‹ Les monnaies antiques de l'ItalieChapitre 142 sur 362 · Ahrens., De dial. dor,^ p · texte numérisé non relu

Ahrens., De dial. dor,^ p

2. Dressel croit les monnaies de cette série antérieures à celles que je classe aux années 450-430 et son attribution se base sur la composition de la légende^ qui est : NE0P0AITA2 et NEOnOAITHI sur une de ces séries; NEOPO-

Oa trouve aussi les formes suivantes sur des monnaies de dessin sommaire, frappées par les Samnites, après 390 av. J.-C. : NEOPOHT^, NEPOHTEi, TH^NEPOAI (s^e).

Une monnaie duC. de Naples est très instructive pour la classitication de ces pièces; elle a d'un côté la tête de Pallas de joli style, le casque orné d'une chouette (type de Nola-Hyrîna), et de l'autre le taureau androcéphale debout de style archaïstique entre deux lignes d'inscription boustrophédon^ ^EOPOHTHZ(l).

Le monnayage au type de la tête de Pallas s'est prolongé jusqu'au milieu du iv* siècle ; une des dernières émissions nous montre la tête de Pallas avec le casque orné d'une branche d'olivier sur laquelle perche une chouette et, au revers le taureau androcéphale couronné par la Victoire (n®* 394 et 395).

Pendant qu'on frappait ces deux séries de monnaies à l'effigie de l'Âthéné attique, on ne discontinuait pas la frappe des mon* naies au type de la tête féminine (la Nymphe Parthénope). Nous en possédons une nombreuse série dont les types subissent les mêmes modifications de style que l'on observe dans la série à la tète de Pallas. Vers la fin du v* siècle, on remit en honneur un type qui ornait le revers de quelques-unes des pièces primitives (n® 318) ; c'est-à-dire la Victoire volant au-dessus du taureau et le couronnant; le taureau marche lentement et tourne la tête vers le spectateur. Le dessin de ces nouvelles pièces (n^ 334, pi. III) est identique à celui des premières émissions au type de Thurium (n» 374, pL 111).

Quelques monnaies du commencement du iv* siècle, sont de

HTE$, NEP0UTE5, NEOPOAITHI et NEOPOAITAI sur l'autre;

mais remploi simultané des lettres H* A» Z et E long, 1^, ^, n*a rien qui doive surprendre si Ton pense que la population de Naples était composée d'éléments do > riens et ioniens qui déjà avaient subi certaines transformations et auxquels vinrent s'ajouter vers la fin du v« siècle les Samnites. Du reste, nous trouverons encore après 405 av. J.-C, sur des monnaies au type de la tête féminine, les formes

NEOPOAITHI — NÊOPOHTH$ — NE0P0HTE5 et NEO-

POAITAZ employées alternativement, et nous verrons aussi pendant une grande pai-tie du ive s. les formes NEYPOAITHZ, NOVROAITHl, NHO"

POAITAI, NI0P0AITH2, NEPOAITHI, ÏHTIAOHOaM,

NEOPOAITEflN qui nous indiquent clairement le mélange des races et l'influence exercée par des éléments étrangers, i, ^0% 377 et 378.

NAPL£S

vérilables chefs-d'œuvre. Les têtes, il est vrai, sont inspirées des remarquables types que Gimon venait de créer à Syracuse, entre 410 et 390; mais l'artiste qui a gravé les coins napolitains n^a pas fait œuvre stérile de copiste ; tout en subissant Tinfluence du maître sicilien, il a donné à la nouvelle image l'empreinte de sa personnalité, par la vigueur de Texécution et le charme de l'expression. Ce graveur nous a laissé entre autres deux coins remarquables (1) :

Sur le premier (n° 335), nous voyons la tête de la Nymphe presque de face, les traits empreints d'une douce sévérité, la chevelure éparse autour du visage ; au revers, le taureau androcéphale et l'inscription NEOPOUTH^, NEOPOUTE^, NEOPO- HTA$ en bouslrophédon ; sur le second (n* 344)^ nous voyons une tête féminine de profil, la chevelure ceinte d'un bandeau noué au front; au revers le taureau androcéphale couronné par la Victoire. Le burin de cet artiste ne semble pas non plus étranger à quelques coins au type de la tête de Pallas(â) (cf. n* 385).

La monnaie napolitaine arrivée à un si haut degré de perfectionnement devient vers 390-380 subitement barbare de style, défectueuse de frappe; elle présente des inscriptions fautives (3). Un grave événement a dû troubler la ville. Ce ne peut être que l'invasion samnite.

1. Evans croit qae Cimon lai-méme ait gravé ces coins, Syracusan médaillons, Num, Chron., 1890, p. 75 s. Ces monnaies, ayant eu une longue circulation, se trouvent toujours en mauvais état de conservation. Malgré leur affectation d'archaïsme elles ne paraissent pas antérieures à 390. Naples est restée longtemps sous Tinfluence de modèles grecs de la seconde moitié du v« siècle, et il ne faut pas attribuer aux progrès de la glyptique campanienne une marche aussi rapide que celle accomplie en Grèce, à Syracuse, même à Thurium. C'est vers 390 qu'apparaît un signe distinctif, une nouvelle technique pour donner de l'expression à rœil, la pupille rendue par un cercle avec un globule au centre.

2. A. Sambon, La Cronologia délie monele di Seapolis, Riv. Num. It.^ 1902.

3. Ces monnaies de dessin sommaire nous présentent un curieux mélange d'éléments ioniques et doriques en voici quelques exemples : NEYPOAITHZ» NOY-

POAITHZ, NHOPOAITA2, NIOPOAITH2, NEPOAITHI;

quelquefois même l'inscription est rétrograde. II faut y voir non seulement le mélange de races différentes, mais encore la confusion produite par Tarrivée des Samnites et de mixobarbari. Voyez les formes NEYTTOAITHZ et NEY- POAUnN dans Bechtel, lonische Inschriflen.

Naples était habitée par une population fort mélangée et à cette époque, au dire de Strabon (1), elle était déchirée par des discordes civiles. Strabon (2) nous apprend aussi que les Samnites profitèrent de ces discordes pour obliger les Napolitains à partager avec eux le gouvernement de la ville. Mommsen (3) a fait remarquer que ce renseignement semble acceptable, car dans une inscription napolitaine, près des noms grecs, se trouve celui, osco-campanien, de Mamercus, et au moment de l'occupation do Naples par les Romains, les magistrats suprêmes de Naples étaient un grec, XapCXeux; et un osque, Nufji^idç.

Ce savant n'a pas examiné les monnaies; elles fournissent des preuves encore plus convaincantes de l'ingérence samnite, qui doit probablement être placée entre 390 et 326.

Il est vrai que plusieurs de ces monnaies sont peut-être des contrefaçons de didrachmes napolitains frappés à Nola; mais j'ai fait observer dans un mémoire : La chronologie des monnaies de Neapolis, que quelques-unes, celles dont le revers porte une légende contrefaite et un type de dessin sommaire, ont reçu sur l'avers l'empreinte d'un vieux coin napolitain, et il est évident que les Samnites n'auraient pas pu se servir de ces coins s'ils n'avaient pas eu en leur pouvoir l'administration de Neapolis. Mais le trouble artistique si nettement exprimé par le monnayage napolitain ne dura pas longtemps à Naples même, et les monnaies de dessin sommaire portant la légende NEOPOAITHZ) qui semblent en prolonger la durée^ ont probablement été frappées dans des ateliers samnites voisins de Neapolis, à Nola surtout.

Nous possédons des monnaies dont l'avers a été frappé avec le même coin, tandis que les revers sont tantôt anépigraphes, tantôt inscrits : NEOPOAITHI ou NHAAinN (n«' 355 à 360 et fig. à p. 179). 11 y a même un curieux détail qui rend absolument certaine Videntité des coins employés pour la tête : c'est que le dessin a été ou modifié ou retravaillé sur un ancien type, dont il reste des traces. Voici la reproduction de ces curieuses pièces.

Quelques-unes de ces monnaies (n« 349) frappées par les Sam

Page 1