L ARE
Dans les diocèses ou l’excommunication avait lieu ipso facto, la dénonciation de l'excommunication était souvent accompagnée d’une nouvelle publication du monitcire portant des peines ogg ravées dont seraient frappés, ipso facto, les témoins qui demeureraient contümaces pendant un nouveau délai ; c'était l’aggrave. Le délai expiré l’excommunication aggravée avait été encourue et le curé procédait à la dénonciation de l’aggrave. La dénonciation de l’aggrave pouvait être accompagnée d’un
réaggrave.
a) Un monitoire avait été publié dns plusieurs paroisses du diocèse °de Pontoise et n'avait provoqué aucune révélation «quoyque plusieurs pérsonnes desdites parroisses aient connoissance des faicts portez ua. monitoire ». Les curés de ces päroissses parurent suspects au plaigrant qui demanda à l'official de commettre d’autres prêtres pour faire la publication du réaggrave qui vendit de lui. être accordé et recevoir les révélations (Arch. de Seine-et-Oise. Officialité de Pontoise,
CG. 200, pièce 11).
Dans certains diocèses, par exemple dans le diocesw d'Orléans, on omettait l’aggrave et on procédait directe ment au réaggrave. Dans les lettres de réaggrave, l'offii cial d'Orléans rappelait qu'un monitoire avait été publié sur tels faits et ajoutait: « Nous vous mandons que » et chacun de ceux et celles qui ont été comme il est dit
ci-dessus excommuniés et que nous déclarons par ces présentes aggravés et excommuniés soient dénomeés aggravés el excommuniés de notre autorité par .les présentes nos! -leitres de réaggrave qui seront annoncées et publiées pen= dant trois dimanches ou fêtes consécutives mêmes annuelles et qui se rencontreraient dans le temps de, la publication. Donné à Orléans... » (x). 4 $
La dénonciation de l’aggrave était souvent accompa-
gnée de cérémonies impressionnantes. Une erreur très répandue dans les diocèses où l'excommunication avait lieu ipso facto, consistait à croire que l’excommunication: n'était encourue qu’au moment de la publication de l'aggrave. Cette erreur était tiès préjudiciable à l'administration de la justice, puisque les fidèles attendaient pour révéler que l’aggrave fût publié ; les preuves pouvaient disparaître; et surtout lorsqu'on ne recourait pas à l’aggrace, comme il arrivait souvent, aucune révélation ne se produisait. Cette erreur s’expliquait précisément parce que la publication de l’aggrave était accompagnée de cérémonies qui faisaient croire aux fidèles que l'aggrave était l’excommunication elle-même. Et c’est pour
lutter contre cette erreur, particulièrement répandue dans
(1) Arch, du Loiret, Officialité d'Orléans G. 498-5ox,