MISSION DES ESPRITS
« Je vous l’ai dit : la loi de tout être créé immortel, de tout être créé à l’image de Dieu, c’est d’abord le progrès. 11 faut qu’il progresse toujours, qu’il marche du néant h l’infini, de l’obscurité à la lumière. Ensuite, la seconde loi à laquelle il est soumis, c’est l’activité; il doit concourir au progrès universel, sur les planètes^ d’abord et ensuite dans les sphères célestes.
n Ainsi, toutes les vérités religieuses ont été apportées sur le globe terrestre par des
esprits des sphères supérieures; ils les ont communiquées aux hommes par voie de révélation. Les prophètes étalent des médiums, les uns conscients des manifestations qu’ils recevaient des régions d’en haut, les autres inconscients. Ceux-ci se sentaient bien parfois dans un état anormal, ils entendaient une voix leur parler, ils comprenaient que c’était une voix divine; mais ils ne connaissaient pas les mystères du spiritisme et les moyens que les esprits prenaient pour communiquer avec eux selon l’ordre divin qu’ils avaient reçu.
« Les prêtres égyptiens étaient des spirites, quelques-uns d’entre eux étaient médiums.— Enfermés dans leurs temples, ils faisaient des expériences spirites; ils connaissaient l’existence d’un seul Dieu en trois personnes. Dans plusieurs de leurs ouvrages philosophiques ils ont laissé entrevoir cette vérité; seulement, comme le peuple n’avait point encore assez progressé intellectuellement, ils laissaient subsister dans l’esprit du
populaire la croyance en des dieux intermédiaires. Il fallait à ces êtres, encore grossiers, des symboles palpables, réels.
« Moïse a été un médium voyant : l’esprit qui s’est fait entendre à lui sur le mont Sinaï, et qui lui est apparu entouré d’un nuage lumineux, n’était autre qu’un esprit d’une sphère supérieure qui venait remplir auprès de lui une mission divine, donner une loi plus pure à ce peuple grossier et débauché.
« Moïse savait bien, lui, que cet esprit n’était point Dieu, mais simplement un de ses envoyés. Il a dit aux Hébreux : « Dieu « m’est apparu ; il m’a parlé » , afin de frapper ptus vivement leur imagination et de les porter plus sûrement à l’obéissance.
« Le divin Créateur a sous ses ordres des milliards d’esprits. Il peut les envoyer remplir des missions sur tous les globes, et il ne se dérange pas pour venir parler à un simple mortel.
« Le Livre des Lois a été écrit à Moïse au moyen de l’écriture directe. Cet homme a été troublé par ce phénomène; vous comprendrez cela sans peine, vous qui savez quelle incrédulité rencontre encore au XIX' siècle ce phénomène.
« L’esprit qui donnait à Moïse ces Tables de la Loi était un esprit de quatrième sphère, qui, ayant pour mission de relever le peuple hébreu de l’état de démoralisation dans lequel il était tombé, avait choisi Moïse pour son médium.
« Tous les prophètes hébreux ont été aussi des médiums : Jean-Baptiste, le précurseur du Messie, était le médium de l’esprit chargé d’apprendre sur la terre cette grande nouvelle. Le divin Créateur trouvait les habitants de la Terre assez avancés en progrès intellectuel, en progrès de la nature céleste, pour leur envoyer un messager divin et les initier aux vérités célestes.
« Le spiritisme était déjà connu, vous le savez., dans l’Indoustan ; de là il avait péné-
tré dans l’Égypte, dans la Syrie et dans la Palestine; mais les esprits du mal avaient envahi ces contrées, et ils donnaient aux hommes médiums des communications contraires à la mission divine du Christ. Et Jésus, exorcisant ces hommes, ne faisait que signifier à ces mauvais génies que Dieu voulait qu’ils se retirassent : la voix de Dieu est toujours obéie, car le bien comme le mal lui sont soumis.
« Si nous quittons ces révélations d’ûn ordre divin, nous retrouvons dans tes siècles passés plusieurs grands médiums. Le Dante était un spirite, mais son imagination de poète l’a emporté : il a fait la description d’un Enfer fantaisiste.
i( Il a cependant laissé entrevoir dans plusieurs de ses œuvres la croyance dans la communication possible entre les mondes des esprits et le monde terrestre ; mais il a voulu entourer de mystères et d’ombres épaisses cette divine religion. 11 a compris que les hommes de son siècle n’y étaient
point encore préparés; pourtant il en a dit assez pour donner une preuve évidente h ses compatriotes des siècles futurs qu’il avait, lui, sondé le premier les mystères de la vie après la mort.
« Il est un homme que les uns ont nommé charlatan, les autres sorcier, et qui n’a été qu’un puissant médium : je veux parler du grand Cagliostro. Cet homme avait le don d’évoquer les esprits au moyen de la glace ou du seau d’eau : l’esprit lui montrait l’image de l’événement pour lequel il était interrogé. Il a pu ainsi montrer à la reine Marie-Antoinette te fatal échafaud sur lequel elle devait monter; il a pu prédire la terrible Révolution et faire des révélations aussi curieuses qu’exactes. Il avait pour esprit familier l’esprit du savant Hippocrate, qui lui donnait des recettes pour arriver à guérir les malades. Mais Joseph Balsamo ayant été ébloui d’un don qui ne devait le porter qu’à une grande reconnaissance envers le Créateur divin, et ayant préféré se
poser en être surnaturel au lieu de jeter en France et en Italie les germes de la religion spirite, finit par perdre ses facultés médianimiques, et mourut misérablement en prison.
<i Lenormand était aussi un médium; les esprits lui communiquaient leurs révélations par voie de transmission de la pensée : c’est ainsi qu’elle a pu prédire à Napoléon I" sa fortune incroyable et son infortune inouïe.
« Mais n’allez pas conclure que les vulgaires tireuses de cartes sont toutes médiums. Oh! méfiez-vous de ces mauvais exploiteurs de la superstition bête !
« Galilée a été, lui aussi, un médium remarquable. Ses révélations lui venaient d’Hipparque, mathématicien astronome qui vivait dans le II* siècle avant Jésus - Christ.
<( Toutes les découvertes sont dues à l’influence des esprits chargés du progrès humain sur les sphères. Ceux auxquels elles
ont été inspirées ont été des médiums quelquefois conscients, souvent inconscients :
il en sera de même pour celles qui ne tarderont pas à se faire.
A. Dumas. »