DANS UNE ABBAVE BÉNÉDICTINE
eGallola, que nous avons été surprime la prose variété de connaissances qui distinguaient rjsfc du Mont-Cassin. Sans cesse consulté sur inilé de questions souvent fort difficiles par les x de Saint-Germain-des-Prés ou des Llancsi, il répond à tous avec autant de justesse que et de grâce parfaite. Les lettres qu'il échange avec les Pères Mabillon, Michel Germain et Istiennot, procureur général de la congrégation présentent tour à tour un caractère différent it rapport avec l'esprit, les travaux et la posionnelle de chacun de ses correspondants. Grave, et doucement affectueuse avec l'auteur des bénédictines; plus familière mais non moins te avec son joyeux et spirituel compagnon de la correspondance devient parfois aussi polie littéraire avec dom Claude Estiennot, si bien >ur observer les événements qui se passent à pontificale.
1 la mort eut enlevé au religieux du Monlieux qu'il appelait ses trois bien-aimés cone France, il poursuivit avec d'autres bénéie Saint-Maur, notamment avec Bernard de ;on, Guillaume Laparre et Claude De Vie, des i épistolaires que la science avait nouées et mutuelle affection ne cessa d'entretenir. Malignement des lieux, la difficulté des communii celte époque, les lettres vont leur train cl se Itent régulièrement du Mont-Cassin à Rome, et »à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. La dist longue, il est vrai; les courriers marchent tenient alors, et les réponses, en se faisant al-
tendre, causent souvent une foule de mécomptes, quai* il s'agit, par exemple, de confidences sur les nouvelte secrètes de la politique ou de la littérature, et de petits débats intérieurs avec certains ordres religieux. Mai* si les courriers n'ont pas d'ailes, la pensée en a pour eux, surtout lorsque le cœur la guide et la soudent Aussi, volant par-dessus les Apennins et les Alpes, die arrive toujours à temps pour rapprocher ceux que sépare un long espace, et calmer les impatiences de l'attente, en donnant une explication au retard.
Nous regrettons que les étroites limites de ce chapitre ne nous permettent pas d'analyser plus longuement cette partie d'une correspondance que nousawos eu la mission de recueillir depuis plusieurs années, et où se trouve comme un double reflet de l'érudition monastique et de la pensée bénédictine au dix-septième et au dix-huitième siècle. On y verrait quel sincère amour de la science et de la vérité, quelle bonne foi inaltérable, et en même temps quel esprit de justice pour les autres et de réserve modeste pour soi-même, respirent dansles diverses parties de ce commerce épistolaire! Certes, en cou liant les secrets de leur cœur et les éclairs de leur intelligence à ces feuilles légères que le vent des révolution devait plus tard disperser aux quatre coins de l'Europe, les bénédictins de France et d'Italie étaient loin de pefr ser qu'un jour leurs lettres seraient recherchées avfl soin, pour être livrées à la publicité. Ecrites au cou ranl de la plume, avec le plus entier abandon, etsatt nulle prétention littéraire, ces lettres témoignent asseï même par les négligences de style qui s'y rencontrent combien peu leurs auteurs songeaient à poser dewti leur siècle ou la postérité. Ce n'est plus la gravité nu
itimité de la correspondance, le savant dispamoine lui-môme s'efface, et l'homme reste ur se montrer tel qu'il est ou plutôt tel que ! sentiment chrétien, venant en lui adoucir les , tempérer la passion, et lendremenl échauffer
: principal de celte correspondance qui nous >ul le côté intérieur de la famille de saint Bcbaye du Mont-Cassin a conservé ainsi dans ses in grand nombre de lettres adressées à Érasme et dont l'étude intéresse vivement l'histoire ^rature sacrée et profane de 1680 à 1750. Taule plan d'un ouvrage nouveau que ses confrères îetlent, et pour lequel ils lui demandent la ication de documents ou de manuscrits que le riche dépôt confié à sa garde. Tantôt c'est claire des Acla Sanclorum} des Annales bénédicu Gallia Christiuna qui lui est adressé, ou bien -unes de ces magnifiques éditions des Pères, belle exécution typographique est en rapport îclitude du texte et le profond savoir déployé îoramenlaire et les annotations. Les critiques oulevées à l'apparition de ces ouvrages sont
llti LA SCIENCE ET LES LETTRES
rés dos bénédictins de Saint-Maur. On lui confie 1 sourdes attaques suscitées à leur congrégation en coi de Home, les menées hostiles des ordres jaloux de : gloire, le généreux appui qu'elle trouve auprès des ca (linaux les plus lettrés, et l'espoir bien fondé qu elle de triompher de tous les obstacles. En donnant ainsi a Père tiattola des nouvelles de ce qui concerne les in vaux cl le personnel de la savante corporation, on A manque pas de lui exprimer les plus vifs sentiment! de reconnaissance pour les nombreux services qu'il lui a rendus. Voici pour ne citer que de courts extraits de cel le correspondance, eu quels termes dom Claude de Vie répond de Rome à une lettre que lui avait écrite Krasiuc Gattola, dans le but de le remercier de l'envoi de l'un de ses ouvrages.
« Je vous suis infiniment obligé, mon trés-révérend l'ère, de l'extrême bienveillance avec laquelle il vous a plu agréer l'hommage d'une œuvre dont le mériteest bien plus dans le Tond même du sujet que dans lî Tonne tout imparfaite qu'il a reçue de son auteur. J' vous prie de me pardonner d'avoir Fait un si Faible clof de voire personne, laquelle pourtant a si bien mérité' noire congrégation tout entière, et particulièrement Père Mabillou dont les Annales ont été enrichies vous de documents si nombreux et si intéressants. I satisfaire aux désirs de Votre Révérence, je m'emp de lui apprendre que le Père Nicolas l.c Xourry Fa' primer actuellement le second tome de son Appi ad Inbliolhiram maximum, et que ce volume ne t pas à paraître au jour1. De son côté, dom Bern
1 L'ouvrage lut d abord public eu deux volume* iu-8* ; u