‹ Les monastères bénédictins d'ItalieChapitre 14 sur 79 · DANS USE ABBAYE BÉNÉDICTINE · texte numérisé non relu

DANS USE ABBAYE BÉNÉDICTINE

des louanges que sa modestie, d accord avec la vérité, le lui permet pas de recevoir sans protestation. Il semble même ne pas vouloir qu'on suppose qu'il ait donné a l'étude des auteurs païens plus de temps et d'ardeur qu'il ne conviendrait à un homme d'église. Quoi qu'il «soit, son enseignement sur la langue grecque n'eut ps le but pratique qu'on en attendait, puisqu'on 789 fat rompue l'union projetée entre Rotrude et le jeune hpereur, dont la fin tragique devait avoir pour cause Pambition de sa mère Irène.

Vers le même temps et sur la demande d'Angelrad, MquedeMetz, Paul Diacre écrivit l'histoire de évoques fccette ville; puis ayant obtenu la grâce de son frère, . et osé de son crédit pour adoucir le sort de ses malheuftnx compatriotes retenus en captivité, il crut par là tt mission terminée en France. 11 repassa donc les Alpes pour rentrer dans son monastère d'où il continua toujours, comme nous l'avons vu précédemment, d'entretenir avec Charlemagne les relations les plus intimes. Ses nombreuses lettres adressées à l'Empereur ont été malheureusement perdues pour la plupart; mais son activité intellectuelle nous est attestée par son histoire deslombards, un recueil de fragments historiques, plusieurs Vies de saints et des poésies religieuses au nom- Ire desquelles on distingue l'hymne Ut queant Iaxis. A «s différents titres littéraires de Paul Diacre, il faut joindre encore l'exposition de la règle de Saint-Benoit, ouvrage conservé dans le précieux manuscrit dont nous avons déjà parlé !, et enfin son Homêliaire.

L'Homéliaire de Paul Diacre, loin de lui être contesté,

1 foir la fin du cliap. V.

comme l'ouvrage précédent, reçut, au contraire, du vi- Tant même de l'auteur, la consécration la plus éclatante qu'un livre puisse obtenir. Par Tordre exprès de Chartemagne, ce recueil d'homélies fut copié à un certain nombre d'exemplaires sous la direction d'Alcuin, éditeur officiel de la librairie impériale, et ami intime (ta religieux du Mont-Cassin. Afin de donner plus de lustre à l'œuvre de ce simple moine, et d'en relever la val» religieuse et littéraire aux yeux de ses contemporains, le restaurateur delà civilisation romaine voulut faire précéder l'Homéliaire d'une lettre qui en recommandât particulièrement la lecture aux fidèles et aux amateurs •de la bonne latinité. 11 n'est pas sans intérêt pour nom de voir en quels termes Charles, s'intitulant alors roi des Franks, des Lombards, et patrice des Romains, pat l'aide de Dieu tout-puissant, s'adresse à ceux de ses sujets que leur zèle pieux portera à lire ce recueil d'komélies.

« Ayant la ferme volonté, dit-il après quelques lignes de préambule, que la situation de nos églises s'améliort déplus en plus, nous nous efforçons, par un soin continuel, de relever la culture des lettres que la négligence de nos ancêtres a laissé tomber presque compte" tement, et nous tâchons d'exciter par notre propre exemple tous ceux que nous pouvons porter à l'étude des livres sacrés. Déjà les textes de l'Ancien et du Nouveau Testament, que l'ignorance des copistes avait si malheureusement altérés, ont été soumis, grâce à Dieu qui nous assiste en toutes choses, à une révision et à une correction sévères. Animé du désir de suivre aussi les traces de notre père Pépin, dont la mémoire nous est si vénérée, et qui a introduit dans toutes les Églises des

?t toutes hérissées de fautes grossières, ont été lîtes surtout dans l'office nocturne, nous souftendantles solennités religieuses, d'entendre rees sons inharmonieux des solécismes. C'est pourlyant conçu la pensée de réformer les textes eux de ces mêmes leçons, nous avons confié à acre, qui est admis dans notre familiarité, le soin iplir cette œuvre de correction. Après avoir parafée un zèle studieux les différents écrits des e l'Église, il devait, selon nos désirs, y moissonâme dans une prairie fertile les fleurs les plus tes, et former une sorte de guirlande des passai lui sembleraient les meilleurs. S'empressant aux vœux de notre altesse, il a relu les traités, ours et les homélies des Pères, en a extrait les les plus excellentes pour en composer deux vo- [u'il nous a présentés, et qui renferment une série ns divisées par ordre, exemptes de fautes et s'apit à chacune des fêtes de Tannée. Comme le texte leçons a été soumis par nous à un scrupuleux i, nous l'approuvons de toute la force de notre i, et nous nous adressons à votre piété pour vous mmander la lecture dans les églises du Christ l.»

Ttii I.A SCIENCE ET LES LETTRES

Montesquieu, dans son Esprit des lois, admire le vainqueur des Saxons et des Lombards distribuant à ses sujets les dépouilles du monde qu'il a soumis, et prescrivant en même temps la vente des œufs de ses bassescours et des herbes inutiles de ses jardins. En conservant à la postérité la lettre précédente, l'histoire ne doit pas moins louer le génie du fier Germain qui, après avoir lait recueillir les chants nationaux de sa patrie, prenait souci de la langue latine, frémissait à l'audition d'un solécisme, et tentait de rendre à l'idiome de Cicéron et de saint Augustin la pureté qu'il avait perdue. Pour mieux comprendre encore la valeur du document qui sert comme de préface à THoméliaire de Paul Diacre, il faut le rapprocher d'une autre lettre peu connue, écrite k Chnrlemague par le religieux du Monl-Cassin. Celui-ci désirant, comme il le dit au prince, augmenter d'un nouvel ouvrage la bibliothèque royale, lui avoue modestement qu'au lieu de tirer ce livre de son propre fonds, (jui n'est pas riche, il a dû l'emprunter à un trésor étranger. Il a donc entrepris de réduire à de simples proportions l'immense ouvrage de Pompéius Festus,ce Romain si érudit qui, pour expliquer le sens des mots et des choses, ainsi que les origines cachées de certaines expressions, avait étendu son ouvrage jusqu'à vingt volumes1. « Je vais donc offrir à Votre Altesse, ajoute

religieux du Monl-Cassin fit hommage û Charleraagne. Il en donne pour prouve la dédicace en vers placée sur ce manuscrit, et qu'on ne peut attribuer qu'à Paul Diacre ^adressant lui-même au roi des Franks.

1 Sextus Pompéius Festus, célèbre philologue qui (tarissait vers Je \e siècle, se lit l'abréviateur du grand ouvrage de Varius Flaccus, intitulé lie Yerborum siffnifîcalione. IHen qu'il ne soit qu'un abrégé, le travail de Pompéius Fret us est fort étendu, et après avoir été publié à Milan, in-folio, en 1471. son livre fut réimprimé à Paris, en 1681, par les soins de Darier

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