‹ Les monastères bénédictins d'ItalieChapitre 18 sur 79 · DANS UKE ABBAYE BÉNÉDICTINE · texte numérisé non relu

DANS UKE ABBAYE BÉNÉDICTINE

défrise, maux qu'il avait été, plus que tout autre, « mesure de constater.

An commencement de son poëme, l'auteur se reprie donc à cette terrible époque de l'an 1000, et «mire l'esprit du mal, qui, rompant dès lors les liens fart lavait chargé le Christ, vainqueur de la mort t du péché, reprend son empire sur toute la terre. Iprés s'être ouvert par la simonie l'entrée du sancwre, les hommes d'Église tondent et dévorent les «bis confiées à leur garde. Ils consument au milieu e somptueux festins le temps réservé au service de ieu, et fermant avec dureté leur porte à l'indigent, ils «Brillent, le front bas, les puissants de la (erre. Enfin i nue et le sacrilège, la guerre et la vengeance donnent partout, et l'or, pour lequel un Dieu fut vendu t trahi, l'or, qui enchaine et délie les consciences, nfique indignement des ordres sacrés. Or quelle est, alon l'écrivain, la cause première de ces calamités, si e n'est l'usurpation d'un pontife illégitime, que sa ervcreilépcul faire regarder comme le précurseur de intechrist ?

Tandis que, dévoilant les plaies de lu société contemflnine, Pierre Diacre traçait ce sombre tableau, qu'on tendrait pour une page détachée de l'Apocalypse, mires moines cherchaient à se distraire des maux » présent, en étudiant avec ardeur les œuvres du fcsé.Ils ne se contentent plus, comme précédemment, e multiplier par la transcription les livres des auteurs torts et profanes; mais ils veulent encore donner à toiture, aussi bien qu'à l'ornementation des manu- *iti, un caractère de perfection inusité jusque-là. eaoté et blancheur du parchemin, élégance et régula-

rite des caractères qu'on croirait presque imprimé* riche encadrement des pages divisées en deux colonne afin de rendre la lecture plus facile, tout atteste le res pectque ces studieux copistes avaient pour les ouvrage conservés par eux à la postérité. Outre les lettres capi taies dans l'ornement desquelles la fantaisie de Partis! se jouait en mille créations diverses, un certain nombr de manuscrits peints de celte époque, offrent des mi niatures fort remarquables pour le dessin, et surloo pour l'expression.

Nous citerons notamment le manuscrit portant 1 n° 99, et renfermant un petit tableau de l'Annonciatio où les figures de la Vierge et de l'Ange, représentée sur un fond orné de deux arcades, sont exécutées ave un soin qui pourrait les faire attribuer à l'École i Giotto, bien qu'elles soient antérieures à la renaissant opérée par ce grand peintre. Enveloppée d'un raantefl retombant en longs plis onduleux, la tête ceinte d'v voile laissant son front et sa figure à découvert, et i bout sur un trône dont la forme et les ornements i cèlent plutôt l'art byzantin que le style lombard, Vierge exprime par son geste l'élonnement qu'el éprouve à la nouvelle que lui apporte le messager < leste. La charité répandue sur sa physionomie, la do ceur de son regard et la pureté des lignes de son via annoncent déjà ce caractère idéaliste que l'art chréti communiquera bientôt à toutes ses compositions. 1 ornements et des figures peintes d'un genre à peup semblable décorent des bibles, des missels, ainsi < des recueils d'homélies ou des Vies de saints donl transcription remonte à la même époque. D'autres i nuscrits, datant du douzième siècle, méritent Bnc

îquel fut publiée l'édition imprimée à Venise, ont restées des parties essentielles omises par ; le Psautier écrit sur cinq colonnes avec le chants sacrés en diverses langues, et la verîelle de saint Jérôme, exempte de toute erreur e ; un traité inédit de médecine intitulé de ', partium totius corporis, et composé par Paul célèbre médecin qui florissait au septième .fin un commentaire en vers, également inédit, jue des cmtiques, et un recueil de Sermons, teur est un moine demeuré inconnu.

: inconnu ! Combien de fois cette simple et use indication n'a-t-elle pas été vue par nous 'ouvrages manuscrits portés sur les catalogues, is dans quelque recoin des bibliothèques con- »! Que d'écrivains monastiques, par un sentimmililé chrétienne, ont étendu ainsi un vofle rable entre eux et la postérité, ne voulant îfidents de leur discret labeur que «le témoi- * leur conscience et le regard de Dieu ! Travailatigables, ils ont apporté chacun leur pierre à inachevé, mais toujours grandissant, delà penlaîhe. A l'exemple des architectes qui, à la roque, élevaient dans les airs de magnifiques sans vouloir y graver leur nom, ces écrivains

morts obscurs, comme on respecte la pierre scellant une tombe dont l'inscription a disparu. Ce muet hommage est le seul qui leur convienne, le seul qui doive, selon nous, s'ajouter à l'unique et modeste récompense qu'ils ont recueillie de leur vivant.

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