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SCÈNE III MADAME BOUJU, POSTEL

posTEL. — C'est la loge de mam'zelle

Manette ?

MADAME Bouju. — Oui, monsieuF.

POSTEL. — Elle n'est pas encore arrivée?

MADAME BOUJU. — Elle ne vient jamais avant neuf heures et demie.

POSTEL, donnant un j>ourhoire. — Voilà pour vous.

MADAME BOUJU. — MoFci, monsieur.

POSTEL. — Vous lui remettrez cette lettre en mains ipro^fres,.. (Madame Boufu F examine de la tête aux pieds,)

MADAME BOUJU. — G'est de la part de monsieur votre père ?

POSTEL, fermant un œil. — Allons, voyons I

MADAME BOUJU. — Pour uue soirée?

POSTEL, avec intention. — Oui... une fin de soirée.

MADAME BOUJU. — Bien, monsieur, je ferai votre commission.

POSTEL. — A propos... un détail... confidentiel... vous ne pourriez pas me dire les prix de Manette ?

MADAME BOUJU. — Mousicur vcut dire le cachet... G'est cinq cents francs.

POSTEL. — Cinq cents francs I Pour les

Brésiliens?... mais pour les amis?... quand le cœur lui en dit?...

MADAME Bouju. — Alors... dans ce cas, monsieur, c'est pour rien.

posTEL. — Non I... rien, c'est trop court I elle accepte bien un cadeau? un petit cadeau?

MADAME BOUJU. — Mou Dicu, mousicur...

posTEL. — C'est ça... je lui ferai un cadeau... Autre chose?... Croyez-vous qu'elle arrive seule, tout à l'heure?

MADAME BOUJU. — Je uc sais pas, monsieur ; souvent, mademoiselle amène les amis avec qui elle a dîné.

POSTEL. — C'est une chance à courir. Je vais attendre.

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