‹ Les monastères bénédictins d'ItalieChapitre 16 sur 79 · DA>S USE ABBAYE BÉNÉDICTINE · texte numérisé non relu

DA>S USE ABBAYE BÉNÉDICTINE

Si nous revenons maintenant vers l'abbaye du Montùssin, nous voyons au neuvième siècle, l'influence et lactiritè intellectuelle de Paul Diacre revivre dans les ■aines qui se font gloire d'êlre ses disciples. L'école tnventuelle que leur maître y dirigeait avec tant de accès ne donnait pas la nourriture de l'esprit seulement aux religieux du monastère; mais elle recevait un grand nombre de clercs que les évêques de l'Italie méridionale y envoyaient puiser une saine et forte instructm. Parmi les moines formés à cette école, nous avons Ajk nommé Théophane, qui célébra en vers les vertus le la Vierge et l'arrivée de saint Benoit au Mont-Cassin, etlildéric, autre poêle érudit, que son mérite lit élever, «854, au siège abbatial. Plein de gratitude pour celai qui avait développé son intelligence, Hildéric composa sous forme d epitaphe un poëme à l'éloge de Paul Micre. Sauf quelques exagérations de style inspirées pwun sentiment de reconnaissance, ce petit poëme en vers acrostiches complète, par des traits indispensables, h biographie du correspondant de Charlemagne. Le re- Içeux du Mont-Cassin rappelle d'abord l'illustre originede son maitre qui, sorti d'une race aussi renom -

béftire le Grand a paru dans le tome l" des Acla mnclorum ord. S. Dcu4. de Xabilloo. Quant aux Homélies, elles furent imprimées à Baie a \¥&tetdeux sermons ont pris place dans le tome ix de Y Amplissima *Bedio de dora Martène. Enfin, les œuvres complètes de Paul Diacre ont éfé réunies dans le tome xcv de la Pathologie i.atixe, publiée par lifté ligne.

jie qui aumira loujours en lui un sincère amour wûx, une patience à toute épreuve, une simplisme de bonne grâce, et toutes les qualités d'un Je moine. »

le sait pas précisément l'époque de la conver- 5 Paul Diacre,' que la chronique de Léon d'Ostie près la mort du duc Arigise II. Mais on doit pluire, avec le P. Mabillon, qu'elle est antérieure vénement. et que le savant religieux était déjà quelque temps au Mont-Cassin, quand Charle- , revenant de son expédition contre le duc de nt, visita l'abbaye. Quoi qu'il en soit, au fond solitude, l'ex-favori des princes lombards resta in souvenir de ses bienfaiteurs et au culte de ie vaincue, mais toujours vivante dans sa pentissi voulut-il en écrire l'histoire, sinon pour une défaite devenue irréparable, au moins pour 1er glorieusement les annales de sa nation. Malrelations avec Charlemagne, il n'oublia pas plus lidier expiant ses fautes et sa chute dans une k lointaine, que le duc Arigise survivant d'un peine à la mort de son fils Romuald. En appredouble perle qui venait de frapper et la veuve de Bénévent, et son second fils, alors retenu otage en France, le cœur du moine s'émut de

gloire, il sut en trouver d autres pour ses douleurs. Parmi les fragments poétiques composés par Paul Diacre et qui ont échappé à la destruction, il en est un qu'on trouve empreint d'une sensibilité vraie et d'une élégance de forme assez remarquable, si l'on se reporte à la fin du huitième siècle. C'est l'épitaphe en vers du duc Arigise, écrite dans l'intention fort louable de plaindre et de consoler sa femme Adelperga. Non moins lettrée qu'Arigisc, dont le savoir avait embrassé les trois branches de la philosophie ancienne, cette princesse, ainsi que le dit Paul Diacre dans une lettre qu'il lui adresse, appliquait elle-même l'ingénieuse sagacité de son esprit à méditer les écrits des sages. On comprend donc la nature des rapports tout li Itéra ires qui unissaient Adelperga et le moine du Mont-Cassin. Elle suffit à expliquer également le lèle pieux qu'il mit à composer l'épitaphe dont nous traduisons ici quelques distiques, pour achever de faire ' connaître par son côté poétique et moral le caractère du principal historien des Lombards.

Après avoir peint d'abord la douleur des peuples d'Arigise venant arroser de leurs larmes la terre où repose la noble dépouille de leur souverain, le poète ajoute que, pour célébrer dignement son héros, il faudrait ou 1a bouche éloquente de Cicéron, ou la langue harmonieuse de Virgile. S'adressant ensuite au prince défunt dont il rappelle la souche illustre et les éminentes qualités, il dit en parlant de sa veuve : « Si heureuse autrefois, elle est maintenant la plus infortunée des épouses, celle à qui l'amour fit partager ta couche royale. Hélas! le cœur percé d'un glaive à jamais cruel, clle^ ne traîne plus qu'un corps languissant et dans la vio —

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