DEUXIÈME CLASSE
LES
Nagent, comme les céphalopodes, dans les eaux de la mer, mais ne peuvent sy fixer ni y ramper faute de pieds. Leurs organes du mouvement ne consistent qu'en : . nageoires placées, comme des ailes, aux deux côtés de la bouche (*). On n’en connaît que de petites espèces et
en petit nombre, toutes hermaphrodites.
(1) M. de Blainville réunit mes Ptéro- particulier, sous le nom d’Aporobranches. podes et mes Gastéropodes en une seule Cet ordre est divisé en deux familles: les classe qu’il nomme Paracéphalophores, et il Thécosomes, qui ont une coquille, et les y place mes Ptéropodes, comme un ordre Gymnosomes, qui n’en ont pas.
(a) PL 15, 18.
LES CLIO (Czio. Lin. Crioxe. Pal.)
PL. 16. fig. 2.
Ont le corps oblong, membraneux, sans manteau, la tête formée de deux lobes arrondis, d'où sortent de petits tentacules; deux petites lèvres ce et une languette sur le devant de la bouche, et les nageoires re d’un réseau vasculaire qui tient lieu de branchies ; l'anus et l’orifice de la génération sont sous la branchie droite. Quelques-uns leur attribuent des yeux.
La masse des viscères ne remplit pas à beaucoup près l’enveloppe extérieure : l'estomac est large, l'intestin court, le foie volumineux.
L'espèce la plus célèbre (CZ0 Boreatis, L.)(*«) fourmille dans les mers du Nord, et fait, par son abondance, une pâture pour les baleines, quoique chaque individu ait à peine un pouce de long. (1)
Bruguière en a observé une plus grande, et non moins abondante, dans la mer des Indes; elle se distingue par sa couleur rose, sa queue échancrée, et son corps partagé en six lobes par des rainures. Encycl. Méth., pl. des Mollusques, pl. Lxxv, f. 1,2
(1) Le Clio borealis, de Pallas (Spicil., f. 9, 10), dont Gmelin fait autant d’es- X,pl.r,f. 18, 19), le Clio retusa de Fa- pèces différentes, ne paraissent que ce seul bricius (Faun. groen., L., 324), et le Clio et même animal.
limacina de Phips (Ellis, Zvoph., pl. 15,
(a) PL 16. fig. 2.
Il paraît qu’il faut également placer ici
LES CYMBULIES »E Péron,
PI. 16. fig. 1.
Qui ont une enveloppe cartilagineuse ou gélatineuse en forme de chaloupe ou plutôt de sabot, hérissée de petites pointes en séries longitudinales ; l’animal a deux grandes ailes à tissu vasculaire, qui sont ses branchies et ses nageoires, et entre elles, du côté ouvert, un troisième lobe plus petit à trois pointes; la bouche avec deux petits tentacules est entre les ailes, vers le côté fermé de la coquille, et au-dessus deux petits yeux et l’orifice de la génération, d’où sort une verge en forme de petite trompe. La transparence permet de distinguer le cœur, le cerveau et les viscères au travers des enve-
loppes. (1)
(x) Poyez Péron, Ann. Mus., XV, pl. m. contraire du véritable. Notre description f. 10-11. N. B. Dans la fig. de Cymbulie repose sur des observations récentes et rédonnée par M. de Blainv., Malac., xLv1, 3, pétées de M. Laurillard.
l'animal est mis dans la coquille en sens
LES PNEUMODERMES (PNEuMoDERMON. Cuv.)
PI. 17. fig. 1-2.
Commencent à s’écarter un peu plus des Clio. Ils ont le corps ovale, sans manteau et sans coquille, les branchies attachées à la surface, et formées de petits feuillets rangés sur deux ou trois lignes disposées en H à la partie opposée à la tête; les nageoires petites ; la bouche garnie de deux petites lèvres et deux faisceaux de nombreux tentacules, terminés chacun par un suçoir, a en dessous un petit lobe ou tentacule charnu. (1)
L’espèce connue (Pneumodermon Peronii(*), Cuv., Ann. du Mus., IV, pl. 59, et Péron, ib., XV, pl. 2) a été prise dans l'Océan par Péron. Elle n’a guère qu’un pouce de long.
(x) M. de Blainville avait pensé que les palogie avec les Clio aurait été encore plus nageoires portent le tissu branchial, et que grande, mais il est revenu depuis à ma mace que j'ai regardé comme des branchies est uière de voir (Malacol., p. 483).
une autre sorte de nageoires. En ce cas l’a-
(a) PL. 17. fig. 1, 2.
LES CLÉODORES, (cLEODORA. Péron.)
PI. 18. fig. x, 3, 4, 5.
Pour lesquelles Brown avait originairement créé le genre Clio, paraissent analogues aux hyales, par la simplicité de leurs ailes, et l'absence de tentacules entre elles; il est prebable que leurs ouïes sont aussi cachées dans le manteau; cependant leur coquille conique ou pyramidale n’est pas fendue sur les côtés.
M. Rang distingue les CLÉODORES propres, à coquille pyramidale, Les CRÉSÉIS, à coquiile conique, allongée, (1)
Les cuvIÉRIES, à coquille cylindrique,
Les PSYCHÉS, à coquille globuleuse,
Les EURYBIES, à coquille hémisphérique. (2)
(x) C’est probablement auprès des créséis, NN. B. Plusieurs ptéropodes ont été déet peut-être dans le même suus-genre qu'il couverts à l’état fossile. M. Rang a trouvé faut placer, selon MM. Rang et Audouin , dans les terrains de Bordeaux des hyales, le genre rrirrÈre, de MM. Quoy et Gai- des cléodores, la Cuviérie. Foyez Ann. des mard , que M. de Blainville rapporte à la Se. nat., août 1826. La vaginelle de Daudin famille des acères. est une créséis pour M. Rang; elle en a en
(2) Voyez les Mém. de M. Rang, Ann. effet tous les caractères.
Sc. nat., novembre 1827, et mars 1828.
LES LIMACINES
(Cuv.) PL. 16. fig. 3.
Doivent, d’après la description de Fabricius, avoir de grands rapports avec les pneumodermes ; mais leur corps se termine par une queue contournée en spirale, et se loge dans une coquille très mince, d’un tour et demi, ombiliquée d’un côté et aplatie de l’autre. L’animai se sert de sa coquille
- 2 ] L comme d'un bateau, et de ses ailes comme de rames quand
il veut nager à la surface de la mer.
L’espèce connue (Clio helicina de Phips et de Gmel. Argonauta arctica, Fabric., Faun. Groënl., 387) n’est guère moins abondante que le Clio boreat dans la mer Glaciale, et passe aussi pour un des principaux alimens de la baleine. (1)