DANS UNE ABBAYE BÉNÉDICTINE
mil et ecclésiastique un grand nombre d'ous qui ajoutèrent encore à sa renommée. Les juisultcs italiens les plus célèbres de son époque, icSigismond Brunclli, Antoine de Rubeis et Hcrlonfilî. comblèrent d'éloges ses différents traités, s sa Bibliotheca napolitana, Toppi la surnommé eur insigne. Ainsi, pendant qu'avec l'art et la les sciences appartenant au domaine de la foi et lise florissaient au Mont-Cassin, une autre science lïque, celle du droit, y était cultivée par des esirieux qui, avant de passer du monde au cloître, it formés aux grandes écoles de Bologne, do
et de Kaples. Devenus moines, leurs études, se circonscrire dans l'enceinte de leur couvent, ut, au contraire, un champ plus vaste et un but ;vé. Comparant tour à tour les institutions judides peuples, opposant les codes de Justinicn aux ies lombardes, et le corps des lois civiles aux dé- ; des papes, ils recherchaient dans les instilunciennes, barbares et modernes, les principes
ce qui est juste et licite. Peu à peu une pente ble les ramenait de l'étude des lois humaines à es lois divines, et s'ils se rappelaient avec un î orgueil que l'Italie est la terre classique t, ils n'oubliaient pas davantage quelle fut le t delà théologie et de la philosophie scolastique. îfois l'amour des arts et les soins donnés aux sacrées et profanes n'empêchaient nullement la e des devoirs religieux et la stricte observance igle. Ce qui l'atteste, c'est que, dans le cours de e siècle, l'homme au génie austère qui devait l'ordre le plus célèbre des temps modernes,
grégations religieuses, était \cnu chercher d rations près du tombeau de saint Benoit. Cette \ attraction, exercée au loin et en tout temps personnages de tous les pays, continue de se tir dans le siècle suivant, et le Mont-Cassin d'être un but de pèlerinage, surtout pour le* lustres membres de l'ordre bénédictin de Fra de resserrer encore ces relations que la scie religion avaient établies, les Pères Mabillon et con visitèrent tour à tour h» Mont-Cassin, le en le>8.'>, le second, en 1098. Mabillon, qu proposition de l'archevêque de Reims, Lctcll été chargé par Louis VI Y d'aller recueillir au Alpes des livres et des manuscrits préciem bibliothèque royale, a consigne dans son Iter létal florissant où il trouva l'abbaye, chef d'< communautés bénédictines. Mais pour bien j impressions de voyage telles qu'on les écrivai faut lire la correspondance du savant religieux Maur, et particulièrement les différentes leltr compagnon, le Père Michel Germain, dont le st contenu et la spirituelle franchise trahissent fi l'origine picarde.
!St très-bien fait. Les religieux, qui sont tous wit bonne grâce et la meilleure physionomie encore vue dans une communauté entière. Ils ron soixante ou soixante-dix... La bibliothèque lie tout de neuf; on relie les imprimés et les ils tous d'une même manière. Nous y avons lieu merci, d assez bonnes choses, et nous rit deux ou trois mains de papier. Nous ons écrire encore plus, si nous voulions mettre ui n'est pas imprimé. On nous a offert d'aller ves et nous irons tantôt. Outre les chartes, il de très-beaux manuscrits qu'on y cache, de ; les séculiers ne prennent encore le dessein nander si fortement qu'on ne puisse les leur Cette dernière phrase fait allusion à un autre e la même lettre ou Michel Germain reproche inaux romains d'avoir enlevé et gardé les de ces manuscrits, dont quelques-uns ont été econnus à la bibliothèque Vaticanc1.
sur ce chapitre et sur d'autres, donné libre ï ses observations, le religieux français ter- ;i avec un sentiment de reconnaissance aussi i pour ses hôtes que pour lui-môme : « Je ne
tout son cœur, son temps, ses livres, sa mi travail. » Certes, entre ce témoignage, dont la de l'auteur ne peut Taire suspecter la sincérité, plein de malignité où le commentateur de I pelle la visite de Boccace au Mont-Cassin, i bien grande différence. Et si, dans son ai Ilcnvciiuto da Imola ua point exagéré les fail reconnaître que les choses avaient bien chai tuation et d'aspect, du siècle de Boccace à Mabillon. Quant à « l'incomparable K ras me éloge de Michel Germain venge assez de Tinji où il a été laissé par les biographes, c'était Gattola, alors archiviste du Mont-Cassin. N en 1062, il développa dans l'ordre bénédicti sion ardente pour l'élude, et, appliquée à 1 diplomatique, son érudition devint immense, son obligeance infatigable qui étaient à la 11 son instruction, le tirent rechercher des sa van et étrangers de son siècle. Il entretint ainsi une respondance avec Muratori, Tiraboschi, Noi Ion, Calmel et Monlfaucon, et, type parfait di tin, il sut pendant une laborieuse carrière de douze ans, réunir à la fois la science, la mod< vraie piété.