‹ Les monastères bénédictins d'ItalieChapitre 42 sur 79 · B0BB · texte numérisé non relu

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gustin ne tarda pas à pénétrer, appartenait alors à un bretwalda, ou chef supérieur, appelé Ethelbert, qui avait épousé une princesse chrétienne, fille de Caribert, roi des Franks de Neustrie. Avec le zèle ardent et les moyens de douce persuasion propres à son sexe, Berthe décida Ethelbert à bien accueillir les envoyés de Rome et à entendre leurs prédications. Ce prince, touché de leurs paroles et de l'appareil religieux qui faisait ressortir la simplicité d'une vie tout apostolique, reçut le baptême avec dix mille de ses principaux sujets, le jour de Noél 597. En apprenant l'heureux effet des prédications de son missionnaire, qui s'en allait par toute la contrée baptisant dans leau des fleuves les infidèles convertis, le pape Grégoire s'était écrié : « Voici que la langue des Bretons, qui n'avait que des frémissements barbares, fait retentir dans ses louanges au Seigneur ï alléluia des Hébreux. Voici que l'Océan, naguère gonflé par la tempête, se courbe sous les pieds des saints, et la parole du prêtre apaise les flots que n'avait pu dompter l'épée des empereurs. » Aussi, comme les travailleurs ne suffisaient plus, selon la parole d'Augustin, à l'abondance de la moisson, le souverain pontife s'empressa d'envoyer une mission nouvelle, conduite par Laurenlius et Mellilus, qu'il chargea de remettre au saint moine le pallium ou insigne de la dignité archiépiscopale dont il venait de l'investir. En même temps était apporté de Rome un plan d'organisation pour la naissante Église d'Angleterre, et le siège métropolitain d'où devaient relever les douze premiers évêchés des provinces méridionales fut fixé à Cantorbéry. CependanMes monastères fondés par Augustin et ses successeurs s'étaient multipliés, et telle devint leur re-

nommée, telle aussi la ferveur des Anglo-Saxons, que plus de trente rois et reines du pays passèrent des grandeurs du siècle dans la solitude des cloîtres. Ces abbayes, dont les plus anciennes et les plus célèbres furent celles de saint Augustin, de Cantorbéry, de Westminster, de Wearemuth, de Jarrow et deSaint-Alban, devinrent le refuge de la science et des vertus paisibles que le fléau de la guerre poursuivait alors dans toute l'Europe. L'art fut également cultivé dans ces pieuses et savantes communautés. Saint Benoit Biscop, qui en avait fondé et réformé plusieurs, y introduisit le chant romain, orna leurs églises d'images d'apôtres et de peintures symboliques, et en fit garnir les fenêlres de verrières exécutées par des ouvriers appelés de la Gaule1. Il enrichit aussi les bibliothèques de ces couvents de manuscrits précieux qu'il avait rapportés d'Italie, et le travail assidu des moines en multiplia bientôt les exemplaires. Dès lors, par une juste réciprocité, la Grande- Bretagne rendit à la civilisation chrétienne les bienfaits qu'elle en avait reçus, et de ses monastères sortirent non-seulement des savanls comme Bède le Vénérable, mais encore de saints missionnaires qui, comme Wilfiïd, Willibrod, et surtout Boniface, allèrent porter la parole divine parmi .les plus sauvages tribus de la Germanie.

C'est un spectacle vraiment extraordinaire que cette succession continue d'apôtres Anglo-Saxons, qui s'en vont tous du Rhin à la Baltique, pour conquérir, l'Évangile à la main, les contrées inaccessibles qui avaienvu périr ou reculer les légions romaines. Dans cette fat

1 Ad. S. Bened. biscop., ap. Bolland. — Bcdai Hiêt. eccles.

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