‹ Les mondes des esprits ou La vie après la mortChapitre 8 sur 16 · HO · texte numérisé non relu

HO

religion directe, c’est-à-dire le spiritisme , ne sera tout à fait répandue sur la terre que dans près d’un demi-siècle : Dieu le veut ainsi, afin que les hommes puissent arriver graduellement à la connaissance de ces nouveaux mystères; leur pensée s’y habituera peu à peu, et ce qu’ils ont de merveilleux ne heurtera pas trop subitement leur intellect. Il faut semer la bonne graine et se dire : « Que si l’ivraie dans ce momciil l’étouffe « encore, un jour cependant les germes je- « tés pousseront et produiront. »

« Ne vous laissez pas aller au découragement en voyant combien est grand le nombre des incrédules. Si l’on vous attaque, si on vous jette l’insulte et la raillerie à la face, ne dites rien : sachez qu’un jour vous serez récompensée par celui qui se sert de vous pour ensemencer son champ.

« Si l’on vous disait que vous êtes trop mauvaise chrétienne pour être choisie comme apôtre de la nouvelle religion , répondez que les apôtres du divin Jésus avaient été

IH

choisis par lui parmi de simples pécheurs , tout instrument est bon entre les mains du divin Maître. Hier pécheurs et ignorants, ils furent purifiés et instruits par la foi.

« Maintenant, je vous le dis en vérité, rien de ce qui arriven’est extraordinaire. Lavenue du Christ avait été prédite : elle a eu lieu. Ses apôtres ont, à leur tour, annoncé qu’un temps serait où les révélations viendraient d’en haut aux hommes par des moyens surnaturels; ce temps est venu. Tout ce qui a été prédit s’est accompli : ce que je vous prédis s’accomplira.

« Amen.

Fii. !.. »

Communication spontanée.

« Comme je vous 1 ai dit, il y a deux charités, qui toutes deux sont agréables à Dieu : la charité matérielle, qui consiste à partager généreusement son bien avec les pauvres, et la charité spirituelle, qui porte à répandre la foi et à ramener au bien les égarés. Il faut toujours et sans cesse parler des mystères ' de 1 autre vie à ceux qui ne sont pas assez éclairés ; il faut les leur faire comprendre en les mettant à leurportée. Ainsi, lorsque vous avez affaire à un esprit un peu borné, ne lui expliquez pas complètement les phénomènes spirites, ne lui dites pas toutes les merveilles de la céleste organisation, ne lui dites de ces vérités que celles qu’il peut

saisir, sans quoi vous pourriez amener du trouble dans son intelligence.

« Mais lorsque vous avez affaire à un esprit bien complet, à une intelligence réelle, alors dites toutes les vérités que les révélations des esprits vous ont fait connaître ; ne craignez ni les railleries ni le ridicule : ceux qui ne deviennent pas croyants dès les premières expériences le deviendront un jour. Je vous le redis, si vous avez eu le bonheur de faire naître la foi, ne serait-ce que dans une âme, il vous en sera tenu compte le jour où vous apparaîtrez devant le Juge divin et suprême.

« Fr. L. »

« Matière n’est point ici ce que l’on entend sur la terre : dans nos sphères, le nom de matière est donné à une essence fluidique qui n’est pas tangible aux yeux des mortels, mais qui l’est aux yeux des esprits.

« Cette essence a des facultés, des propriétés et une puissance bien supérieure en force è celles de la chair. Les êtres faits de cette essence fluidique peuvent ressentir des sensations, des impressions, et bien plus vivement que ne les éprouvent les humains.

« Il y a dans les régions célestes plusieurs sortes de corps constitués :

« Primo, ceux appelés désincarnés ; ceuxlii conservent une apparence de corps, l’om-

bre de leurs formes humaines. Ces esprits ne sont point encore complètement dégagés des idées, des instincts terrestres; ils ne sont point parvenus encore à l’état de pur esprit. On pourrait dire, qu’ils ont là-haut un corps jumeau de celui qu’ils avaient sur ^ la terre. L’esprit de John King, que vous ' avez vu, appartient à cette catégorie.

« Après le degré d’épuration voulue obtenu, ils passent à l’état de pur esprit, et ils ont alors un corps fluidique. »

Je demande à l’esprit de vouloir bien assigner à chaque sphère le genre de corps possédé par les esprits qui l’habitent.

réponse. — « Dans la première sphère, de celles dites sphères humaines, les esprits n’ont que des corps fluidiques, mais non lumineux. Il en est de même pour ceux de la deuxième. Dans la, troisième, ils ont des corps désincarnés, dont je viens de vous parler. Dans la quatrième, qui est la pre-

mière des sphères dites célestes, les esprits ont des corps fluidiques et lumineux.

« Arrivés à la cinquième, les péresprits sont réunis à leurs âmes, et alors ils ont des corps constitués qui ne sauraient être décrits. Qu il vous suffise de savoir que ces corps ont des attributs divins, des facultés innombrables et une puissance infinie.

Comme esprits on les nomme majeurs, pour indiquer qu’ils sont arrivés à la plénitude de la force, de la sagesse et du bonheur.

« A partir de la cinquième sphère, les esprits ne reviennent plus se manifester aux vivants.

Communication spontanée.

« J’intitulerai ceci : De la folie des humains, me dit l’esprit, et voici ce qu’il me dicte :

«Nous oublions, nous, esprits dégagés, les faiblesses qu’a eues jadis notre intelligence, alors que notre péresprit était enfermé dans sa prison de chair, et, en contemplant les humains du haut de nos sphères, nous nous disons: Que leur folie est grande!

« Ils savent bien qu’ils ne sont sur la terre que pour un temps fort court, dont la durée est un mystère pour eux, mais dont ils connaissent la limite;, et pourtant ils vi-

vent sur la terre comme s’ils y étaient pour des siècles et des siècles.

« Ils se construisent des châteaux qui restent debout alors que le corps humain de leur propriétaire n’est plus que cendre et poussière; ces édifices restent là pour attester que ceux qui les ont faitbâtir n’avaient pas songé au peu de durée de la vie terrestre.

« La vie humaine n’est qu’un amoncellement de déboires, de tristesses, de souffrances, et pourtant l’homme s’y cramponne ; il ne songe à l’autre, à l’éternelle, qu’avec un sentiment d’effroi, d’épouvante même. La mort, qui doit le délivrer, n’est pour lui qu’un sujet d’horreur, tandis qu’elle n’est en réalité que le phare divin dont les clartés disent à l’homme: « Patience, courage ; la mort « te délivrera de tes peines », — comme le phare dit aux matelots qui ont été en proie à la colère des flots, aux déchaînements de la tempête : * Courage , voici le port! »

« La vérité la plus consolante que le divin Créateur ait donnée à l’humanité, c’estcelle-

ci : la vie n’est qu’une courte épreuve imposée à l’âme, qui, dès qu’elle l’aura bien subie, commencera une vie heureuse. Au lieu d’y puiser une douce consolation, 1 homme éloigne cette pensée de lui; ceux mêmes qui sont malheureux aiment leur épreuve ; la mort les épouvante.

« Quels pauvres fous sont les hommes!

Dieu, dans sa miséricorde, leur a laissé entrevoir la vérité d’une vie éternelle et heureuse, dont la vie terréstre n’est que le prélude, et ils ne cherchent qu’à oublier ce qui devrait être leur constante préoccupation !

(( Marie Louis. »

Page 1