‹ Les monastères bénédictins d'ItalieChapitre 13 sur 79 · BÉNÉDICTINE · texte numérisé non relu

BÉNÉDICTINE

i donnée a l'actifité intellectuelle des religieux de . — Le moine Marcus, saint Berthaire, Ercbempert et . —Travaux et voyages de Paul Diacre; ses relations avec agne.— Constantin l'Africain; Léon d'Ostie et sa chronique. ^Ussiae ▲matas; version en vieux français de sa chronique la- %t «r les conquêtes des Normands. — Poésies de Guaifre de Saule saints. — Alfano, ses homélies et ses compositions s et antres ouTrages de Pierre Diacre. — Trani de Irma par les moines copistes et enlumineurs. — Ma- . — Ecrivains anonymes.

Ab leur origine, comme nous l'avons vu, les monas- *ktt occidentaux avaient été des centres d'activité intahrineDe où les religieux donnaient à l'exercice de faprit le temps qui n'était pas consacré à la prière ou 4 travail des mains. Loin de réformer ces tendances des communautés monastiques, saint Benoit au contraire, par des prescriptions toutes spéciales, développer dans son ordre le noble amour de fttnde. Dans ce but, qui s'accordait avec la volonté de Wr toujours en éveil l'esprit de ses moines, il leur

avait ordonne des lectures publiques ou particulières, et chacun d'eux, pendant le carême, devait lire en en* tier l'un des livres de la bibliothèque1, qui, dès lors, ; renfermait les ouvrages pouvant satisfaire aux besoins de l'intelligence et du cœur. Mais bientôt on en mulli- fc plia les exemplaires, car les religieux étaient encouragés au travail de la transcription par un autre article de la Règle qui leur recommandait d'avoir les instruments nécessaires pour écrire, tels qu'un poinçon et des tablettes, graphium et tabulx. Plus tard, il arriva même que la transcription des manuscrits devint la seule occupation manuelle des moines bénédictins qui, en évitant ainsi l'oisiveté, se conformèrent plus à l'esprit qu'à la lettre de leur Règle. Devenus alors possesseurs de i terres immenses, ces infatigables pionniers du rieux monde quittèrent le boyau pour défricher exdusiiement le domaine de l'intelligence, et ce changement fut, sinon prescrit, du moins toléré par les réformateurs de Tordre, comme satisfaisant à tout en méflfc temps1.

Conformément aux préceptes qu'ils avaient reçtt*i les premiers disciples de saint Benoit, Marcus, Faustu* et Sébastien, s'appliquèrent aux travaux littéraires,^ laissèrent quelques écrits sur la vie et les œuvres du pieux fondateur d,e l'abbaye. Auteur d'un poème da0s lequel il célèbre l'arrivée de saint Benoit au mont Cassin, et décrit avec soin le lieu où il établit son monastère, Marcus est cité par Paul Diacre, dans son ouvrag6

1 In quibus diebus Quadrageshme, accipiant omnes singulos codfc*5* de Dibliotheca, quos per ordincm ex integro legant. — S. Bened , ht0*

c. XL VIII.

* Thoinassin, Discipl. eecléi., part. IV.

3s éloges que lui décerne son biographe. Le délanque pas d'une certaine élévation en rapport grandeur du sujet, et le triomphe remporté t Benoit sur les vaines idoles du paganisme est des vers dont la facture est remarquable pour le siècle1. En rappelant avec quelle ardeur perde pieux cénobites vinrent bientôt peupler la duMont-Cassin, le poêle, qui confesse humbleavoir voulu expier ses fautes, constate aussi i sont difficiles les premiers pas à faire dans ït rude sentier de la pénitence. Lorsqu'il parle de la transformation que le travail intelligent Des fit subir à un sol aride et inculte, son style, l plus souple, plus fleuri, semble s'épanouir lie terre surprise de sa propre fécondité, et 1 laisse voir çà et là quelques réminiscences tées à Virgile*.

jons pas étonnés dételles réminiscences, caria tontagne qu'il chante dans ses vers, n'était pas nt consacrée, à ses yeux, par le séjour et les mi-

Geca profanâtes coleret dum turba figuras.

Et minibus factos crederet esse Dcos.

Tcnpb ruinosis hic olim struxerat aris

Quis dabat obscœno sacra cruenta Jovi.

racles du patriarche des moines d'Occident. Aux souvenirs dune légende encore toute récente se mêlaient ceux dune époque plus ancienne, qu'il ne craignait jjis daller chercher parmi les plus beaux temps de la littérature lalinc. Une tradition locale rapportait que Terentius Vnrron avait habité autrefois le mont Cassin, et que la magnifique demeure qu'il y possédait était devenue, par ses soins, un centre de hautes éludes. Eo acceptant l'héritage du plus savant des Romains, les fils de saint Benoit ne s'alarmaient nullement du fardeau d'une succession qu'ils trouvaient plus glorieuse que . pesante. Aussi le chroniqueur de l'abbaye est-il fier de : pouvoir dire qu'à l'époque où la puissance romaine „ brillait de loule sa splendeur, « la cime élevée du mont a Cassin était comme une forteresse au sommet de h- * quelle s'était retranchée la science philosophique, reflet « lumineux de l'éternelle sagesse. l » L'exemple qu'avaient S donné les premiers bénédictins est suivi par plusieurs religieux qui, dans le cours du septième et du huitième siècle, composent des homélies, des éloges de sainte, . des traités de grammaire et de théologie, ouvrages qui, avec les légendes et les chroniques contemporaine* forment dans toute la chrétienté le fonds de la littéflturc monastique.

Au nombre des moines érudits qui se rattachent à b première période de l'histoire du Mont-Cassin, il fant distinguer Autpert, Théophane et saint Berthaire, auteur de YAnticimenon, faussement attribué par quelques critiques à Julien de Tolède. C'est d'après le double témoignage de Léon d'Ostie et de Pierre Diacre que l'A»-

1 Pclrî Diac. Chron. Cassin.

roîque. Outre l'affirmation contenue dans sa îe, Léon d'Ostie ajoute que cet ouvrage se trouservé de son temps, c'est-à-dire au onzième i la bibliothèque de l'abbaye. Or, le précieux s archives du Mont-Cassin possède encore deux ires manuscrits de YAnticimenon, écrits en ca-

lombards et remontant au neuvième siècle, )ù vivait l'abbé Berthaire. Le plus petit de ces ires porte pour titre : S. Bertarii Quisitiones in novum Testamentum. Sur la première page on distiques composés en l'honneur de Berthaire, ks de l'un d'eux a fait croire à Mabillon que cet tait pas l'auteur de l'ouvrage, mais qu'il avait nt pris soin d'en ordonner la transcription. rapide examen de ce manuscrit, le savant bé- , pressé par le temps, n'a pas vu que l'inscri-

vers est postérieure de deux siècles au moins ; de Pouvragc, et que le moine qui l'y a ajoutée ignorer quelle part plus ou moins directe Bervait prise à la composition de YAnticimenon. •s, la prière adressée au lecteur dans cette même on ne semble-t-elle pas indiquer que le pieux ait un acte plus important, plus méritoire, que

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Parmi les auteurs ses contemporains on trouve en core Erchempert ! et Ilildéric, dont l'abbaye conserve dans ses archives une grammaire inédite, et des vers fort curieux sur le célèbre Paul Diacre qui, à celle même époque, fut la vraie gloire littéraire de l'ordre bénédictin. Paul Wamefridc, plus connu sous le nom de Paul Diacre, était Lombard de nation, et après avoir rempli avec honneur les fondions de chancelier auprès du roi Didier, il s'était fait moine au Mont-Cassin. Quand Charlemagne vint à Rome, l'cx-chancelier du prince lombard lui présenta, sous forme d'élégie, une demande en grâce pour l'un de ses frères qui, après la chute de Didier, avait été emmené prisonnier en France. Charmé des talents poétiques du religieux bénédictin, le prince frank l'attira pour quelque temps à sa cour d'Aix-la-Chapelle, et Pierre de Pise y célébra son arrivée dans des vers pompeux où il le compare à Homère le Grec et à Virgile le Latin.

Pour expliquer ces éloges hyperboliques, il faut rappeler que Paul Diacre avait été chargé, pendant son séjour en France, d'enseigner le grec aux élèves qui devaient accompagner à Conslantinople la princesse Rotrude, fille de Charlemagne, et alors fiancée au jeune empereur Constantin VI. Ce fut à cette occasion que Pierre dePise lui écrivit, au nom du roi des Franks, une épitre où le prince lui adresse à l'avance des rcmerciments pour ses bons soins. Dans sa réponse, Paul Diacre repousse

< Erchempert composa une chronique du royaume des Lombards, qu'on peut regarder comme une continuation de l'ouvrage de Paul Dfecre, et qui, commençant à l'an 774, finit ù l'an 888. Publiée en 1636, par Antoine Cararcioli, cette chronique a été réimprimée par Pellegrini dans son Historia principum Ijongobardorum, et Muratori Ta insérée également dans le recueil Rerum Italie. Script ores.

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