‹ Les monnaies antiques de l'ItalieChapitre 145 sur 362 · Revue Numism · texte numérisé non relu

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4. On a publié plusieurs Tases ayant des représentations du taureau androcéphale ; mais les uns représentent rAchéloOs, les autres Dionysos (Musée Blacas, pi. 32. — Brit. Nus., F. 194).

des sujets relatifs aux mystères dioaysiaques sur les vases campaniens vient à l'appui de son dire. L'image du taureau androcéphale, à la grande barbe soigneusement frisée, à la démarche hautaine que nous trouvons sur les didrachmes de la fin du IV* siècle et de la première moitié du m*, peut bien convenir à cette divinité chthonienne de la fertile Gampanie.

Vers 340-330 on commence à mettre sur la monnaie napolitaine d'une façon constante un ou plusieurs noms de magistrats monétaires ou des symboles sous lesquels se cachent des noms de monnayeurs ou d*officiers monétaires. Il est facile de prouver que le symbole mis derrière la tête n'était pas un simple indice d'émission, car il est répété plusieurs fois sur des séries ayant des noms de magistrats variés : il doit donc représenter le difi'érent d'un monnayeur responsable ; quelquefois il y a deux ou même trois symboles et aucun monogramme.

Une très jolie monnaie du G. de Londres, nous montre ainsi trois symboles choisis parmi les produits qui faisaient la richesse de la Gampanie : une grappe de raisin, un épi et une feuille de vigne (1). Une nombreuse série porte derrière la tête de la Nymphe, une grappe de raisin ; sur d'autres on voit un canthare, un aigle, un bonnet conique, un osselet, une figurine représentant Goré.

En dehors des monogrammes ou des initiales du revers, quelques-unes de ces monnaies montrent sous le cou de la Nymphe le nom AIO<t>ANOYZ (àxl sous-entendu) ; d'autres, à la même place, ont l'ethnique. NEOPOAL qui est encore répété à l'exergue du revers. On trouve aussi sur l'avers les noms 2TA-.. (Siaçti- Xou?); APTEMI(Sc5pou); PAPME(viîou); XAPIAE(a)ç) (2).

1. Fiorelii a t&ché de reconslruiro les noms cachés sous ces symboles. Il est vrai que plusieurs de ces symboles peuvent être considérés comme armes parlantes des magistrats ou des monnayeurs; mais la méthode de Fiorelii ne peut conduire k rien de certain.

2. Ch. Leaormant suppose que le Charilaûs dont le nom est inscrit sur des monnaies d*argent et de bronze est le magistrat qui en 327 ouvrit les portes de Neapolis aux Romains. 11 dit à ce propos : « Mais ce qui n'est qu'une conjecture devient une certitude^ quand on compare les monnaies d'argent qui portent le ?iom de CharilaHs avec la pièce de bronze publiée par Pellerin et qui joint atix types ordinaires de Naples la légende PDlMAinN .... il n'y a pas seulement ressemblance dans le travail, mais identité; ces deux pièces sont évidemment du même artiste. On a fait remarquer également que, sur une autre monnaie, on lit

L'ethnique sur cette série est souvent au singulier : NEOPO- AITH2 = Neapolitanus; quelques rares fois au pluriel, NEOPO- AITfiN ou encore au singulier, en dialecte dorique, NEOPOAI-

TAZ(l).

Toutes ces monnaies sont de très joli style, de cet art gracieux des populations helléniques de lllalie dont les peintures des vases du IV® siècle (surtout Apulie et Tarente) nous fournissent de si nombreux exemples : écho fidèle de Tart athénien qui abandonnait à tout jamais cette sévérité de style qui Pavait rendu sublime^ pour tomber dans la recherche maniérée du détail et dans la préciosité de l'expression. Les pièces de Parménidès et de CharileoB surtout nous montrent Tapogée du style gracieux, avec ce goût des argutiae minutiarum^ qui annonce la fin des grandes inspirations.

Ces monnaies se répartissent entre les années 340-280 av. J.-C. et nous montrent la ville dans une opulence rapidement croissante, augmentant sans cesse la quantité de son numéraire.

Les récits des annalistes romains, à propos des événements qui se déroulèrent à cette époque en Campauie, sont assez confus. Les actes triomphaux signalent le triomphe de Publilius Philo, en 327, sur les Palaepolilani et les Samnites, et Tite-Live (2) nous apprend que les magistrats napolitains GharilaUs et Nymphius ouvrirent les portes de Neapolis aux Romains, leur livrant la garnison que les Samnites de Nola y avaient placée.

Il semble que Naples, vers 327, ne se fût pas encore affranchie de ringérence Samnite, l'ancienne ville de Parthénope — la « palaepolis » — étant devenue un quartier osque et les Samnites de Nola la surveillant de près.

C'est probablement à cause de cette ingérence samnite que deux magistrats gouvernaient la ville, l'un choisi dans la population grecque (Neapolitani), l'autre dans la nombreuse population

la sigle Ni correspondant au nom de Nymphius oa Nympsius collègue de CharilaQs. Quant à la possibilité de trouver sur la monnaie napolitaine les noms des premiers magistrats de la YiUe, Garrucci fait observer que, sur une rare pièce d'argent, à la place où est inscrit le nom de Charilatts, c'estrà-dire sous le cou de la tète de Parthénope, se lit le nom même de la ville. Je n'ose pas être aussi affirmatif.

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