DAWS UHB ABBAYE BÉNÉDICTINE
le ses regrets elle semble prête à mourir. Déjà ait vu les tristes funérailles de l'un de ses fils, itre, tu le retiens, ô Gaule, dans un dur exil, reste heureusement deux filles à la fleur de leur er âge : elles sont la consolation de sa douleur bjet de sa craintive sollicitude. En les voyant, roit qu'un visage bien-aimé lui est rendu, et l'ami de son âme lui fait craindre qu'elles ne deent aussi la proie de la mort1. »
adîs que l'histoire, la poésie et la science hagiolique sont cultivées au Mont-Cassin, on voit s'y suivre aussi, dans le cours du neuvième siècle, le A de transcription, œuvre patiente et méritoire qui ene d'une ruine inévitable les plus belles produci de la littérature sacrée et profane. De cette époque inde encore dans les archives de l'abbaye une hisîdeZozhne et de Théodoret, un bel exemplaire de
ilogentum lacrymis populorum roscida tellua
Principis Usée magni nobile corpus habet. Hic namque in cunctis recubans celeberrinus heros,
Prepollens Arichis, oh! decus atque dolor. Taillas ore potens cujus vix pangere laudes
Utdignuru estposset, vel tua lingua, Maro. Tarn felix olim, nunc namque miserrima, conjux
Begali in thalamo quam tibi junxit amor : Kheal perpetuo pectus transfixa mucrone,
Uoguida roembra trahens, te, rooribunda, dolet. îicfent unius, heu ! nuper pia funera nati;
Astaliuraextorrem, Galliadura, tenes.
Baie geminse natae vernanti flore supersunt,
Sobmenque roali, sollicitusque timor.
Bas cernens reddi vultus sibi crédit amatos ; Bec ne prseda fiant, fluctuabunda pave t.
^Wmedont Mabillon, dans les Annales bénédictines, ne cite qu'un ^W fragment, a été publié et annoté par M. Pertx avec le ****SMkTnit<mum. — Cl Monum. Gert». hist. Script., tome III.
saint Augustin et de. plusieurs autres Pères de l'Église. Au commencement du dixième siècle, l'abbé Théobald donne, sous ce rapport, une nouvelle impulsion à l'activité de ses religieux. Mon content d'avoir fait décorer de peintures deux chapelles élevées par lui à saint Sévère et à saint Nicolas, et d'avoir entouré l'atrium précédant l'église de l'abbaye, de murailles flanquéesdetoon, il voulut enrichir la bibliothèque de nouveaux manascrils l. Mais c'est particulièrement dans la période sauvante et sous l'administration de Didier que le mouve» ment littéraire se continue avec succès, et que ks chefs-d'œuvre de l'antiquité sont soigneusement étadiés et transcrits par les religieux. Bientôt la bibliothèque, reconstruite à côté de la nouvelle église, franchit des ouvrages de Virgile, d'Horace, de Téreneed de Cicéron, auxquels s'ajoutèrent ensuite les Inslituitf et les Novelles de Juslinien, ainsi que des histoires klines et des chroniques du moyen âge. Didier lui-mêse donnait l'exemple de la plus grande activité intellec- ' tuelle. À quarante ans il se mit à étudier les lettres A la musique avec ardeur, et composa plusieurs livressor les miracles accomplis au Mont-Cassin, ainsi que te chant de l'office de saint Maur. Par son influence, h célèbre école de l'abbaye, qui avait commencé à refleurir sous l'abbé Théobald, atteignit ù cette époque son plus haut point de prospérité, sans que la culture de 11
1 La liste des ouvrages dont il ordonna la transcription nous a # . conservée. Nous y voyons figurer notamment les Homélie* et les A* raies du saint Grégoire le Grand, les Commentaire* sur les psaume» d la Cité de Dieu de révoque d'llip;>one, les Etymologiez dé Rabin ïi*. l'histoire des Itomains, celle des Lombards, le recueil «'es et*»** les dicr et s des souverains pont if s, le martyrologe de saint iïrittt\k Pontifical romain et deux livres de ch a ur renfermant des hjm:i^Ptvr la psalmodie.
DA3CS UitB ABBAYE BÉNÉDICTINE. 571
luisît en rien à la religieuse observation de la lors le Mont-Cassin était l'asile où les esprits distingués de l'Italie méridionale venaient - le repos et les lumières dont ils avaient be- » lettres profanes et sacrées, la poésie latine du ige, l'histoire revêtant la forme intéressante des nés, enfin les sciences physiques et médicales y pendant cette période, les plus dignes repré-
ons-nous un instant sur trois de ces person- ?'est-à-dire Constantin l'Africain, Léon d'Ostic us de Salerne. Le premier, originaire de Cartarcourut tour à tour l'Egypte, l'Asie Mineure *, dans le but de recueillir des connaissances nédecine, les mathématiques et les sciences tes et naturelles. Son profond savoir, qui étonna le, le fit passer, comme il arrivait souvent alors, i magicien ayant commerce avec les esprits in- . Revenu en Europe, Constantin s'arrêta dans méridionale où il devint secrétaire de Robert 1, selon le témoignage de Lambecius1, et comme ouve encore la preuve dans un manuscrit grée friiothèque Laurenticnne, indiqué au catalogue liai*. Il se rendit ensuite à Salerne, illustra par ce la célèbre école de médecine établie en celte vint enfin se faire moine au Mont-Cassin, où il une grande faveur auprès de l'abbé Didier. tin y laissa un grand nombre de traités sur la le et l'hygiène, des traductions de livres arabes uc latine, et ses ouvrages, publiés à Baie en
ec., Comment, de Bihliot. Cxtar.
, Cm tel. USS. Grxc. bibl. Laurent., vol. 3, p. 121.
57* Là SCIENCE ET LES LETTRES
1556, nous expliquent le tilre de Xouvel Hippocratcqa'iï' reçut de ses contemporains l. Les disciples qu'il forint parmi les moines de l'abbaye contribuèrent pour beaucoup, comme l'affirme Giannone, à étendre la réputation de l'école de Salerne, et au nombre d& ces savante moines, il faut citer Auon, qui traduisit en latin ph» sieurs ouvrages de son maître, et fut chapelain de l'impératrice Agnès.
Regardé avec raison comme l'un des plus célétat chroniqueurs de l'histoire de l'Italie au moyen âge, Léon d'Ostie, connu aussi sous le nom de Léo Marsictnus, fut moine de l'abbaye du Mont-Cassin, avant d'être nommé cardinal et évéque d'Ostie. On sait qu'il était né au pays des Marses, d'où lui vint le nom de M*r* conus; mais on ignore quelle était sa famille, anaé bien que l'époque de sa naissance. Jeune enfant, 3fut, selon un usage assez fréquent dans un siècle religieux, présenté comme oblat à l'abbé du monastère, et admis à l'école qui en dépendait, il y fit le ooui complet de ses éludes avant de prendre l'habit dcsaial llcnoit. Appréciant son instruction et son goût tout par-' ticulier pour les recherches historiques, l'abbé Odérise lui confia le soin décrire la chronique du Mont-Cassâo, et plus tard, le pape Pascal H, jaloux de récompenserson mérite, le créa cardinal et l'appela auprès de lui, a Rome, où nous le voyons siéger au concile de Latran. En se mettant à l'œuvre, pour répondre au désir de son supérieur, Léon d'Ostie ne se dissimula point les difficultés d'une entreprise qu'Alfano lui-même
1 H. le Dr Daremberg, dont on connaît les intéressantes études touchant l'histoire de la science médicale au moyen âge, a écrit, sur Constantin l'Africain, des pages qui méritent d'être consultées.
»mment sur les papes et les Empereurs par les \ moines qui l'avaient précédé.
i le prologue de son livre, l'auteur avoue humtt que ce fut pour lui un rude et difficile ouvrage ipulser les diplômes, privilèges, bulles, donat autres actes provenant des souverains, biens du monastère, car ces documents avaient beaumflert de l'incendie et de la destruction du Mont- La chronique de Léon d'Ostie, qui commence int Benoît et s'étend jusqu'à l'administration de est divisée en trois livres. On rappelle ordinaila petite chronique pour la distinguer de la que composa Pierre Diacre, lequel ajouta trente es à l'œuvre de son prédécesseur, et en outre tin quatrième livre dont le récit ne s'arrête qu'à de Tanti-pape Anaclet. La chronique de Léon nous offre un double intérêt, en ce sens, qu'arir raconté les faits relatifs à l'abbaye du Montle narrateur sort souvent de l'étroite enceinte dotlre, pour exposer des événements se rapporhistoire politique de l'Italie, et qui eussent été tus sans le soin qu'il prit de les relever. Par là il nérité, non seulement de l'illustre communauté fut membre et de l'Église romaine qu'il honora mérite, mais aussi de la patrie italienne dont il
Après Léon .d'Ostic, Amalus deSalernc est non moins digne d'être mentionné pqrmi les chroniqueurs natio-? naux, pour son Histoire des Normands dans l'Italie mé^ ridionale. Avant la découverte de cette chronique, traduite du latin en français du treizième siècle, décou-f verte faite à la bibliothèque impériale de Paris, il n'avait été possible de rien préciser sur l'origine et la patrie de cet écrivain. De ce fait, qu'un prélat du nom d'Anuh tus avait été évéque d'Oloron, puis archevêque deBor* deaux, Baluze avait conclu que l'auteur de l'Histoire des Normands était français, et à cette opinion, qoo Mabillon lui-même avait adoptée, s'étaient ralliés te' bénédictins de saint Maur, qui travaillèrent à l'histoire littéraire de France1. Quelque graves que fussent de telles autorités, elles durent céder devant un passage de la version française, trouvée et publiée par M. Cham» pollion Figeac, et qui établissait positivement qu'An* tus était de Salcrnc. Quant à l'époque où il écrivit son» jj
religieux lnmédictin de cette ville, nommé Laurent Vincenlino; m» cette édition n'est pas conforme au texte primitif. En 1605, Jacqiw Bruel, moine de Saint-Germain-des-Prés, donna une. seconde éditn des deux chroniques, exactement semblable à la première, qui fol {g** lcment reproduite en 1016, dans une troisième édition faite à Fipk» par le Iténédictin espagnol Laureto. Il y avait pourtant à la dispaiW» de ce dernier éditeur des exemplaires manuscrits de la chronique de Léon d'Ostic, conservés à la bibliothèque du Mont-Cassin, ctdontlepto petit, en caractères lombards du xr siècle, est sinon autographe, ty moins contemporain de l'auteur. C'est d'après ces deux exemplaire que l'abbé Angolo délia Noce publia une nouvelle édition imprimée if Paris, et cpii, cette fois, lit connaître le véritable texte de Léon d'Ostic ; seulement, au lieu de se borner à élucider certaines parties dece texte par des notes explicatives, le savant éditeur a eu le tort de se1 lancer dans des digressions étrangères au sujet, et où il oublie trop!* chronique jioiir faire preuve d'érudition. l)e nos jours, les aunes complètes de Léon d'Ostie, comme celles de l'aul Diacre, ont étéréiiH primées dans la collection publiée par l'abl>é Migne.
* Haluze, Miscellattées, liv. II. — 1/»/. lin. de France, twn. IX. p. 220.
DAKS USE ABBAYE BÉKÉDICTINK. 375
outrage, on doit supposer que ce fut avant Tannée
1086, puisqu'il dédia ce livre à l'abbé Didier, avant
que celui-ci ne fût élevé au siège pontifical, avènement
fn eut lieu en cette même année. Comme tous les rc-1
Kfieiii qui vécurent sous son administration, Amatus
rail autant d'affection que de respect pour le pieux
ibbè du Mont-Cassin. Aussi, dans un passage de son
foc, il exprime le vœu ardent d'être rappelé à Dieu
mot son supérieur, afin de pouvoir, à son dernier
jnr, recevoir de lui la suprême absolution.
En témoignage des sentiments qui l'unissaient à hbbé Didier, il voulut lui faire hommage de son tuvre, ainsi qu'on le voit par une dédicace rappelant kbngue de Yillehardouin et de Joinville. On aime à braver dans cette dédicace les souvenirs de l'antiquité profane mêlés aux traditions de l'antiquité sacrée, le •ton de Cyrus le Grand rapproché de celui du pro^ phéte Isaïc et les conquêtes du roi de Perse comparées *oi exploits des chevaliers normands dont les merveilleux faits d'armes constituent une véritable épopée. Après l'envoi de son ouvrage à l'abbé Didier, et un tribut payé à la mémoire de Paul Diacre, « moync de de cet monastier dont je sui, » dit le chroniqueur, le bon religieux adresse à Dieu d'où émane toute lumière, une touchante invocation semblable à celles qui précèdent les poèmes des temps antiques. Après avoir l'orliOù son esprit par cet appel aux inspirations d'en haut, le chroniqueur entre dans le récit des (ails, et raconte l'histoire des Normands depuis les premières invasions de ces peuples dans les diverses parties de l'Europe jusqu'à la mort de Richard, prince de Capoue, arrivée en 1078. L'ouvrage entier est divisé en huit
livres dont chacun se subdivise en plusieurs chapitres précédés d'un court sommaire des événements. la science historique regrette avec raison le teste latin et original d'Amatus ; mais cette perte a été heureusement compensée par la publication du texte en vieux français donnée en 1835 '.
Parmi les noms qui eurent alors le plus de renommée au Ifont-Cassin, il faut surtout placer ceux à Guaifre et d'Àlfano, dont la critique moderne ne doit pas dédaigner les poésies, à .cause de l'intérêt de circonstance qui souvent s'y rattache. Le premier, surnommé par ses contemporains la Fleur de Sagas*» alla finir ses jours dans le monastère qu'il illustra, selon le témoignage d'un chroniqueur, par sa piété, k grandeur de son esprit et le charme de son éloquence. Ses ouvrages se composent de la vie de deux saints» d'homélies et de plusieurs poèmes, dont l'un, consacré
1 Outre la chronique dont il Tient d'être parlé, Léon d'Ortie A Pierre Diacre attribuent encore au moine Amatus la composition *• poème sur les Actes des apôtres saint Pierre et saint Paul, et que l'a»teur adressa au pape Grégoire VII. Longtemps on crut qu'il était perte mais le PèreBeccheti, dominicain, et continuateur de V Histoire ecekh tiastique commencée par 16 cardinal Orsi, en découvrit un rxemptairt dans la bibliothèque du monastère cistercien de San Salvadore, à Sologne. Ce poème, intitulé de iMwHbu* SS. Pehri et Pili, et ooa> posé en vers léonins, est divisé en quatre livres. A côté des défsati de l'époque et de nombreuses incorrections accompagnées d'une certaine recherche dans le choix des rimes, des figures et des antithèses, on y trouve parfois une inspiration vraie, des vers fortement touches et des effets naturellement produits par tout ce qui porte l'empreinte d'une conviction sincère et profonde.
» de saint Martin, doit aussi nous attacher, à cause du mérite de la difficulté vaincue que |u'on aime à voir glorifier si loin, au delà des la légende merveilleuse de l'un des patrons de la
oête commence par une invocation à celui qu'il ; il le nomme la « perle des pontifes, » et le suplui inspirer des cantiques qui soient dignes de Partout, s'écrie-t-il, on célèbre la gloire de tes nés triomphes, car tu brilles au premier rang Ures de la foi1. » L'éloge de saint Secondin est le 'un poëmc à peu près semblable et d'une hisigendaire écrite en prose, où l'auteur trace la tkm de l'ancienne Troie qu'il fait revivre dans la 5 Troja, dont saint Secondin fut évoque. Cette lion, remarquable par l'élévation du style, nous comment les grandes traditions de l'antiquité le venaient, au fond des cloîtres, se mêler à celles fen âge. Rattachant ainsi les siècles héroïques ops barbares, elles rendaient à l'humanité ses A aux peuples toute une longue série d'aïeux. ne glorieuse solidarité dont on aime à retrouver la trace dans la pièce où Guaifre de Salerne nous
nant visiter le monastère de Saint-Michel, au mont Gargano, ne pouvaient s'empêcher de jeter des regardf d'admiration et de convoitise sur le beau pays dont ils devaient plus tard devenir les conquérants. On sait que ce mont Gargano, qui se dresse à quelque distance ckt bords de l'Adriatique, est fameux par la double célér britéque lui donnèrent tour à tour le polythéisme romain et la légende chrétienne. Les sombres forêts qui en couronnaient la cime avaient été regardées attirer fois comme servant de retraite à un oracle, et l'imagination des anciens croyait en entendre résonner lavoii terrible, lorsque les Aquilons, selon l'expression dHo» race, ébranlaient et faisaient gémir ce bois dechèna séculaires :
Aut Aquilonibus
(juerc -ta Gargani laborant.
Dans sa tolérance parfois nécessaire pour les superstitieuses faiblesses du monde païen, le christianisme lit prendre une autre direction au culte dont les habitants du pays avaient placé le sanctuaire sur le iw** Gargano. A la suite de trois apparitions miraculeuse de l'archange saint Michel, cette montagne fut pb**6 sous sa protection particulière, el l'ancienne caverne àt l'oracle fut transformée en une crypte qui, désortf*15 sanctifiée par la prédilection de l'archange, reçut *c nom de Sauf Angelo '.
* On descend dans celle prolte par cinquante-cinq marches tail**^ en plein roc; une porte de bronze ferme l'entrée de la crypte qii* * pavée en marbre, et près de l'autel où se célèbre la messe tous m] jours, jaillit une source à laquelle on attribue des propriétés mer*"^ leuses. Outre la crypte, on remarque encore l'église dédiée i saint ** chel, et dont les anciennes portes en bronze sont divisées en vi *** quatre panneaux représentant les apparitions où figurent lesarch»****
»*M4HI« *1BAYB Bt*t*ICTIlCE. Slt
l antre pièce du même auteur, fort curieuse * expression fidèle des mœurs et des croyances pique *ur h puissance de l'intervention des saints* aie qu'on pedl désigner sous ce titre : La Rémr* m d1»! suicidé. Le moine du Mont-Cassin y trace H hexamètres parfois très-remarquables de ton et Mine l'aventure tragique d'un jeune homme qui ■V joint à une troupe de pieux voyageurs se rendant pHerinage au tombeau de l'apôtre saint Jacques. Wt pu rejoindre en temps utile ses compagnons de n\ ce jeune homme, dont l'esprit était fort simple; liait seul son chemin et fait rencontre d'un personne l'air doux et avenant, qui n'est autre que le dé-* i1. Celui-ci, par de pieux discours et les dehors en* états, qu'il simule, a bientôt capté la confiance du iak pèlerin, qui lui apprend le vif désir qu'il a de fkr le ciel en allant faire ses dévotions au lieu où m l'apôtre saint Jacques. « Pourquoi, lui dit le ttsnr d'une voix de plus en plus persuasive, pourà te donner tant de peine et chercher si loin ce que jeu obtenir à l'instant même? Ne sais-tu donc pas
Wrt Gabriel. —Consulter le bel outrage intitulé Rechercha sur mmmentê et rkiêtoire de* Normande et de la maison de Sonate aftotit méridionale, grand in-folio, texte par A. Huillard Bréhollïtote'par Victor Baltard, architecte.
'Gallorum cortus partes qua fulget Ilibcras Corpus opostolicum geutis de more petebat, Ut dévolus amor, sacra dum loca viserat, ipsa Asperitate vi»3 -scelenftn se mole levarct. Quorum, nature persimplicis. et puerilis Vnus erat, lacilis quo velles flectere flecli. Ilot ut ad ltospitiuiB ja.n tardior hora coepit, In partem simples divertit ab pgmine solus, IHmotusquc via modicum, fraudisque dolique lnvenit auctorem juvenilts corporis instar.
Guaif. Salerait., De mirac. illwt qui teiptum occidit.
à qui tu parles? Je suis l'apôtre que tu veux honorer, et je te promets le pardon de tes feules avec l'assumcé de ton salut, à la condition que toi-même affranchirai ton âme des liens pesants du corps. Veux-tu vivre dW vie éternellement heureuse, débarrasse-toi d une cxîitence périssable. » Malgré l'horreur que lui inspira d'abord la pensée du suicide, le voyageur se laisse persuader. 11 rejoint donc ses compagnons, soupe gaienert avec eux, et, pendant leur sommeil, il secoupelagorp et se déchire les entrailles ; mais, au moment d'expirer, la conscience du crime qu'il a commis revient tt suicidé, et son dernier cri est un cri de remords et de désespérance !. Sa pauvre âme est immédiatement saitt par une troupe de cruels dénions qui l'emportent i travers l'espace, et le plus acharné de tous à la torturer, en la bafouant de ses mordantes ironies, est précisément celui qui a poussé sa victime au suicide. Cependant, à force de parcourir plaines, vallées et montagne», la troupe diabolique arrive près des murs de Rom; mais là une voix retentissante arrête les mauvais esprits et les contraint à lâcher leur proie. En même temps apparaît la véritable et radieuse figure delapùtre saint Jacques, et il intercède pour l'âme coupable auprès de la Mère de Dieu, qui trône dans le ciel au milieu d'un chœur de vierges. Le pardon est accordé, à la con-
1 « Quare tantum vis ferre laborem ?
Hic via consili unique via?: dfserimine nulle- Atque inora nul la conquiri posse quod optas. »
Crédit miser, atque repente
btralus humi dépose it opem... « Vis vivere vilain Semper mansuram? Vitam tibi toile caduenm. »
It, cœnat, simulalquc gravatis
Sorano consociis, immergit gutture telum.
ld.t ]joc. citai.
PUB ABBAYE BENEDICTINE. 581
nae retournera dans le corps qu'elle a dèe temps, et quelle expiera conjointement air entachée du même crime, le suicide nmis. Sous la conduite de l'apôtre saint retourne donc a l'hôtellerie qu'elle a quit~ el se fait reconnaître de ses compagnons [N>u vante à l'aspect de ce corps qu'ils voient prés l'avoir vu mourir, et qui se dresse, ie devant eux- Afin de racheter sa faute par piation, le jeu ne pèlerin se rend immëdiamastere de Cluny, raconte son aventure a j, el reçoit de ses mains l'habit religieux *. le poème In fondent Psafteriï, celui que d analyser renferme, à côté de passages correction du onzième siècle, des vers énergie el empreints parfois de rèmînis- [ues. Il y domine surtout un sentiment de mpathie pour la faiblesse de ces cœurs xpérïmentés que l'esprit du mal entraine leur perte» mais que retire bientôt du préîté de quelque puissant intercesseur. Le jue chose de religieux et de solennel, et,
■i sera m mo* Utrba feront m
um espiunt antniani, rapiuntque train m (que
mtnas malles. , . .
cit.» vera juvrnî* pulcherrimu* adstat ; ipû^tolicï formant quasi iinrecius oris
is ; hune sequitur . . ,
?pentiin> redîens jam libéra cursu
apostotîco dimissa cubilia dm- tu.
, çrïgîtur, loquitur gradï turque cadaver;
t jpsa fidem socîis, nam Tivere cernunt
\idere mori* , . ■ .. *....•*.•.....-
Kit. hune oral uabîtum dare, cuncta proresso
ibi csonlïgerant ..*«.., •
Id. kic. citai,
par la haute sagesse des réflexions qui s'y trouv pourrait servir également d'épilogue et de morali pièce. « Du profond abime de la mort, s'écrie k en s'adressant à l'homme, où t'avait précipité t obéissance, la mort du Christ est venue le retar mort seule te racheta; seule elle te donna la vk te rend seule l'espérance, et seule encore le Mais toi, malheureux, oubliant cet espoir d'ui sans tin et les félicités d'un salut éternel, lu i inenecs la série des fautes qui t'ont poussé et le sent encore sous le joug cruel d'un tyran holri captiver. Ne sais-tu pas que le Christ ne mour de la mort dont il a triomphé par sa résurrecti ce corps trois fois saint dont la souffrance fut i de ton salut, il ne ressentira plus désormais, ai gellalions, ni les coups, ni la pointe de la lance, douleurs de la croix. Non, le sang rédempteur n lera plus volontairement pour toi ; le Christ, ( ta vie, ne sera pas déposé pour la seconde fois d tombeau, après que sou esprit divin est remonté jour des ténèbres à celui de la lumière1. »
1 Mort i s in i m ma nom te mersit culpa ruinam, Christ i mors crexit, homo. Mors sola redemit, Sola (ledit vitam, sola spem $ict sola salutem. Sed tu tante spem vitw, liona tanta salutis Oblilus, repolis qu;e le traxere, trahuntque Sub captivanlis crudelia jura tyranni.
At non jura moritur Christus de morte rcsùrgciis, Et tacrosanctum cujus tibi pœna salutis Causa fuit, clavi, flagra, crux et lancea corpus Jam non allicicnt ; cruor ille salutifer ullro Non fluet, aut tumuio Christus, tua vita, secundo Claudetur; baralrum nec jam descendet in imum A tenebris an i mus revocatus luds ad aidera.
ld., Ja>c. citai.
Il est curieux de rapprocher ce passage et les réflexions U
Mie à saint Benoit, Tut élevé abbé du monastère tin de sa ville natale, qu'il gouverna sagement l'époque où les persécutions du duc Gisulfc le là se retirer au Mont-Cassin. Il y mourut dans Is sentiments de piété, et après qu'il eut rendu ajoute le chroniqueur, « comme on le recomà l'oraison de ses Frères, ceux-ci comprirent tait point nécessaire de prier pour le repos de j car l'archange Michel l'avait emportée en la laradis1. »
rieur par le talent et surtout par la renommée e, son contemporain, AHano, d'abord moineau issin, puis élevé, en 1058, à l'archevêché do , se trouva mêlé à tous les grands événements siècle. Tour à tour pèlerin à Jérusalem, négocialonstantinople, il intervient ensuite comme médans les sanglanls démêlés qui divisent le Nortobert Guiscard et les Lombards bénéventins. ieu de toutes ses occupations, il trouva des loiir cultiver les sciences, la musique et les lettres; s travaux de l'esprit ne le détournèrent jamais habitudes ascétiques. Ce moine, à l'esprit éléfa Christ assurant la rédemption du monde, de l'invocation
3S4 LA SCIENCE ET LBS LBTTKKS
gant, au goût délicat, qui lisait Horace et Ju vénal trop de scrupule, vivait comme l'anachorète le plus tère, ne se couchant jamais pendant la durée du Carême et ne prenant de nourriture que deux fois h semaine. Les homélies et les compositions poétiqpm. d'Alfano se ressentent de la forte trempe de son cm* tère, en même temps qu'on y retrouve la sensibilité (ta cœur généreux qui recueillit si pieusement un aoUl pontife dans l'exil. Ses poésies, dont la liste seule»* cupe toute une page dans la chronique de Pierre Diacre, ont été publiées successivement et en fragments dhrert par Ughelli, Giesebrecht, le P. Tosti et Frédéric (hanta* Quelques-unes de ces pièces, où la barbarie du tempe cherche à s effacer, nous donnent parfois d'intéressant» révélations sur certains aspects de la société italienne au onzième siècle. Telle est, par exemple, celle qui art adressée à un avocat de Salerne, ayant nom Romuald, orateur à la parole tour à tour grave, pathétique ou iéhémente, et dont l'éloquence, comme celle de beaucoup de ses confrères, sul fonder l'édifice de sa gloire et de sa fortune, tout en défendant les intérêts d autrui1.
Dans d'autres poèmes, l'auteur abordant des sujets plus élevés, tantôt encourage Grégoire VU dans le dessein qu'il a de reconstituer la grandeur de Rome, tanUt
1 Dulcis orat or, vehemens gra risque Inter omnes causidicos perenem Gloriam juris tibi, Romoolde, Prestititusus.
Civium nulli, spatio sub hujus Temporis, fortuna serenitate Pnevalet ridere beatiori Quam tibi nuper.
Alphan., Corm:*.
mue uc oiuii, giaueuscuieiu omjji agee ue ccures
iers, et dont la haute cime, couronnée d'une issi belle que le temple de Salomon ou la basi- Sainte-Sophie, permet à l'âme de se rapprocher t de Dieu. À son langage animé, on reconnaît )êle a concentré toute la puissance de ses affecant sur la sainte demeure où il vécut si paisible
illustre abbé qui en rebâtit les murailles. Après >pelé comment sur la montagne où s élevait un /Apollon, saint Benoit consacra un monument Meu, il se plait à donner sur la riche ornemen-
l' église nouvellement reconstruite des détails au point de vue de l'art et de la science archéo- Avec les mosaïques habilement composées par stes byzantins, le marbre, l'albâtre et le porsombinaient leurs couleurs dont l'éclat, dit Alippelait la transparente limpidité de la mer. nde, ajoute-i-il, est la splendeur qui brille dans ce, que Rome ne doit pas mettre au-dessus la îence de ses monuments. Aussi la perfection e son œuvre vient-elle combler tous les vœux r, notre vénéré père. 0 sainte montagne, dont tet se rapproche des astres, tu es comme la di- •adieuse fenêtre d'où les âmes paraissent s'enrs les demeures célestes1. Nouvel Éden, par tes
.'t.. ^«-..»r*nn*«,if* (auo Iac nulnnc lîniiv ri il mnnrlo
*#i LA SCIENCE ET LES LETTRES
lu exhales les mûmes parfums que le parod et tes délices ne sont autres que les sieunei A ces Accents d'un lyrisme esscntiellemei Àlfano, comme Guaifre de Salerne, mêle soi qu'on Ta remarqué, des Ggures et des fora empruntées aux poètes de l'antiquité profai pas étudiés sans profit. Ainsi , grâce au? gardées por les écoles monastiques, Rome, faite de sa puissance matérielle, domine monde par sa langue, son génie et ses monu népuisable courant de la littérature latine, suspendu dans sa marche, continue donc l'esprit humain qui, même dans les lempt favorables à la culture intellectuelle, ne o complaire et de s'y délecter. Cette prédilectio: chez les hommes du moyen âge ne s'explique ment par l'influence qu'exerçaient sur eus rissablcs chefs-d'œuvre du génie latin. Une pression non moins forte les dominait encor Rome, telle qu'ils purent la voir du huitién onzième, ils reconnaissaient toujours la reii
1 Tanla decoris in hoc rutilât Gloria, Roma quod ipsa sua Pluris, ut estimo, non faciat :
Sic quoque vota Desiderii Con va lucre bemgna patris.
Tu speciosa fenestra Dci Proxima luminibus su péris, Undc videntur ad ha?c anima; Tcnderc
Ut Paradisus amœnus Eden, Oniiie soli suprras spécimen ; Kjus aromatibus rcdoles :
Dcliciac tibi non alhc Suit niai forte suœ parités.
Àlphan., Cet
DAKS U9S ABBAYE BÉKÉD1GTI9E. 587
imposant, selon la légende, ses lois à toute la (Test que, malgré les dévastations du temps et urnes, l'aspect de ses vieux monuments, son encrénelée et garnie de trois cent soixante-deux m thermes, ses palais et ses temples antiques transformés en églises, tout cela frappait d'admiles pieux pèlerins qui venaient y visiter les ternies saints apôtres. Même après le terrible incenîmé parles ordres de Robert Guiscard et qui ont l'espace compris depuis la porte Flaminia jûspadais de Latran, la ville Ses Césars et des papes (H toujours si belle que Hildebert de Tours, qui lit à la suite de ce désastre, pouvait dire avec rait La grandeur de ses monuments est telle qu'il as plus possible d'égaler ceux qui sont restés de- (oe de relever ceux qui sont tombés en ruines*. » période suivante se rattache Pierre Diacre, qui, enom de Grande Chronique, continua celle de d'Ostic, depuis l'avènement de Didier au soui pontificat jusqu'à la mort de l'anti-papc Ana- Ce chroniqueur, était, comme nous lavons ns l'un des précédents chapitres, un moine actif Quant qui prit une grande part aux troubles dont ni-Cassin fut alors le foyer. Tour à tour témoin ou
> celte légende inscrite sur les sceaux et les monuments de
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* rapprocher celle que porte le grand sceau attaché au 'diplôme rtnlhs, retranscrit au x- siècle et dont nous avons parle* précô* m.
1 Tiatom restât adliuc, tantum mit, ut neque pars stans iEquari possif , diruta nec reflei.
llildeb. Opcr. Col. 1314
acteur dans les faits qu il raconte, il donne parfois son récit une forme animée et dramatique. Outre s grande chronique et une biographie des personnage illustres du Mont-Cassin, il composa le singulier ouvrag ayant pour titre : Catalogue des rois, consuls, dictateur, et tribuns de la nation troyenne. Renfermant une pre mière série de princes troyens qui ne sont pas plu authentiques que les personnages crées par Annius <k Vilerbe, cette compilation donne ensuite la liste des rois, magistrats et empereurs de Rome, et celle <te souverains pontifes. Dans le recueil de ses lettres, nous citerons également comme les plus intéressante celles qui sont adressées à l'impératrice Richlse, fille de Louis le Gros et veuve de Lothaire IL C'était en Tannée 1157. L'abbé du Mont-Cassin venait d'envoyer demander du secours à Lothaire contre Roger 4 Sicile; mais les messagers trouvèrent l'Empereur rendant le dernier soupir dans une humble chaumière <h Val de Trente. Cette mort toucha vivement Pieifl Diacre. Il écrivit à la veuve des lettres de consolât»* qui offrent 5 la fois lem'preintc de sentiments chrè tiens et de souvenirs empruntés à la philosopha païenne. Les réflexions sur la mort rappellent asse les sentences d'Horace, de Sénèque et de Marc Aurèle mais au-dessus de. ces sentences philosophiques son vent froides dans leur forme et toujours bornées pa leur nature, plane çà et là krgrande pensée de Faute vie telle qu'elle est présentée par le dogmechrétien. Oi cette pensée, dans les Litres du consolateur, suffitpou tout animer, tout agrandir, en ouvrant aux yeux d l'affligée des horizons sans fin à travers lesquels s dégage la perspective d'un bonheur sans mélange.
r le P. Justiniani, religieux du Mont-Cassin, it plusieurs autres sont restés inédits. Parmi les i même auteur qui n ont pas été livrés à la put que le P. Tosti nous a fait connaître, il faut cie une Description des lieux saints et un poème
du monde. Le premier de ces ouvrages, dédié l, abbé du Mont-Cassin, débute par l'éloge de qui, selon Pierre Diacre, surpasse ses prédé- *n mérite, autant que son éloquence toute cicé- Temporte sur celle des écrivains de l'antiquité îst au souvenir des succès philosophiques ettoral'abbé Guibald, et à la vue de son front ceint du ittéraire, qu'il vient, dit-il, lui offrir l'itinélieux saints, en le priant de prendre en coni, à défaut du talent de l'auteur, l'importance \ de l'ouvrage. Cherchant à appliquer dans sa ion les principes donnés par Horace, il ajoute : ne qu'aucune œuvre ne peut avoir une solide l'ouvrier n'en adapte toutes les parties d'après
rationnel, de même un écrivain chez lequel ne intarissable abondance, ne parviendra ja- •oduire un livre réunissant le double mérite i par le poète latin dans ce vers :
dans son sujet, Pierre Diacre décrit successivement Jérusalem, les lieux rendus célèbres par la vie et la passion du Sauveur, et les autres villes les plus remar* quables de la Palestine. Il conduit ainsi le pèlerin depuis la montagne de Sion jusqu'au pied du Sinai, et en retraçant les diverses stations de cet itinéraire, il semble^ inviter ses compatriotes à la croisade, ai temps môme où la voix d'un moine bénédictin biet autrement illustre, celle de saint Bernard, entraînait vers l'Orient les populations de la France et de l'Allemagne.
Non content d'avoir- beaucoup écrit en prose, Picne Diacre, à l'exemple d'Àmalus, voulut aussi compoaer sonpoëme en vers rimes, selon l'usage de l'époque. Intitulé Rijtmum Pétri Diaconi de novissimis dictm, ce poëme est empreint de la tristesse profonde dont ta troubles causés par le schisme de l'anti-pape AnacM avaient alors frappé les esprits. Chaque période IiUrtorique est ainsi marquée par des jours de lassitude et de découragement où la conscience humaine, balloto par le flot des opinions contraires, ne voit autom d'elle que le mal et la désolation, semblable au na* fragé qui, suspendu enlrc le ciel et l'abîme, ne dil lingue plus rien que la vague béante toute prêle alto gloutir. Telle élait la situation des âmes au moman où le bibliothécaire du Monl-Cassin écrivit le poêffl sur les Derniers jours. Comme toutes les natures ai dentés, non moins promptes à s'abattre qu'à s'enfiafl mer, Pierre Diacre avait été effrayé des conséquent* du schisme auquel il avait participé lui-même. Parm réaction qui suivit sa rentrée en grâce auprès du toi verain pontife, il employa son zèle à déplorer les mai