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LA SCIENCE ET LES LETTRES DANS, UNE ABBAYE BÉNÉDICTINE

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Ecole du Mont-Cassin. — Saint Thomas d'Aquin, oblat du monastère, y fait ses premières études. — L'activité militante du monachisme passe des bénédictins aux deux ordres de saint Dominique et de saint François — Accusation dirigée par Dante contre l'ignorance et la coufiable incurie des moines du Mont-Cassin. — Réponse à cette accusation. — L'art du peintre miniaturiste continue de fleurir au monastère. — Benoit de Matera ; livres de chœur et Ofiicc de la Vierfre. — La poésie latine et italienne au temps de la Renaissance.

Fascitelli. Benoit dcll'Uva et l'auteur de la Jérusalem délivrée. —

Les bénétlictins de Saint-Maur et l'archiviste du Mont-Cassin. — Travaux et correspondance de dom Erasme Gattola. — Les frères Fcderici; catalogue raisonné des manuscrits de la bibliothèque. — Dom Joseph Macarty et dom Casimir Correale de Sorrente. — Persistance de re*prit littéraire chez les religieux actuels. — L'histoire de l'abbaye du tlont-Cassin par dom LuigiTosti.

En suivant le cours des annales littéraires du Mont- Cassin, ce qui frappe surtout l'attention, c'est devoir l'organisation première du fondateur, en ce qui touche le développement des éludes, survivre a tous les obstacles et s'affermir au milieu même des circonstances qui semblaient devoir en arrêter le progrès. Ainsi, mal-

gré les troubles qui avaient tant de fois agité I'ab baye, l'école fondée par saint Benoit avait continué ch prospérer, et les élèves sortis de cette école avaient été porter dans les principaux monastères d'Italie, de France et d'Allemagne, les lumières d'une instruction destinée à faire la gloire de Tordre bénédictin. Dans la première moitié du treizième siècle, après la diète de San Germano, où Frédéric II, ce terrible ennemi des moines, s'était réconcilié avec le pape, les religieux du Monl-Cassin espéraient entin jouir d'une paix longtemps attendue; mais la guerre n'avait pas tardé à venir ds nouveau désoler le pays. En effet, lorsque l'Empereu ayant rompu toute relation avec la cour romaine, o< cupa militairement les frontières des États ponliBcac* il envahit encore une fois le domaine de saint Beno et pénétrant de vive force dans l'abbaye, en chassa "5 moines et avec eux les jeunes élèves composant YéoC conventuelle.

Parmi ces derniers se trouvait un enfant qui, bk qu'il fût à peine âgé de douze ans, passait pour t prodige de science. Né a l'ombre du Mont-Cassin, dai ce vieux château des comtes d'Aquino, dont on voit a core les ruines aujourd'hui, il avait été confié, dèsl'âj le plus tendre, à son oncle l'abbé Landolphe, qui adn nistrait alors l'abbaye, et dont ses parents croyaie qu'il pourrait devenir un jour le successeur. Dans \ âge où les autres enfants ne font que bégayer les pr miers éléments de la science, le jeune Thomas d'Aqu avait déjà parcouru le cercle des études sacrées et pr fanes. Aussi, lorsque, forcé de quitter l'école qui an élevé son enfance studieuse, il se rendit à Naples, i couvent bénédictin de San Severino, il surprit ses n<M

assin et docteur à l'Université de Naples. Ce fut s ce pays si propre à l'idéalisme, sur ces beaux

aux flots harmonieux où Pythagorc avait autreré son système, que le jeune théologien médita ndes questions dans lesquelles il devait chercher rd à unir la logique à la foi. Puis, ses études îs, quand il s'agit de fixer sa vocation, si l'ancien iillont-Cassin préféra l'ordre de saint Dominique

de saint Benoit, c'est que, dans son jugement tsûr, il avait compris à merveille la situation et oins de l'Église. Ce qu'il fallait, en effet, pour ce et maintenir son action, ce n'étaient plus des se livrant en paix à la culture des champs et de gence, ou même précipitant avec l'éloquence int Bernard les populations vers la croisade, en une année de frères prêcheurs portant la pal 'action, du sanctuaire sur la place publique et nt entendre partout où leur voix pouvait trou- §cho dans la voix sympathique du peuple.

la vie essentiellement active, l'esprit militant sser des bénédictins à ces ordres mendiants qui, lent autorisés par l'habile politique des papes, pour mission de défendre l'Église contre les hé-

même donné l'exemple, celait un devoir pou d'ordre des communautés bénédictines de le haut que jamais cette antique et vénérable I sur laquelle son fondateur avait inscrit ces m vail et recueillement. Mais, au milieu des gui sans cesse troublaient leurs demeures, il était aux religieux d'observer fidèlement la lettre de vise. D'ailleurs peut-être éprouvèrent-ils un de lassitude et de découragement en voyant ui de leur rôle el de leur influence tomber entre 1 des nouvelles associations religieuses.

Quoi qu'il en soit, il ne faut accueillir qu'i grande réserve les reproches violents que, dan chants de son Paradis, Dante n'hésite pas à lanc les moines el l'étal de l'abbaye au quatorzième s sait avec quelle pailialité le poète Gibelin jug hauteurs de son superbe génie, les corporatioi individus qui ne partageaient point ses princij ressentiments politiques. Quant au passage où de la Divine Comédie fait dire à saint Benoit que ne sert pins qu'à user inutilement du papier, i mcrail, d'après le commentaire de Benvenuto i

les manuscrits gisaient peie-meie dans la pousl' illustre voyageur, dit Benvcnuto, ne put res soupirs et ses larmes, en songeant au sort perdes mains indignes à tant de chefs-d'œuvre j glorieux génies. Or, étant redescendu, il s'enirès d'un moine qu'il rencontra dans le clottre, it de si précieux ouvrages avaient été traités it rageusement. Le moine lui répondit que cerligieux, voulant gagner quelque argent, cnlcw figures peintes des manuscrits et les riches ments des marges pour en faire de petits recueils s qu'ils vendaient à vil prix. Et maintenant, le malicieux narrateur, en forme de concluante, brise-toi donc la tête, ô malheureux écriur composer laborieusement des livres1. » e une (elle accusation, assez difficile à concilier goûts et les habitudes littéraires de son ordre, sous d'ajouter que le père Tosli fait entendre la tion énergique d'un bénédictin nourri dans l'a- L le respect des livres. 11 explique ensuite com- $ désastres de la guerre et des incendies réitérés dû, au temps du voyage de Boccacc, porter le ind préjudice aux collections ainsi qu'aux tra- » relifrioiix do. rnhhnvo.. Bien nu'il soit assez dif-

Cassin et ses adversaires, cependant il est juste d constater qu'à l'époque où les moines sont accusés d't voir déchiré des manuscrits pour en vendre les image peintes à des enfants ou à des femmes, une école <b peintres miniaturistes commençait précisément à fk» i ir dans la maison. De cette école, qui produisit dès lors des artistes et des œuvres vraiment remarquables on vit en effet sortir au quinzième siècle le bénédictii Benoit de Matera, qui peignit les admirables livres d chœur conservés dans la sacristie de Sienne. Vers 1 môme temps, en suivant les mêmes principes tfun ai dont on ne peut trop louer les élégantes cl gracieuse productions, le peintre Sandalio ornait de miniature rOftice de la Vierge dont nous avons parlé dans nob visite à la bibliothèque.

Pendant 1ère suivante, qui fut celle de la Rémi sance, l'activité qu'on retrouve alors dans toute Mal anime l'école de peinture établie au Mont-Cassin, l'abbé Squarcialupi fait exécuter les missels elles» liphonaires destinés à l'église de l'abbaye. Ces livt de chœur, écrits et peints avec une grande perfectk sont, sous certains rapports, presque aussi beaux q ceux de Sienne. Toutes les pages sont encadrées d'< nements en feuillage rehaussés d'azur et de carra . avec des initiales dessinées sur fond d'or, et à chac fête de l'année correspondent des sujets peints en î nialurc, vraiment dignes d'être étudiés pour le fini dessin, l'attitude des personnages et la vivacité du o ris. Nous avons pris un plaisir extrême à feuilleter u un ces beaux manuscrits dont le vélin, tout éclatant blancheur, fait d'autant mieux ressortir la variété couleurs ornant les lettres capitales et les charma

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