‹ Les monastères bénédictins d'ItalieChapitre 24 sur 79 · DARS UNE ABBAYE BENEDICTINE · texte numérisé non relu

DARS UNE ABBAYE BENEDICTINE

Qtfaucon a publié la Paléographie grecque, ainsi que u tomes des Hexaples d'Origène, et il livre en ce ment à l'impression son édition nouvelle des Œuvres i saint Jean Chrysostome,avec cinq volumes de YAntiki expliquée, qui vont bientôt sortir des presses1. On ■prime aussi une dissertation faite par dom Coustant Mfa le Père Germon, jésuite français, qui a écrit de Mneau contre l'authenticité des anciens Diplômes et ma- ■Nritf'. Cette dissertation sera suivie delà publication h premier volume des Décrétâtes et des Lettres des wrerains pontifes, ouvrage fort remarquable et imptiemment attendu du monde érudit. En outre le Père Mien Garnier s'apprête à donner une nouvelle édition fcabit Basile. Quant à la réimpression du saint 1 renée, dau cinquième tome des Annales bénédictines, je n'en prie pas à Votre Révérence, dans la persuasion qu'elle

• déjà reçu ces ouvrages5. Je vous apprendrai encore

tiftprimê, dès 171.'». en deux volumes in-folio, devenus aujourd'hui *s ruts que précieux.

'les Hexaples d'Origène parurent en 1715, en deux volum» s in- ^•î les Œuvres de saint Jean Clirysoslùiiie. en 1718. en \ô \oluiins *Mo, <.-t la publication des 15 volumes de Y Antiquité expliquée eut fcidelTIO à 1724.

'tes deux volumes, composés par le Père Germon, sont intitulés: fcftfcrtft*4 regum Francorum diplomatibus et arle seaniendi antiqun %**•!« a faim disceptationes. Paris, 170,1-1700. Attaquant Us Ffcipts établis par Mabillon dans sou admirable traité de la Diplo- ■^pr, l'ouvrage du Père Germon souleva une vive et longue! que- *** laquelle prit part un autre jésuite, b» avivant Cliifllet, el où lu ** du religieux bénédictin fut soutenue par trois d«* :-es disciples, ^■Ruinart, dom Coustant et l'abbé Fontaiiiiii, professeur d'éloquence

* CûUége-ltoiiiain.

( 'L'édition des Œuvres de saint Basile, par dom Garnier, en 3 vol. *Wio, ne |iarut qu'un 1721 ; celle des Œuvres de saint Iréuéc avait & donnée une première fois, en 1710, pur dom llenc Massuet. I.»' ''elle Vp volumes des Annales bénédictines, laissés imparfaits à la ■or! de Ma bi lion, furent publiés ensuite par dom Massuet et dom Mur- ■e.

que dom Calmet, religieux lorrain de la congréjp^ de Saint-Vannes, a fait paraître quatorze volumes Ut* » l de commentaires sur l'Écriture sainte, publication * * quelle tous les hommes savants n'ont pas manquèd^F 5 plaudir. Ce religieux est maintenant à Paris dans l'o* 1 de nos monastères, celui des Blancs- Manteaux, où fi ; dois moi-môme aller résider au printemps prochain- t Avant de partir pour la France, j'aurais leplus vif désir * de vous faire une nouvelle visite dans votre sainte abbaye du Moiil-Cassin, et je puis vous donner l'assurant! que si je trouve une occasion favorable, je la saisirai bien volontiers. Je vous dirai en terminant, que lcsaffaires louchant la Constitution sont en France aussi mil ^ que possible. Le roi envoie ici M. Amelol comme am- j bussadeur auprès de la cour romaine, pour en finir awc è cette question, et prévenir un schisme dans l'Église. Je * baise humblement les mains de Votre Révérence, et me liens pour son très-dévoué serviteur.

Claude de Vie, H. B.1.

Datée de novembre 1714, c'est-à-dire peu de temps avant la fin du grand règne dont les dernières années avaient été si déplorables, cette lettre prise par nous au

1 Dom Claude de Vie, né en 1070, à Sorè/e, diocèse de Laranr, ft profession au monastère do la Daurade à Toulouse, et enseigna b rhétorique au collège liéiiédit'tin de Saint-Scver. en C.ascogne. Il futé*" suite chargé d'accompagner dom La Parre. nommé procureur gèuéi» de la Conciliation à Home, où il se concilia l'estime et la btemcîllance du pape Clément XI et de la reine de Pologne, Marie Cas imitt- Ilappelè«'ii France en 17 K>, il prit une grande part à la composition é» deux premiers volumode \ Histoire générale du ÏAngutdoc, que pubfa dom Vaissette. et donna une traduction latine delà Vie de UabiU<M,pS dom Huinart. Dom Claude de Vie allait repartir pour Rome en quaW «le procureur général, lorsqu'il mourut, en 1754, à l'abbaye de Stinl- (Jenuam-des-Prés.

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"*I| montre quel puissant souffle de vie animait à ^fcépoquela congrégation de Saint-Maur. Il semble >« moment du la France, épuisée par les désastres ^guerre de la succession d'Espagne, voit s'éclipser splendeurs pâlissantes du siècle de Louis XIV, cette ule corporation, qui avait à cœur la gloire du pays, voulu compenser alors ses revers et ses pertes, en tant à son trésor littéraire de nouvelles et impenses richesses. Et pourtant, elle aussi allait voir finir tôt sa plus glorieuse période, car déjà elle avait oses premières et plus belles illustrations. Le saauteurdu Spicilegium était mort, usé par le traies austérités et de cruelles souffrances qui Tait retenu pendant la plus grande partie de sa vie à rmerie de Saint-Germain-des-Prés. Ses élèves favohbillon et Michel Germain l'avaient suivi dans la c où les avait précédés l'infatigable dom Claude nnot qui, par son activité prodigieuse, avait justifié la son dernier jour cette devise si digne d'un vrai iictin :

Immorior studiis et araorc senesco sciendi.

and la mort était venue le frapper soudainement ne, où il s'était concilié l'estime et l'affection des naux et des souverains pontifes auprès desquels il représenté les intérêts de son ordre l, cette perte

pipe Alexandre VI 11 qui appréciait son profond savoir, autant prudence et son habileté, le faisait conduire ù l'audience pnnpar un escalier secret et se plaisait à s'entretenir familièrement i des études et des affaires de sa corporation. Plus tard. Iniio- 1 le nomma consulteur de la congrégation des Réguliers. Au ? cette nomination, il écrivait : cr Je ne uiérilois pas cet lion- ■ je ne me m'y attendois pas. Si cela dure, j'aurai des emieux

regrettable avait été douloureusement ressentie Ions ceux qui l'avaient connu. Erasme Galtola, qui pour lui une amitié sincère, éprouva*surtout la vive affliction, à la nouvelle qu'il en reçut par une L écrite de Rome et portant la double signature Pères Guillaume La Parrc et Bernard de Monlfaui « Je ne doute pas, disait le premier, après avoir conté comment le Père Estiennot était tombé foudi par une apoplexie, au pied de l'autel où il venait < frir le sacrifice et de prendre la communion, je ne dt pas que Votre Révérence ne soit fort affligée de ce < luureux occident, et qu'elle n'adresse à Dieu de ventes prières pour le repos de l'âme de notre cher funl. Pour moi, je ne puis vous exprimer tout le i grin que sa mort me cause, car si elle vous faitpei un ami, elle m'enlève un père, et un père qui me1 lail le plus grand bien. » A ces premières lignes si! senties, dnm Bernard de Moutfaucon avait joint les! suivants: «Je ne sais si Votre Paternité voudrai mVxcuser d'avoir mis un si Ion" retard à lui écr

et drs ennemis. Connue je mus un de ceux qui tiennent le plus I sur la nécessité du rétablissement de la communauté, les inté m'en vomiront du mal. Mais il la ut faire ce qu'un doit quand o dans l'occasion et dan* l'obligation de le faire. » Le religieux bét tiu m- m' trompai! pas. Il eut des enwcux, fut accusa de jaiisïn mais le cardinal d'AgmiTe et plusieurs de ses collègues du Sacn l 'p' If di'lciidhvnt •'•m.Tgiqmiiieut. et dom Claude Estiennot par ti iiuiiplii r de lu déi.au.-c et du mauvais vouloir de cette société rff d-.ml il disrit avec tant de line.^e d'observation: « Elle ue peu* ie qui peut senir à .s'avancer et à se mettre à son aise : Panent relises. Peu de bien, si on ne peut eu avoir beaucoup, mais JCM ce bien eî \iwc sans s'incommoder, \oilà le génie du pays; et l habile homme e-t celui qui >aît taire son chemin. » Connaissant i le monde au milieu duquel il avait à vivre, le procureur gêné la cou»; relation de Saiul-Maur sut parfaitement y régler sa con el en mourant il laissa duniuTsels regrets a liuii.e, où il fut :^ec de grands honneur* dauslegliM.1 de la Trinilc-du-Noiit.

ue iiuus il avons pu nous acquiuur pius loi cie •irs envers vous. Les Pères jésuites affirment et it qu'iLsne sont pas les auteurs de la lettreécrite otrc édition de saint Augustin, depuis qu'ils jue la réponse en latin composée par votre • était approuvée du maître du Sacré Palais; ne doit point croire à leurs protestations. Es* ue le roi fera justice de tout ce scandale et puluteurs de cet audacieux libelle, comme Sa Mapromis à l'archevêque de Paris. A ma prochaine ! vous mettrai au courant des nouvelles litlé- Dans la suite de sa correspondance, en effet, lontfaucon ne manque pas de rendre compte à les publications de toute nature qui viennent ises au jour, et ses appréciations, empreintes ine et fine critique, s'étendent parfois des sujets érudition à d'autres objets d'une nature plus ît font de ses lettres une sorte d'appendice au de France et au journal de Trévoux. à la controverse relative à l'édition bénédictine res du saint évêque d'Hippone, et dont l'auteur um italictim parlait à son correspondant avec aine vivacité de langage, elle avait éclaté des guerelle engagée par rapport à la diplomatique.

et où les bénédictins étaient odieusement ace voir altéré les textes édités par eux. A une in si contraire à l'esprit de son ordre, dom Bc Montfaucon, qui alors était à Rome, opposa u: reuse réponse où se décèlent la conscience du et le point d'honneur du gentilhomme qui a> fois servi sous Turenne. U fut admis à pri souverain pontife un exemplaire de son éc conclusions en furent adoptées par les con chargés d'examiner l'édition du saint Augusti prit de justice, ajoutons que si les jésuites a au point de vue de la doctrine une publicatu la paît de leurs auteurs, était un véritable s c'est qu'ils prétendaient voir dans la partie c travail, telles que la préface, les notes et le lions, certains passages entachés, selon eui cipes jansénistes.

Toutefois, malgré la vivacité des coups fuient portés, les éditeurs du saint Auguï plièrent de leurs adversaires. En effet, u bation solennelle du pape Clément XI vint le à poursuivre une entreprise digne, selon le lical, « de leur profession et de leur vertu, e vaient continuer, avec tout le courage et 1 dont ils étaient capables. » Malgré cette dt tranchait le différend, un levain d'amertuir part et d'autre au fond des cœurs. Les béné plus ardents, surtout ceux qui représenlaiei Rome, pouvaient difficilement contenir leu lion et suivie l'exemple qu'avec sa douceur Mabillon leur avait donné dans cette lettre ! adressée en Italie : « Nous savons de bonne ]

ères; mais il faut prendre patience ; c'est une lion qui passera, quoique plusieurs évoques se làeux, ce dont il ne faut pas s'étonner. Cette imiliation nous sera utile et nous apprendra à uyer pas beaucoup sur les applaudissements nés. b

calme que son confrère qui l'appelait souvent loquetaillade, par une double allusion a ses ilités et au nom du fief de sa famille, dom de Montfaucon était loin d'accepter avec la Hgnation les attaques des adversaires de son le ses propres ouvrages. Il s'en plaignait vivesses confidences à Erasme Gatlola, qui de son esprit de corporation, n'était pas plus partisan un de la Société de Jésus que les autres reli- Mont-Cassin et des monastères du royaume de ur ce poinl, leur manière de voir confirmait exprimée si nettement par Michel Germain, on voyage dans l'Italie méridionale. « Les Naécrivait-il alors, parlent de la France avec plus ationque les autres llaliens. 11 n'y a queMaimi fait le comble de leur aversion *. Descarlcs a

Haimbourg, jésuite, écrivain connu par ses nombreux oriques, mais auquel son esprit mordant et passionné ite inexactitude de ses écrits, suscitèrent de violentes ani-

les plus beaux esprits de Naples pour sectateurs ; ils s< avides des ouvrages faits pour sa défense et pour édi cir sa doctrine. Ces savants ne sont pas jésuites. T< Italiens qu'ils sont, ils ne les épargnent pas, même leur présence; je m'en suis étonné. C'est pourtant que j'ai remarqué ici et ailleurs ; c esl peut être quel contre fin ne vaut rien à faire doublure. » Exprès» toute familière, mais rendant à merveille la pais malicieuse du moine voyageur dont la plume sait volontiers au passage un dicton plaisant, et qui, àd réflexions coulant toujours d'un premier jet, mêle t peu de sel gaulois, pour en relever la piquante sarou La correspondance littéraire de l'archiviste du Mot Cassin avec les religieux de Saint-Maur se poursur jusqu'en 1754, époque où mourut celui que dom i cliel Germain appelait déjà, cinquante années aupu vaut, l'incomparable Erasme deGaëte1. Lexemplequ vaient laissé sa vie laborieuse et son amour iatelligc des anciens diplômes ne fut pas perdu pour ses suce seurs. Dans la seconde partie du dix-huitième sicc deux religieux de l'abbaye, les frères dom Placide dom Jean-IJaptisIe Federici de Gènes, continuèrenta succès les recherches et les études qu'il avait comm eues dans les archives du Mont-Cassin. L'ainé, qui é un esprit ardent, s'était d'abord laissé entraîneras tenir publiquement dans sa ville natale des thèses su queslion du jansénisme et du gallicanisme, sujet de* traverse qui passionna tant les intelligences à cette* que. Bien qu'il eût largement expié ce péché de sa

et se retira à l'abbaye rie Saint-Victor. Il y mourut en 4086. au i où il achevait ['Histoire du schisme d'Angleterre. 4 V. Pièces justificatives, I.

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