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GUMES 145
syracusain, le Démarétion (1), et c'est le seul exemple où, sur la monnaie de Cumes, la tête féminine soit couronnée de laurier. Sur une autre monnaie, plus récente, le coquillage épisème de Cumes est entouré de quatre dauphins se pourchassant, type constant des monnaies syracusaines(2).
L'art de la glyptique, à Cumes, après quelques nobles essais, commence à se styliser, puis, vers 460, à s'appauvrir complètement : le dessin des têtes devient maigre et sommaire. Cette période de décadence artistique est suivie, après une vingtaine d'années, par un renouveau d'art; mais ce nouvel épanouissement est arrêté de rechef par des Inûuences étrangères ; au lieu du style hellénique pur et idéaliste auquel devaient conduire les modèles attiques et syracusains, nous voyons sur les monnaies un style bizarre qui a certainement beaucoup de caractère, mais qui contraste avec la technique et le sentiment des Hellènes. Les inscriptions y sont souvent fautives : KYMION et ^OIW/iV>l (3) — Y>IMAIO< (4) — KYMAON (5) — IOY>l (6); nous retrouvons ces mêmes caractéristiques dans le monnayage samnite de Nola, d'Hyria^ etc. Des effets à peu près analogues se produisirent en Sicile, pendant l'invasion carthaginoise.
Ce trouble dans les traditions artistiques de la vieille cité chalcidienne n'a pu venir que des Samnites. Les annalistes du siècle d'Auguste, généralement si mal renseignés sur l'histoire ancienne des colonies grecques, nous disent que Cumes, cherchant à arrêter l'invasion samnite, succomba et fut presque entièrement détruite et que ses habitants se réfugièrent à Naples. Les uns placent cet événement à l'année 428 [Denys d'Halicarnasse (7) — Diodore (8) ] ; les autres, à l'année 420 [Tite-Live (9)].
Strabon (10), après avoir répété ces indications, nous donne un