ET DE SES DIFFÉRENTES FORCES
« Voici, mère, encore une question bien difficile à traiter : elle contient des secrets qu’on ne peut pas éclaircir aux yeux des mortels, et il est presque impossible de la traiter d’une manière qui soit compréhensible pour eux.
« 11 y a ici une force qui se nomme, par opposition à la matière terrestre, fluide. 11 ^
y a autant de différents fluides qu’il y a de différentes matières.
« Un de ces fluides a le don de pouvoir
aller- vers vous, conduit par le peresprit. Il a la puissance de produire les divers phénomènes spirites; il peut même vous forcer à subir son empire et à lui obéir un instant.
Ainsi, tu es à ta table ou assise dans ton salon, il peut le forcer à songer soudain à un péresprit, ou, pour parler le langage des humains, à un mort ; il peut te dire tout bas :
« Me voici » , et machinalement tu poses la main sur ta table ou tu prends un crayon.
Alors il communique à ton crayon ou à la table une vie factice ce fluide contient le germe de vie. Si tu es médium typtologue, les coups se font entendre, ou bien ta table se soulève, si tu tiens ton crayon, il s’agite : tu n as plus qu’à le laisser glisser sur ton papier en suivant son impulsion. Il peut encore opérer sur ton bras, et tu écris, tu écris, sans te rendre compte de la force qui te pousse. Enfin il peut agir sur ton cerveau : ta pensée en est chassée pour un instant, et le fluide la remplace. Le péresprit parti, le meuble devient inerte, le principe de vie s’en est
retiré; ton crayon devient un simple morceau de bois, ton bras reprend son libre arbitre et ton cerveau est rendu à ton péresprit : c’est encore toi qui penses.
Le médium qui a un fluide très-puissant peut, par la force de sa volonté, appeler à lui le fluide de vie, qui se communiquera à l’objet sur lequel il a les mains posées. Seulement il faut avoir soin, en même temps qu’on fait cet appel, d’évoquer un péresprit, sans quoi le fluide de vie vient seul, il fait mouvoir la table au hasard, car il est une force, une pensée même, mais non une âme; c’est un principe, une matière, qui un jour pourra être une âme, mais qui ne l’est point encore.
i( Voici pourquoi, mère, il t’arrive parfois de sentir une force qui agite ta table ou fait mouvoir ton crayon ; mais ses phrases sont incohérentes, ses réponses faites au hasard, et, impatientée, tu te dis : « Mais « quel est donc l’esprit qui est lâ ; il bat la
« campagne. »
« La force fluidique qui est là lit dans ta pensée ; elle te dit ce qui lui parait être en rapport avec l’impression que tu lui communiques , et elle se demande pourquoi tu te fais un malin plaisir de la déranger.
« Evoque donc toujours un esprit avant de poser les mains sur la table ou de prendre un crayon, et si tu veux appeler un esprit qui n’ait aucune attraction affectueuse pour toi, ou un esprit qui ne soit point encore venu se manifester à toi, évoque-moi d’abord, et dis-moi d’aller te le chercher s c’est possible.
« La force du fluide des médiums n’est pas une force, c’est plutôt un pouvoir ou un don. Ce pouvoir est plus grand chez les uns que chez les autres. Si ce pouvoir est de nature pure il appelle les bons esprits, tandis que s’il est de nature impure il appelle les mauvais de préférence. »
Demande. —Qu’appelles-lu un pouvoir de nature pure?
Réponse. « Le pouvoir est de nature pure s’il obéit au désir d’évoquer les esprits dans le but d’arriver à une plus grande foi, à la perfection morale et à la connaissance des vérités du monde dans lequel on parvient après la mort. Il est impur si le médium n’évoque les esprits que pour satisfaire sa curiosité ou pour en faire un amusement, ou encore pour en faire une sorte de mauvaise exploitation.
« C’est tout sur ce sujet, et je signe de mes deux petits noms qui me sont chers, car l’un est celui de la grande et pure mère du doux Jésus, et l’autre de ce grand roi qui ne connut le pouvoir que pour se faire une gloire d’être un bon chrétien et un roi saint.
« Marie Louis. »
'( Mère, je reviens sur ma communication d’hier, et j’ajoute ceci sur la force fluidique des médiums :
« Cette force leur est personnelle, c’est une puissance qu’ils ont su conquérir par leur âme et qui est personnelle à leur être céleste, c’est-à-dire à leur péresprit. Pour arriver à vous rendre compte de -ce fluide qui vous permet de vous mettre en communication avec les péresprits qui sont dans les sphères célestes, il faut d’abord être spiritualiste, c’est-à-dire avoir secoué la mauvaise influence de la nature humaine et se préoccuper plus de la vie éternelle que
de la vie terrestre ; il faut encore savoir se rendre compte des moyens à employer; il faut enfin être désireux de connaître lesvérités divines pour en faire un bon usage, et non dans la pensée de satisfaire une simple curiosité. Il faut se dire que ce don est un bienfait de Dieu et s’efforcer de devenir meilleur, ne l’employer enfin qu’à la plus grande gloire de Dieu.
'( Marie Louis. >■
Demande, — Pourquoi certains esprits sont-ils si rebelles au spiritisme?
Réponse. « Par la raison qu’il y a des humains ayant un péresprit peu épuré encore; il n’est pas depuis assez longtemps soumis au grand creuset de l’épuration imposée par Dieu. Ces péresprits-là sont peu aptes à saisir les choses de la vie céleste; ils sont encore à l’état embryonnaire comme âme ; ils ne savent pas que la vraie vie n’est pas dans ce monde. Ces divines vérités spirites les étonnent, les choquent même; ils ne peuvent les admettre; ils sont de bonne foi dans leur incrédulité. Que voulez-vous,
ils ne savent pas, ils ne sont pas en état de savoir. Chercher à les convaincre est inutile; si on leur montrait les preuves palpables du spiritisme, ils s’efforceraient de n’y voir qu’un adroit charlatanisme, et si on leur faisait voir les esprits reconstitués pour quelques minutes, et cela d’une façon qui les forçât à se rendre à l’évidence, ils seraient saisis d’une frayeur extrême : ils verraient en cela l’œuvre du malin esprit.
« Il est réel que tous les humains ne sont point encore prêts à recevoir les sublimes révélations du spiritisme, et c’est pourquoi Dieu ne le laisse s’imposer que peu à peu.
« Aussi ne cherchez pas à convaincre ceux que votre intuition vous dit avoir des âmes peu éclairées, peu épurées, des âmes qui, comme péresprit, en sont encore au premier degré: ils ne pourraient comprendre et ils ne sauraient que faire du mal à cette sublime science.
« Mais lorsque vous rencontrez une âme qui n’est rebelle que par un sentiment de
doute qui est naturel, et que votre intuition vous dit que l’âme est bonne et assez dégagée de l’influence de la matière pour pouvoir comprendre, oh! alors, ne craignez pas le ridicule, parlez spiritisme, parlez sans cesse de ses phénomènes, montrez-leslui, essayez de tous les moyens pour faire naître la foi en elle.
« Cherchez les âmes égarées, donnez-leur la foi spirite, qui seule pourra les ramener au bien.
« Vous serez un jour bien plus satisfaite d’avoir sauvé une âme que d’avoir possédé la plus grande gloire terrestre. Faites-vous l’avocate du spiritisme, et une fois ici, dans les sphères célestes, vous toucherez de fort bons honoraires.
« 11 y a deux sortes de charités, qui toutes deux sont très-agréables à Dieu : la charité matérielle, c’est-à-dire secourir les besoins du corps de ses semblables, en leur donnant du pain, de l’argent, et en les aidant à trouver du travail..
La communication suivante m’a été faite spontanément, c’est-à-dire que je ne posais aucune question dans ce sens à l’esprit ; je lui disais seulement : « J’ai le crayon en main, je voudrais écrire un chapitre pour mon ouvrage , voulez-vous me le dicter ? »
Voici la citation qu’il a faite de lui-même :
Il viendra un temps ou^ vos fils et vos filles prophétiseront ; vos vieillards auront des songes, vos jeunes gens auront desvisions, et vous aurez des signes extraordinaires sur la terre et dans les deux. (Épître de saint Paul aux Molosses )
« Eh bien ! ces temps sont venus ; il y a des signes extraordinaires sur la terre.
Les hommes incrédules disent en vain (jue ce n’est qu’une illusion, une chimère, un mensonge; on leur répond : «Voyez vous-^ « mêmes , et essayez de nier l’évidence, les « preuves palpables ! »
«Alors , épouvantés, ils se bouchent les oreilles, ferment les yeux et disent : «Nous « ne voulons rien voir ; mais cela n’est pas, « cela ne peut pas être. »
« Ceci n’y fait rien ; toute vérité commence par être niée, puis elle est discutée, et enfin elle est accréditée.
« Il ne faut donc pas vous étonner de la forte incrédulité et même des colères que fait naître le spiritisme, car toute nouvelle religion a rencontré des incrédules et des ennemis ; mais un jour viendra où on se dira : « Est-ce bien possible qu’au XIX® siè- « de on pût nier encore une vérité si pal- « pable, un bienfait de Dieu si grand et si « consolant pour la pauvre humanité?»
« Je ne veux pas vous dissimuler que la