‹ Les monastères bénédictins d'ItalieChapitre 20 sur 79 · DA5S UNE ADBAYE BÉNÉDICTINE · texte numérisé non relu

DA5S UNE ADBAYE BÉNÉDICTINE

aux précédant l'introït des principales fêtes

Cest avec un sentiment encore plein d'adîe nous signalerons ici la représentation de lu Sauveur pour la messe de Noël, celle de irusalem, pour le dimanche des Rameaux, ite de saint Benoit, la figure de ce saint abbé milieu de ses disciples, nière composition, si bien faite pour inrtiste bénédictin, renferme dans un petit

la perfection que peuvent offrir la vérité ;ion, le naturel des poses et l'incomparable s détails. Sur un siège élevé se dressant •cature décorée d arabesques dans le style issance, saint Benoit est représenté apnain gauche sur le livre de sa Règle et de lissant un groupe de religieux prosternés à ous avec des physionomies diverses, semr qu'un môme sentiment exprimé par Tin-

même regard, et ce regard, chacun d'eux, e avec amour sur le saint fondateur de

Au-dessus, dans le tympan demi-circucade et sur un fond d'azur semé d'étoiles, lage du Sauveur déployant un rouleau où

légende renfermant une double allusion

aux vertus de saint Benoit et de ses dis-

te, benedicti patris mei. Outre ces sujets,

vons gardé un souvenir tout particulier, il

coup d'autres qui mériteraient d'être dé-

îent, car ils attestent combien l'école de

îniaturistes depuis longtemps fondée au

avait déjà produit d'oeuvres remarquables

2 célèbre Jules Clovio n'atteignit dans le

même genre à une perfection qu'on n'a point surpa: séc.

Tandis que dans ces œuvres d'art se manifeste l'ij Huence active de la Renaissance, une nouvelle impulsio est en même temps imprimée aux travaux littéraires di Monl-Cassiu. La culture des langues grecque et latin ne devait pas larder à y porter ses fruits, en donnant i quelques religieux d'heureuses inspirations poétiques. Fascilclli, auteur favori de Jules 111 et ami du cardinal Itcmbo, écrivait à cette époque son poème héroïque d ses éloges en vers recueillis dans le Delicix poetarum /<«lorum. S'cxerçant avec non moins de succès dans 11 langue nationale, Benoit dcllTva composait aussi k poème des Yienjes pieuses, le Triomphe des AJarfjN, et un grand nombre de pièces conservées manuscrite aux archives de l'abbaye. Parmi elles nous citerons notamment un sonnet plein de délicatesse adressé au Tas^e sur la publication prochaine de la Jérusalem Ulivrée. Voici la traduction de cette pièce où l'auteur rend un juste hommage au chantre de Renaud et de (iodefroi de Bouillon, mais oublie un peu, dans son admiration passionnée pour le poêle de Sorrcnle, qu* vaut lui Dante et Pétrarque avaient doté la littéralun italienne de chefs-d'œuvre impérissables :

« 0 Tasse, toi à qui le ciel donna en partage un rort et noble génie, une inspiration féconde, ainsi qu'un fê niable savoir: depuis que tu es entré dans la voiequHo mère et le Cygne de Munlotie ont ouverte les premiers sur leurs traces qui servent à guider tes pas, tu gravi d'un pied ferme et agile ce sentier escarpé où tu monte le troisième après eux, mais où, je l'espère, tu recueil lerasune gloire égale à celle de ce couple illustre. No'1

unit aux qualités solides des formes enchantet Ion poème offre à l'imitation des hommes les îles exemples. »

îppréciation des mérites et de la valeur liltéla langue italienne, considérée dans sa prirnirescenec, ne doit pas nous surprendre de la ce religieux, amateur de poésie et poète luiar elle était conforme aux traditions lidèlemenl es sous les cloîtres bénédictins. Quoique le , au moyen âge, la langue de l'Église et des [uoique l'esprit de la Renaissance eût dévei Italie, dès le quinzième siècle, le goût trop ie la culture latine, une sorte de réaction s'éifestée depuis longtemps dans l'enceinte des •es contre une prédominance qui pouvait avoir t de réels inconvénients. Appelés à une époque reà exercer les devoirs de la prédication et du 3 apostolique, lcsmoines se servaient habiluele la langue vulgaire pour parler aux simples ,ec qui leurs fonctions les mettaient en rapport, ant le nouvel idiome dans ses premières oris avaient compris par leur expérience personnbien son génie naissant, ses formes flexibles

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s'étaient épanouies à l'ombre des monastères tins. Ainsi aux chants de guerre et d'amour c alors en langue vulgaire pour servir de pas aux hommes du siècle et aux châtelaines, la opposait des cantiques sacrés écrits dans 1 langue, et qui, de la bouche des moines leurs passaient ensuite et se gravaient dans la mé peuple. Bien que les plus anciennes poésies i citées par la critique littéraire ne remonlen delà du douzième siècle, il eu existe encore ui nombre qui furent composées dans les cloiti époque antérieure. A l'appui de celle opini Luigi Tosti mentionne un manuscrit datant de renfermant un dialogue entre saint Benoit Basile, versifié en langue vulgaire. Comme le des documents conservés aux archives du Mor une série de moines poètes fleurirent dans cet) si remarquable par son activité intellectuelle, œuvres, perdues pour la plupart, servirent c transition progressive entre les rudes essais t barbares et les élégantes compositions des ôcr la Renaissance.

Parmi ces derniers, Benoît dcllTva dont

direction de ses tendances poétiques, et au lieu ter, comme ses contemporains, des sonnets galants je des femmes, il trouva plus digne de célébrer rges pieuses, ou les cinq vierges martyres, objet îlte tout populaire en Italie 1. Un charme véritatt poétique s'attache aux cinq petits poèmes dont iposc ce recueil, et ce charme résulte autant érêt des légendes touchantes qui y sont raconue du style et de la forme même du récit prol'auleur. Ces poèmes, trop peu connus et qui rits, selon l'expression italienne, in ottava rima, l être mis au nombre des plus gracieuses comîs de l'époque, et ils avaient attiré une juste ion au religieux du Mont-Cassin avant l'appari- ! la Jérusalem délivrée, où le Tasse porta ce le rhythme à une si haute perfection. Ajoutons s la publication de la Jérusalem, l'œuvre du fenédictin fut loin d'être éclipsée et rejetéc dans ! par l'éclat que répandait cette grande épopée, istes appréciateurs continuèrent d'admirer les pieuses et le Triomphe des martyrs, dernier lont certains passages bien inspirés peuvent, on compenser la perle des Triomphes de Pétrarque. \c&s, rnmnnsi lions. Itanoit dnll'Uva écrivit encorn

do cinquante stances sur la pensée de la mort, et beaucoup d'autres poésies spirituelles. Aussi bien que son talent, ses sentiments généreux le firent aimer et estimer de ses plus illustres contemporains, au nombre desquels il faut citer, après le Tasse, le poète Annibal Grillo, dont il déplora la mort dans un sonnet plein de regrets et de larmes. Le religieux bénédictin ne donna pas seulement son affection à l'auteur de la Jérusalem -1 délivrée, à cause de son génie et de la gloire que ce gfc- i nie fit pendant ses beaux jours rayonner sur le front du = Tasse. Ce qu'il aima en lui ce fut l'homme, et l'homme ;; persécuté, malheureux, bien plus que le poète triomphant et comblé des faveurs passagères de la fortune. A ^ l'exemple de Benoît dellTva et de ses confrères du Mont- \ Cassin chez lesquels le Tasse trouva toujours la plusB- \ bérale hospitalité, les bénédictins du monastère de Man- j loue soutinrent et consolèrent le poète dans son infortune, cl il est impossible de lire sans attendrissement les lettres que lui adressait dans sa prison le savant Père (irillo, abbé de ce monastère. Plus tard, un autre abbé de la congrégation du Mont -Cassin, Benoit Casteili, connu par ses travaux sur l'hydraulique, prenait publiquement la défense de son maître Galilée, en faveur duquel il ne craignait pas d'écrire une apologie. Quel titre plus honorable pour les membres de cette congrégation que d'avoir ainsi défendu contre leurs persécuteurs le Tasse et Galilée, c'est-à-dire la personnification des deux plus grands génies et des deux plus nobles infortunes de l'Italie au seizième et au dix-septième siècle! Ces sentiments généreux furent entretenus au Monl- Cassin par l'abbé Ange de Faggi, qui administra de 1559 à 1 572, et sut donner à ses religieux l'exemple du noble

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