PACE
PME. EVER
hions, en laquelle sentence d'Excommunication s'ils croupissent pendant l’espace de six jours, Nous les Aggravons et au cas que pendant les six autres jours immédiatement suivants, ils demeurent d’un cœur endurcei et obstiné (ce qu'à Dieu ne:plaise) Nous les Réaggravons ;. Et vous mandons de les dénoncer de notre part et authotité par trois Dimanches consécutifs après la réception des présentes aux Prônes de vos Messes Paroissiales, tous les susdits coupables qui ne sont venus à Révélation ni à Satisfaction pour excommuniés aggravés et réaggravés ; et comme tels retranchés du Corps de notre Mère la Ste Eglise, livrés à Sutan et chargés de Malédiction Divine, si dans trois jours après la troisième Publication de notre présente sentence de Fulmination ils né font pas les Révélations et Satisfactions nécessaires sans qu'il soit besoin d'autre publication... »
L'usage des aggraves et des réaggraves dans la procédure monitoire était emprunté aux règles de l’excommunication ordinaire lancée contre des pécheurs connus ; seulement, comme l’excommunication monitoriale s’'adressait à des inconnus, la pratique des aggraves et réaggraves avait dégénéré ; et on en était venu à confondre l'excommunication avec ses différents degrés d’aggravation.
Autrefois, l’excommunication, l’aggrave et le réagtiave ne s’adressaient qu'à des pécheurs connus ; et correspondaient à des objets précis : le pécheur excommunié était mis hors de la communion de l'Eglise ; il était privé de la participation aux sacrements. L’excommunié, frappé
d’aggrave, était privé, dit Eveillon «de tous les com-
merces et droits de la société civile et humaine », défense
lui était faite « d’aller au four et au moulin et autres
choses semblables desquelles l'usage: est commun à tout
le monde. » Enfin, par le réaggrave « l'Eglise réaggrave la sentence faisant défense à toutes personnes de participer aucunement au boire ni au manger avec les dits excomniuniés sous peine d’encourir la même sentence-d’anathème (x).
Au xvi° siècle, il n’en était plus ainsi. D'une part l'exéommunication monitoriale, qui s’adressait à des pécheurs inconnus, était incompatible avec la pratique des aggraves et réaggraves : comment interdire aux fidèles de communiquer avec un excommunié qu'ils ne connaissent pas. Eveillon insiste sur ce point (2) : « Les Aggraves et Réaggraves ne se doivent décerner et ne peuvènt avoir effect, sinon aux cas que les délinquans aient esté excommuniez nommément et en particulier et dénoncez en public ». Il critique la pratique des aggraves et réaggraves répandue au xvn° siècle « qui est, dit-il, une bien
grande absurdité ».
D'autre part, alors qu’autrefois l'aggrave et le réag-
grave correspondaient à une aggravation réelle des peines, aggraves et réaggraves ne sont plus, au xvim° siècle, que des publications semblables, d’une même censure ; l'aggrave n’ajoute rien à l’excommunication, ni le réaggrave à l’aggrave.
Toutes ces difficultés proviennent de ce qu’on ne con-
(x) Op. cit., p. 344.
(2) Op. cit., p. 358.
sf nreraéi/
naissait pas les témoins qui n'étaient pas venus à révélation .Que si on connaissait des témoins qui n'avaient pas révélé, pouvait-on les nommer dans les diverses publica- : lions des excommunications, ; aggraves et réaggraves ? Nous n'avons trouvé qu'un seul document permettant de répondre affirmativement à cette question : c'est une lettre de l'official d'Orléans intitulée : « Fulmination de Monitoire, aggrave et réaggrave ». Il s'agissait, dans cette affaire, de détournements de succession et l’on avait procédé à l'aggrave et au réaggrave sans que personne se déeidât à venir à révélation ; or, le plaignant était per-. suadé que telles personnes étaient susceptibles de fournir des renseignements puisqu'elles avaient eu « l’indiscrétion contre le respect dû à l'Eglise et à ses décrets de c’annoncer ne devoir jamais révéler les connoissances particulières qu’elles ont desdits faits... » ; l’official pro-. céda à une fulmination où il exeommuniait « tous ceux el celles qui par l’esprit de rébellion: contre les décrets de l’église n’auroient pas satisfait à nos dittes lettres monitoires, agrave et réagrave et notamment ledit Jean tessier et sa femme et courtois texier en toille qui ont mesme osés publier qu'ils persévéroient constamment dans leur silence quoy que avec connoïissance de la plus part des. dits faits... » (x).