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ORGANES DES SENS

Gour. — On prétend quele goût est localisé sur la papille appelée langue que nous avons signalée dans la cavité buccale, au-dessus de la radula.

Oporar. — L'odorat paraît résider dans deux petits euls-de-sacs placés sur la nuque de l'animal et n'ayant pas plus de 2 millimètres de profondeur. L'intérieur est tapissé par des cellules vibratiles entre lesquelles sont placées des cellules sensitives en forme de massues, avec un gros noyau, terminées à leur partie libre par un bâtonnet rigide, et en rapport par leur base avec une fibrille nerveuse émanant de ganglions olfactifs.

Oure. — Les otocystes sont placés à la face ventrale dans deux petites chambres creusées dans l'épaisseur du cartilage céphalique. Ce sont de petits sacs à parois internes garnies de proéminences, et renfermant un liquide, l'endolymphe, tenant en suspension une otolithe sphérique. On peut distinguer deux régions dans l'otocyste. L'une est située entre la paroi supérieure de la capsule : c’est la lame auditive; elle est formée de cellules cylindriques vibratiles auxquelles aboutissent les fibrilles du nerf auditif. L'autre partie, située au contraire contre la paroi inférieure de l'otocyste, est le bourrelet auditif. I porte une série de grandes cellules couvertes de cils vibratiles courts. Ces cellules sont aussi en rapport avec les fibrilles du nerf auditif. Partout ailleurs l’épithélium est pavimenteux.

Les otocystes servent évidemment à l'audition. M. Delage a montré qu'ils servaient en outre à diriger l’animal. Nous rapportons ses expériences sur le Poulpe. « Le Poulpe, comme on sait, nage peu; mais, lorsqu'il veut fuir, il est capable de se mouvoir avec une grande vitesse, grâce à un mode de locomotion très particulier. Il contracte brusquement son manteau, chasse l’eau par l’entonnoir, et est projeté en arrière par un effet de vol semblable à celui que met en évidence le tourniquet hydraulique. Dans ce mouvement un Poulpe intact suittoujours une trajectoire parfaitement rectiligne, et sa face ventrale reste constamment tournée en bas. Si on l’aveugle, en lui enlevant ses cristallins, la nage est plus lente, plus hésitante, mais elle reste rectiligne, et ne s'accompagne d'aucun mouvement de rotation. Si, respectant les yeux, on détruit les otocystes, l'animal ne peut plus conserver son orientation normale, en se lançant en arrière. Il tourne tantôt autour de son axe longitudinal, tantôt dans son plan de symétrie, jusqu'à amener souvent sa face ventrale en haut. [parcourt ainsi d'assez longs espaces, tantôt sur le dos, tantôt sur le côté, et ne retrouve son équilibre qu’en touchant le sol. Il peut cependant nager droit, à la condition d'aller très lentement. Mais si, en outre, on l’aveugle, il est complètement désorienté. Non seulement il tourne de la manière la plus variable en nageant, mais même en rampant il n'a plus conscience de sa situation, et fait une ou deux culbutes avant de retrouver sa situation normale. Il est impossible de ne pas remarquer une étroite ressemblance entre les phénomènes qui suivent l’ablation des otocystes et ceux que Flourens a obtenus, il y a un demi-siècle, en coupant les canaux demi-circulaires

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chez les pigeons et chez les lapins. Ces faits semblent confirmer, au nom de la physiologie comparée, l'assimilation établie entre les otocystes des Invertébrés et le labyrinthe des animaux supérieurs. »

Vue. — Les deux yeux latéraux des Seiches sont remarquables par leur volume et leur structure compliquée qui les rapprochent étroitement de ceux des Vertébrés, bien que leur mode de développement soit sensiblement différent.

L'œil (fig. 294) est enclavé dans un apophyse creuse du cartilage céphalique. Cette sorte de cavité orbitaire est tapissée en dedans par une fine

FiG. 294, — Seiche. Coupe schématique de l'œil. © orifice extérieur. € fausse cornée. Ca cartilage, ÆV nerf optique. G& ganglion optique. Se selérotique. / iris. P procès ciliaires. Æ rétine. Æ humeur aqueuse. P cristallin. 47 muscle. CG coussinets graisseux.

membrane qui enveloppe l'œil complètement, mais en devenant très mince et transparente en avant de l'œil, de manière à constituer une fausse cornée; celle-ci est percée d’un petit orifice qui permet à l’eau de mer ambiante de venir baigner le cristallin : l'humeur aqueuse n'existe donc pas.

L’œil proprement dit est suspendu dans cette cavité par des muscles et des coussinets graisseux. Il se compose d’abord d’une membrane épaisse, la sclérotique, qui en avant forme un iris. Sclérotique et iris sont tapissés par une membrane que son aspect chatoyant a fait nommer membrane argentine. L'iris est percé d’un orifice, la puptlle, qui a la forme d'un W. Il renferme des fibres musculaires lisses qui lui permettent de dilater ou de rétrécir la pupille. Un peu avant de former le cristallin, la selérotique forme un épaississement circulaire, une sorte de procès ciliaire, qui soutient un gros cristallin arrondi. Celui-ci n’est pas un organe unique. Il

est coupé en deux moitiés inégales par une lame conjonctive. Il est done formé de deux lentilles plano-convexes accolées par leur face plane, et dont la postérieure est plus bombée que l’autre. Celle-ci d'ailleurs a seule la structure concentrique habituelle du cristallin.

Entre le cristallin et la sclérotique est l'humeur vitrée. Quant à la rétine, elle tapisse toute la sclérotique. Il y a aussi une couche de pigment choroïdien. Les bâtonnets sont dirigés en avant, au lieu d’être dirigés en arrière, comme cela a lieu chez les Vertébrés.

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