le chemin qui menait au temple. Viss Sion lugent! et presque personne ne se rend plus à ses solennités. Si quelques rares adorateurs se rappellent encore qu'autrefois, il y a de cela bien longtemps, avant la conquête barbare, le temple de Dieu était rempli de fidèles et le Seigneur exalté par ses serviteurs, ils n'ont plus la consolation de retrouver la voie suivie par leurs ancêtres^ et, pour adorer où leurs pères ont adoré, ils sont obligés de se faire au costume étranger dont on a revêtu les œuvres d'autrefois. Ils ne retrouvent plus parmi eux qu'un très petit nombre des témoignages de leur antique religion ; à peine si, sur le parcours de leur fleuve tant célébré, ils peuvent saisir quelque vestiges de Tancien temps, et si, aux questions de l'étranger qui leur demande des renseignements, ils peuvent répondre : « Nous ne savons pas ; autrefois il en était ainsi, nos livres nous le disaient, mais nous n'avons plus de livres. » Il faut en effet pour étudier les derniers vestiges de ce passé demander aux bibliothèques européennes de nous livrer les secrets que n'a pas su garder la terre qui les avait d'abord possédés. On pourrait s'imaginer de prime abord que les endroits autrefois illustrés par des hommes dont la vie a laissé de profondes traces dans la mémoire de leurs contemporains et de

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